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Coup de pub : Casino offre des masques aux soignants mais les salariés travaillent sans prime ni protection

Plusieurs grandes entreprises se font de la pub en donnant des masques au personnel soignant. Pour Casino, une opération qui cherche surtout à masquer son refus de payer ses salariés à la hauteur des risques encourus.

mercredi 22 avril

Crédits photos : AFP

Quand les travailleurs précaires sont en première ligne face au virus, font tourner le pays, plusieurs grandes entreprises à coups de grands effets d’annonces simulent la solidarité. Pour les employés de Casino, il n’y aura ni prime ni compensation financière, pour autant la firme essaye de redorer son blason en donnant des masques.

Au cœur de cette première ligne, personnel soignant et employés de la grande distribution continuent d’être exposés chaque jour et manquent toujours de moyens de protection suffisants.

Alors qu’un déconfinement, sans doute précoce, sinon à risques est annoncé pour le 11 mai, les entreprises continuent de militer en sa faveur, au nom de la reprise de l’économie et de leurs intérêts économiques. Parmi ces entreprises, le Groupe Casino qui voit l’activité de certaines de ses filiales réduites, continue néanmoins de percevoir les bénéfices engendrés grâce au travail de nombreux travailleurs précaires, directement exposés au virus.

En effet si la distribution alimentaire est essentielle, l’entreprise continue de tourner comme si une pandémie mondiale n’était pas en cours et fait travailler ses employés avec trop peu de protections contre le virus. De plus, le groupe Casino a entretenu l’activité de ses filiales non essentielles, notamment en maintenant l’activité de C-discount, une plateforme d’achat divers en ligne. Par la conservation de ses activités non essentielles, ainsi que dans la vente des produits de première nécessité en grande surface sans mesures barrières adaptées, le Groupe Casino a priorisé les profits au détriment de la lutte contre la pandémie.

Alors même que les entreprises ont été appelées depuis plus d’un mois à verser une prime de 1000 euros aux salariés qui continuent de travailler, le groupe Casino, à défaut de verser ces primes, pioche dans une infime partie de ses bénéfices afin de se racheter une conscience envers le personnel soignant.

Aujourd’hui le Groupe Casino rechigne à débloquer 1000 euros de prime par employé. Cette prime est significative pour un grand nombre de travailleurs précaires qui perçoivent des revenus plus que dérisoires.

Ces 1000 euros pourraient en effet faire une différence énorme dans de nombreux foyers et semblent bien insignifiants au regard de la mise en danger des travailleurs de la grande distribution, de leur contribution dans la pandémie.

Il faut croire que le versement de cette prime n’est pas une priorité du Groupe Casino qui paraissait bien plus enthousiaste lorsqu’il s’agissait de faire cadeau de 211 millions d’euros de dividende aux actionnaires en 2019 et de 400 millions en 2018.

Et si Jean-Charles Naouri, PDG du Groupe dont la fortune s’estime à 150 millions d’euros, semble compter ses sous, la peine est double pour certains. De nombreux employés de la grande distribution sont étudiants, souvent en contrat à temps partiel, ils sont les premiers touchés par les conséquences économique de l’épidémie : perte d’emploi saisonnier, loyers supplémentaires à payer pour cause d’examens reportés. Les femmes également, surreprésentées aux caisses de nos supermarchés, sont exposées à un nombre important de clients. L’absence de prime précarise davantage encore ces travailleurs.euses. En effet, entre prime recalculée sur le temps de travail effectif ou absence totale de prime, l’incertitude et l’attente des employés de la grande distribution s’ajoute à l’insécurité quotidienne lorsque l’exposition au virus est quotidienne. Pour l’heure, la seule certitude des employés du Groupe Casino est qu’aucun d’entre eux n’a reçu de prime.

Dans le même temps, le groupe Casino médiatise avec éclat son envoi de 2 millions de masques à plusieurs hôpitaux de France, plus d’un mois et demi après le début de la crise. Le coût de la solidarité du Groupe ne représente en réalité que 15% des recettes du secteur fruits et légumes, soit une partie infime des bénéfices réalisés.

L’absence de prime pour les employés de la grande distribution et l’absence de considération envers ses salariés est une nouvelle fois l’expression d’un véritable mépris de classe. Alors non, l’envoi de ces masques ne nous fera pas oublier le désintérêt que la marque affiche pour ses travailleurs, quand il est particulièrement inquiétant que le fonctionnement du système de santé repose sur la bonne volonté ou les stratégies de communication des grandes entreprises.




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