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Canicule

Déjà six saisonniers morts au travail pendant les vendanges : le patronat est responsable !

Depuis le début de vendanges marquées par de fortes chaleurs en septembre, 6 saisonniers sont morts au travail. Une situation dramatique que le RN se propose d’aggraver avec un nouveau projet de loi qui vise à leur voler leur jour de repos hebdomadaire.

18 septembre 2023

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Déjà six saisonniers morts au travail pendant les vendanges : le patronat est responsable !

Depuis le début des vendanges, six morts sont à décompter parmi les 120 000 travailleurs et travailleuses saisonniers employés dans les vignes. Alors que de fortes chaleurs ont touché la France depuis début septembre, coïncidant avec le début des vendanges, quatre travailleurs ont ainsi trouvé la mort en Champagne et deux dans le Rhône. Les températures ont sur cette période pu atteindre 33 degrés à l’ombre dans les vignes.

Un jeune travailleur de 19 ans est mort le 8 septembre à l’hôpital après avoir chuté d’un engin agricole. Les autres décès sont pour la plupart associés pour l’heure à des malaises cardiaques.

Après un été où la canicule a provoqué 400 décès supplémentaire par rapport à la moyenne selon Santé Publique France, les morts de ces travailleurs saisonniers rappellent combien les travailleurs, a fortiori ceux qui exercent une activité pénible et physique, sont en première ligne des dangers dus aux canicules.

Si les fortes chaleurs mettent l’organisme à rude épreuve et menacent à ce titre les personnes les plus fragiles comme les enfants et les personnes âgées, la non-adaptation des conditions de travail aux fortes chaleurs qui deviennent de plus en plus récurrentes place de nombreux travailleurs en situation de danger mortel. Ces dernières augmentent également significativement le risque d’accidents professionnels : une étude menée en 2021 à partir de l’analyse de 22 millions d’accidents professionnels concluait que les vagues de chaleur augmentaient la probabilité de ce type d’accident de 17%.

Un phénomène particulièrement accentué pour les travailleurs saisonniers, qui regroupent beaucoup de travailleurs étrangers et ou précaires, exerçant une activité pénible dehors, soumis à cadences infernales et à un statut particulièrement dégradé. Ainsi en 2019 l’agriculture, la sylviculture et la pêche étaient les domaines avec la plus grande fréquence d’accidents du travail grave.

Face à cette réalité, le président du Syndicat Général des Vignerons de Champagne a estimé que le problème résiderait dans le fait que les saisonniers ne « seraient pas en condition physique pour faire un travail extérieur : des jeunes qui ne déjeunent pas le matin, qui ne se désaltèrent pas, qui sont sous médicaments, qui travaillent torse nu ». Une déclaration méprisante qui cherche à remettre la responsabilité de ces morts sur les travailleurs eux-même. Plus subtile, la préfecture de la Marne insiste quant à elle sur le fait qu’un « guide du vendangeur » a été distribué aux employeurs avec les mesures à prendre en cas de fortes chaleurs selon Le Monde. On est soulagés.

Si les patrons du secteur et les préfectures cherchent à se déresponsabiliser de ces morts au travail, le RN, lui, se propose carrément d’empirer la situation. Dans la proposition de loi n°1469 déposée par plusieurs députés du groupe le 4 juillet, le parti d’extrême droite propose ainsi de fermer toute possibilité pour les saisonniers des vendanges de bénéficier du jour de repos hebdomadaire réglementaire en considérant les vendanges comme des « travaux dont l’exécution ne peut être différée ». Une excuse qui est déjà utilisée par les patrons du secteur, mais que le RN se propose d’ancrer explicitement dans la loi pour précariser encore la situation des saisonniers.

Parmi les députés RN signataires du projet de loi, Grégoire de Fournas, propriétaire de vignes dans le Medoc, ou encore Christophe Barthès, producteur viticole « très présent dans sa commune et dans les réunions de syndicats viticoles qu’il écume », d’après Le Monde

Alors que sous l’effet du changement climatique, les canicules se multiplient et empirent, aucune réglementation ne prévoit de seuil de température à partir desquels des mesures de protections et d’arrêt du travail doivent être appliqués, en particulier lorsque comme ces dernières semaines les fortes chaleurs ne remplissent pas les conditions particulières d’activation du plan canicule. Ainsi, la Fédération Nationale des accidentés du travail et des handicapés (Fnath) estime dans un communiqué qu’il est « urgent que le législateur prenne en compte ces recommandations et que des règles spécifiques pour le travail soient adoptées en cas de forte chaleur ».

Mais les déclarations des préfectures, des patrons du secteur ou encore du RN prouvent que pour arracher les aménagements nécessaires à ce qu’aucun travailleur de plus ne meurt de son travail, ces derniers ne peuvent compter que sur eux-même. Alors que des débrayages ont éclaté à Stellantis contre les conditions de travail étouffantes en pleine canicule, il est urgent que d’autres secteurs se solidarisent de cette initiative et des secteurs les plus précaires à l’image des saisonniers pour arracher ces mesures vitales pour tous.


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