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Politique

Les médias disent qu'il pleut...

Deux morts dans le Gard suite aux inondations : les conséquences du réchauffement climatique

Le week-end dernier, un déchaînement climatique à causé deux morts et des nombreuses destructions dans le Gard. Face à cette conséquence du réchauffement climatique, les médias banalisent et le gouvernement fait la sourde oreille.

samedi 26 septembre

Crédits photo : AFP / Bernard FAVIER

Le week-end dernier, de forts orages ont entraîné d’importantes crues et inondations dans le Gard causant la mort de deux personnes et de très nombreuses destructions et faisant des dizaines de sinistrés. Météo France annonçait déjà vendredi dernier « la mise en place d’un épisode méditerranéen » dû à une dégradation météorologique, après les fortes chaleurs du début de semaine renforcée par la rencontre des eaux encore chaudes de la Méditerranée.

Le département du Gard a en effet été frappé samedi dernier par des orages d’une extrême violence. A certains endroits, jusqu’à 700 mm d’eau sont tombés en seulement quelques heures, conduisant à de fortes crues. Pour la seule ville de Valleraugue dans le Gard, ce sont 468 mm d’eau qui sont tombés en seulement six heures, selon Météo France. L’observatoire Keraunos a pour sa part comptabilisé quelques 4 500 éclairs en deux heures.

Dimanche matin, ce sont de nombreuses routes mais également dix ponts obstrués par de la boue et des branchages qui sont impraticables. De nombreux habitants sont sinistrés, entre 2 500 et 3 000 étaient toujours privés d’électricité dimanche matin selon Enedis.

Malgré ces images impressionnantes et les importants dégâts causés par ces orages, les médias continuent de dépeindre l’épisode comment étant le résultat de circonstances météorologiques « exceptionnelles ». En réalité, ces épisodes de violents orages en capacités de former des crues et inondations tendent à augmenter avec le réchauffement climatique.

En effet, les pluies cévenoles sont un phénomène naturel qui s’abat fréquemment au début de l’automne sur les Cévennes, lorsque les masses d’air chaud chargées d’humidité en provenance de la Méditerranée, rencontrent les masses d’air froid des Cévennes et du Massif Central, provoquant des pluies et orages par la liquéfaction de l’air chaud humide. Comme la Méditerranée, après l’Arctique, est la région du monde la plus touchée par le réchauffement climatique, cela génère des masses d’air humides toujours plus importantes et propices à des super-orages comme on a pu le voir le week-end dernier.

Les inondations et les crues dans le Gard et les cévennes ne sont donc pas un épisode « exceptionnel » mais le résultat de l’augmentation de 1,5 °C de la Méditerranée depuis le début de la révolution industrielle. L’industrie capitaliste est donc directement responsable de la situation environnementale catastrophique que nous vivons !

Une analyse statistique menée par des chercheurs du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement et de Météo France appuie ces propos. L’intensité des pluies automnales les plus fortes augmente à un rythme d’environ 4 % par décennie depuis les années 50. Et la probabilité que surviennent des pluies égales ou supérieures à 190 mm en une journée aurait même triplé en soixante-dix ans. Par ailleurs le réseau méditerranéen d’experts sur les changements climatiques et environnementaux (MedECC), un réseau de plusieurs dizaines de scientifiques indépendants issus d’une vingtaine de pays, publiera un rapport l’année prochaine centré sur la Méditerranée. Il évoque néanmoins déjà que dans certaines parties de la Méditerranée, le phénomène inverse pourrait se produire et le changement climatique pourrait accentuer les sécheresses qu’il cause depuis les années 1950 : « Dans le sud et à l’est de la Méditerranée, les précipitations pourraient diminuer de 20 % si nous parvenons à contenir le réchauffement à 2 °C. Et de 40 % si nous ne faisons rien  ».

Les population rurale souvent précarisée payent le plus lourd tribut de ce réchauffement climatique, dont les inondations du Gard sont un exemple concret. Les classes populaires sont en effet les plus exposés, car ils manquent de ressources permettant de s’adapter au changement climatique. Ils n’ont pas les moyens de fuir ou de se protéger en cas de catastrophe naturelle, les loyers élevés ou le manque de logement les poussent donc à s’installer dans les zones les plus exposées, telles que les zones inondables. 

Une problématique de fond, que Macron et son gouvernement ne prennent évidemment pas en considération. Accorder du crédit à ce problème reviendrait de plus à accepter le fait que des flux de réfugiés climatiques seront à accueillir à l’avenir : hors de question pour eux. De plus, accepter les analyses des spécialistes de manières conséquente est impossible pour les capitalistes aujourd’hui, car la logique des profits prévaut et rien ne peut l’enrayer. Pour rompre avec cette dynamique historique destructrice et affronter la crise climatique, c’est avant tout un renversement du mode de production capitaliste qu’il faut imposer et ce de toute urgence.




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