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Politique

1500 euros de primes pour tous

EHPAD Korian : 80 établissements en grève pour les primes et les salaires, une première victoire !

Les salariés des EHPAD privées Korian ont décidé de se faire entendre par la grève ce lundi. À l'instar de leurs collègues hospitaliers et de la grande distribution, ils exigent l'obtention de deux primes qui leur sont promises ainsi que la hausse de leurs salaires.

lundi 25 mai

Crédits photos : AFP/Valery Hache

"La crise sanitaire n’a pas confiné les revendications" écrivent les syndicats FO, CGT et Sud dans un communiqué commun. Après avoir connu la tornade épidémique, les salariés des EHPAD Korian ont décidé de taper du poing sur la table. Travailleurs de la première ligne, de ceux qu’on applaudit à 20 heures, ils ont fait « des grèves, des rassemblements et des débrayages de quelques heures » selon selon Isabelle Jallais, représentante FO, dans quelque 80 établissements pour personnes âgées, sur les 308 que compte le groupe.

Une manière d’accueillir en bonne et due forme le Ségur de la santé lancé aujourd’hui par Olivier Véran. Si le ministre de la Santé promet une hausse des salaires et de meilleures conditions de travail, c’est ce que les salariés des maisons de retraite revendiquent donc par la grève, après des années de promesses non tenues.

"Ils sont épuisés physiquement et moralement, avec un climat anxiogène parce que l’épidémie n’est pas terminée. Ils et elles ont peur d’attraper ce virus, de le transmettre à leurs familles, aux résidents. C’est un climat très difficile et c’est pour ça qu’il y a de la colère et que ce mouvement de grève a été initié. Le mouvement marche très bien, on a beaucoup de remontées", explique Albert Papadacci, délégué syndical central CGT au micro de France Info.

En effet, les maisons de retraites qu’elles soient privées ou publiques ont connu des chiffres de décès faramineux. Dans les établissements privés Korian, ce sont 606 personnes qui ont succombé à l’épidémie du Covid-19 selon Santé Publique France.

Ce sont donc une centaine de salariés qui se sont mis en grève ce lundi pour exiger l’obtention en premier lieu de deux primes promises. D’une part, celle de 1 000 euros, dites prime Macron. Celle-ci devait arriver en mai puis son versement a été reportée avec des critères de répartition qui "sont fait pour que le moins de monde la touche" selon le délégué CGT. D’autre part, la prime Véran de 1 500 euros en principe pour laquelle aucun décret d’attribution n’a été publiée et dont la réalité est encore une fois douteuse selon les travailleurs.

En parallèle, la revendication des primes pour tous n’est en rien contradictoire avec la lutte pour des hausses de salaire alors que les salariés de maisons de retraite en France ont les plus bas revenus de l’OCDE. "On a les salaires les plus bas et le ratio d’encadrement le plus bas. On a un ratio d’encadrement à 0,6, c’est-à-dire six salariés pour 10 résidents en comptant les services administratifs, la restauration".

Une grève qui a eu très vite de l’écho puisque la directrice de Korian a fait savoir en fin de journée qu’elle prévoyait le versement d’une prime unique et pour tous les établissements de 1 500 euros en dehors des répartitions par zone verte et rouge prévue par le gouvernement. Une annonce qui se veut être un "geste" à l’attention des salariés, mais qui témoigne surtout de la fébrilité d’une enseigne déjà épinglée pendant le pic épidémique par les familles pour ses méthodes managériales à l’encontre des patients.

Désormais, ce sont les salariés qui, au cœur de la gestion de la crise, estime à juste titre qu’ils ont droit à de meilleures conditions de travail. Mais surtout, que c’est à eux de les arracher par la grève, sans rien attendre du gouvernement.




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