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Politique

Liberté d'expression ?

Elon Musk : le patron le plus riche du monde rachète Twitter pour élargir son influence

Après la course aux profits et à l’espace, Elon Musk, le patron le plus riche du monde entame une course à l’influence sur les réseaux sociaux en rachetant Twitter ce lundi 25 avril. Loin de réaliser une opération rentable sur le plan économique, c’est bien un projet politique de guerre d’influence qu’il poursuit en toile de fond. Elon Musk se pose en défenseur de la liberté d’expression des milliardaires et des réactionnaires pour garantir leurs profits faramineux.

mardi 26 avril

Crédit photo : AFP

Twitter racheté par celui qui a fait fortune pendant la crise de la Covid

L’homme le plus riche du monde a racheté Twitter ce lundi 25 avril pour la modique somme de 44 milliards de dollars. Celui qui a fait fortune majoritairement pendant la crise de la Covid avec une progression de 150 milliards de dollars en 2020 possède maintenant Twitter en plus de Tesla, Paypal ou encore Space X. Son patrimoine atteint le montant hallucinant de 269 milliards de dollars selon Forbes. Le rachat du réseau social de plus de 326 millions d’utilisateurs actifs mensuel est hautement symbolique d’autant qu’il s’agit du réseau social le plus politique qui a accompagné de nombreuses mobilisations à l’international ces dernières années du #MeToo à l’hashtag #BlackLivesMatter. Cela n’a pas échappé au milliardaire qui qualifiait Twitter de « place publique numérique où sont débattues les questions vitales pour l’avenir de l’humanité ».

Elon Musk : défenseur de la liberté d’expression des milliardaires et des réactionnaires

« J’espère que même mes pires détracteurs resteront sur Twitter, car c’est ça la liberté d’expression » a tweeté Elon Musk sur son compte Twitter personnel quelques heures après la nouvelle du rachat du célèbre réseau social.

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L’homme le plus riche de la planète a justifié son achat en utilisant des arguments pseudos humanistes et en se faisant le chantre de la liberté d’expression qui selon lui est bafouée par une modération Twitter qu’il juge trop sévère. Il est pourtant le premier à avoir banni un internaute lorsque celui-ci a référencé tous les vols de son jet privé pour dénoncer l’impact écologique de ce milliardaire…. Ainsi, celui qui défendait Trump, est le défenseur féroce d’un certain type de liberté d’expression : celle des grands patrons et des réactionnaires. En effet, Elon Musk enchaîne les sorties réactionnaires sur le réseau social et mène dans ses entreprises une répression sans pitié contre la liberté d’organisation des travailleurs.

En pleine crise sanitaire, Elon Musk avait été à la pointe du mouvement anti-confinement aux Etats-Unis en réclamant la réouverture des activités non essentielles tout en faisant tourner ses usines au Nevada et en Californie et ce malgré l’interdiction et la saturation des hôpitaux dans une période où les travailleurs ne disposaient d’aucune protection contre le virus. Il a même émis des doutes sur l’efficacité des tests antigéniques entretenant ainsi la confusion quant à la réalité de l’épidémie afin de conserver ses profits records Pour lui, le seul virus existant est le virus « woke ». En témoigne notamment ses attaques régulières à Netflix pour ses contenus qu’il juge « trop progressiste ».

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Au-delà de ses sorties réactionnaires régulières sur Twitter, il a pris des positions politiques claires en octobre 2019. Elon Musk était allé jusqu’à soutenir le putsch provenant de l’extrême-droite bolivienne contre la victoire d’Evo Morales à l’élection présidentielle. En effet, la Bolivie représente un enjeu majeur pour ce milliardaire car elle possède la plus importante réserve de lithium au monde, essentiel pour produire des batteries électriques. Il avait déclaré à l’époque « Nous menons des coups d’Etat contre qui nous volons ! Faites avec. ». Assumant ainsi que son seul objectif est la défense de ses profits et non celle d’une quelconque « démocratie » comme il tente de le faire croire avec le rachat de Twitter.

En dehors des réseaux sociaux, Elon Musk mène une répression sans pitié dans ses entreprises contre la liberté d’organisation des travailleurs en ayant mené une guerre froide contre l’organisation d’une section syndicale UAW (United Auto Workers) au sein de l’usine Fremont en Californie, menaçant les travailleurs de représailles s’ils se syndiquaient. Même s’il est revenu, en surface, sur ces positions en mars 2022 « défiant » le syndicat de s’implanter dans son usine, il y a fort à parier qu’Elon Musk continuera de museler la liberté d’expression et d’auto-organisation des travailleurs qu’il exploite.

Le rachat d’un outil d’influence au service des profits des milliardaires

Ainsi, le rachat de Twitter n’est pas un rachat rentable économiquement pour le milliardaire mais plutôt le rachat d’un outil d’influence important au service d’une liberté d’expression à géométrie variable c’est-à-dire au service des profits des milliardaires et des réactionnaires. Elon Musk a dit lui-même qu’à travers cette opération il ne se souciait pas du tout de l’aspect économique. Le journaliste Olivier Lascar qui a mené une enquête sur Elon Musk estime sur France Info qu’il faut mettre en lien ce rachat avec ses autres projets notamment autour des nouvelles technologies et voir le projet politique qu’il a derrière la tête.

Son projet politique est encore imprécis mais il est clair qu’avec ce rachat le milliardaire réactionnaire cherche à étendre son cercle d’influence et à se faire une place pour que ses idées et celles du camp des capitalistes réactionnaires soient plus audibles. Il cherche à étendre ses projets dignes de la science-fiction notamment à travers la société Neuralink qui réalise des implants cérébraux pour commander les ordinateurs. Le cadre légal ne permettant pas de tester sur ce projet sur des cerveaux humains sains, Olivier Lascar explique que le milliardaire aurait pour objectif d’influencer tout ce qui lui permettrait de réaliser ses projets et d’augmenter ses profits déjà pharamineux. Selon lui, « avoir un instrument d’influence comme Twitter, c’est avoir l’oreille des politiques ».



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