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En pleine épidémie, la direction de la RATP prélève les derniers jours de grève

À la RATP, c'est comme n’importe quelle entreprise lucrative désormais. Business is business. En pleine crise de coronavirus, l'entreprise publique au logo vert a fini de ponctionner les salaires des agents grévistes qui ont poursuivi leur mouvement jusqu'au mois de janvier.

vendredi 3 avril

Crédits photos : ALAIN JOCARD / AFP

Les salaires des agents grévistes de la RATP ont donc eu la mauvaise surprise de constater quelques centaines d’euros en moins sur leur feuille de paie du mois de mars. Un scandale alors que le monde vacille suite aux ravages causés par le COVID19. Les grévistes de la RATP qui remontent la pente tant bien que mal vont donc continuer à boire la tasse tout le mois d’avril avant de percevoir un salaire digne de ce nom. À l’heure où la solidarité est plus que de mise avec tous les corps de métiers et surtout les métiers essentiels dont les agents RATP font partie, est-il normal que la direction de la RATP continue de prélever le reliquat de la grève du mois de janvier en ces temps troubles où chaque euro compte pour s’approvisionner et mettre à l’abri sa famille ?

Il faudra demander à madame Guillouard qui n’est visiblement pas gênée de voir nombreux de ses salariés subir la précarité en pleine tempête sanitaire. Cette même madame Guillouard qui s’était octroyée une généreuse augmentation de 12,5% juste avant la grève qui a débuté le 5 décembre de l’année passée. Mais comme le dit le vieux dicton "c’est à la fin qu’on paie les musiciens". Aujourd’hui les conducteurs de métro, de RER, de bus travaillent pour maintenir la continuité du service public et donc permettre aux autres métiers essentiels d’œuvrer dans le sens de l’intérêt général. Mais l’après épidémie sera le temps de rendre des comptes et de réaliser enfin que cette direction bien confinée chez elle ne vit que grâce au travail de ses salariés qui eux sont sur le terrain chaque jour et risquent leur vie.

Le prélèvement des derniers jours de grève sur le salaire du moins de mars est une honte alors que les salariés sont envoyés bon gré mal gré en mission commando sans assumer le risque manifeste qu’elle fait peser à ses propres salariés puisque, il faut le savoir, le droit de retrait est tout bonnement interdit au sein de la RATP. Et comble de la contradiction, cette même direction a commandé un clip dédié aux salariés d’exploitation pour les remercier de leur engagement pendant la crise sanitaire.

Une hypocrisie à la hauteur de cette sinistre démarche comptable visant à appauvrir davantage ces hommes et femmes en uniforme vert dont le courage dépasse de loin ces élites bien confinées chez elles dans un confort qu’elles appellent le télétravail.




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