^

Politique

Répression

Expulsion de l’Amassada dans l’Aveyron : Pas rès nos arrèsta !

Le « hameau libre de l’Amassada » a été expulsé par la gendarmerie mobile au petit matin ce mardi, sur ordre de la prefecture. Une opération violente, tant physiquement que symboliquement, dont le but est de briser la résistance organisée localement depuis une dizaine d’années afin d’exploiter le vivant avec toujours plus de force, sous le couvert d’une prétendue « transition écologique ». Bien que la ZAD ne soit pas la stratégie dont nous nous réclamons, nous apportons tout notre soutien aux personnes mobilisées ! Pas rès nos arrèsta !

mardi 8 octobre

Crédits photo : Midi libre

Suite à des décisions de justice, les militant-es de l’Amassada occupant les terres avec le soutien des propriétaires se préparaient à une expulsion. Celle-ci est survenue sans surprise aux alentours de 6h ce mardi 8 octobre, accueillie par les barricades enflammées et les chants des 200 personnes - d’après les occupant-es, une trentaine selon la préfecture - rassemblées pour défendre le lieu. D’après nos sources, les gendarmes mobiles et leurs deux blindés ont encerclé puis attaqué les habitations et leurs occupant-es à coup de tir de gaz lacrymogènes, de grenades et de plusieurs charges successives. Quelques heures plus tard, les engins de chantier étaient déployés sur le site et commençaient le travail de démolition des différents bâtiments. Des occupant-es ont résisté depuis les toits jusqu’à 11H. Dans l’après-midi, les gendarmes ont installé une clôture tout autour du site. Il ne semble pas pour l’instant y avoir eu de blessé-es grave. Deux personnes ont été interpellées avant d’être relâchées à 18H avec un rappel à la loi pour "participation sans arme à un attroupement après sommation de se disperser, d’après le CAMÉ.

Le « hameau libre de l’Amassada » constituait non seulement un lieu de vie mais aussi celui d’une résistance locale construite durant plusieurs années contre un projet d’implantation d’un méga transformateur électrique, porté par RTE (Réseau de transport d’électricité). Le combat de l’Amassada a cela de spécial qu’il se dresse contre un projet de développement d’un réseau d’énergie dite « renouvelable », ce qui à première vue peut paraitre contradictoire pour des militant-es écologistes. En effet, les occupant-es de l’Amassada ont permis de visibiliser toutes les limites qui existent à de tels projets qui, s’ils se donnent l’apparence d’un pas vers une production d’énergie plus « respectueuse de l’environnement », restent d’une part très polluants en eux-mêmes (transformateur, éoliennes, pylônes…) du fait de leur chaine de production (délocalisation, extraction de terres rares..) et des réseaux d’énergie dans lesquels ils se situent et d’autre part restent aux mains d’une bourgeoisie qui continue d’exploiter le vivant dans le monde entier et d’imposer son marché à des habitant-es qui se sont pourtant largement opposé-es au projet.

Nous apportons tout notre soutien aux occupant-es de l’Amassada et à celles et ceux qui sont venu-es leur prêter main forte face à la répression par le bras armé de l’État bourgeois, ce dernier ne pouvant tolérer aucune forme de vie lui opposant une résistance. Pourtant la lutte continue, à l’Amassada ou ailleurs, ils ne nous feront jamais taire. Pas rès nos arrèsta !




Mots-clés

Ecologie   /    Répression   /    Politique