^

Politique

Mass médias

France 2. Quand Marine Le Pen joue à cache-cache

Avis Cunningham Nous n’avons pas eu la chance de voir Marine Le Pen débattre sur France 2 pour l’émission Des Paroles et Des Actes (DPDA) animée par Pujadas, mais nous avons celle de voir tous les grands médias se faire le relais d’un énième show médiatique par déclarations interposées. Mais finalement, quel est le grand gagnant de cette mise en scène ? Une chose est sûre, ce ne sont pas les travailleurs et les classes populaires à qui on inflige une fois de plus les histoires people de personnalités politiques décidément bien plus préoccupées par l’entretien de leur image médiatique en vue des élections que des grandes questions sociales dont dépend le quotidien de la majorité de la population.

vendredi 23 octobre 2015

Trois heures avant l’émission DPDA, Marine Le Pen annule sa venue sur le plateau de France 2. « Monsieur Pujadas, on ne m’impose rien » clame la candidate frontiste pour protester contre les changements de dernière minute qui prévoyaient un débat supplémentaire pour l’émission, où Marine Le Pen se serait retrouvée face à X. Bertrand (LR) et P. De Saintignon (PS) ses concurrents aux régionales pour la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

Avec sa hargne habituelle et son discours populiste, Marine Le Pen dénonce la « servilité [de la chaîne] à l’égard de l’UMP et du PS ». Plus tôt dans la semaine, Cambadélis et Sarkozy avaient écrit au CSA (Conseil Supérieur d’Audiovisuel) pour dénoncer l’invitation de la candidate frontiste, et le CSA avait ensuite fait la demande auprès de France 2 que l’émission offre une « expression contradictoire aux concurrents ». C’est ce qui avait amené Pujadas à inviter X. Bertrand et P. de Saitignon à participer au débat. Cette invitation jugée trop tardive et imposée a été l’occasion pour Marine Le Pen de refuser de participer à l’émission, et surtout de faire beaucoup de bruit !

Quand l’information sert la désinformation

Certes, ce n’est pas nouveau de voir l’arène médiatique concentrée sur des problèmes finalement plutôt insignifiants et qui renvoient dos à dos des personnalités politiques qui endossent pour l’occasion leurs plus beaux costumes people. À ce titre tous les grands médias se sont empressés de multiplier les articles sur cette dernière mise en scène, et Le Monde, Le Figaro, Le Nouvel Obs et bien d’autres n’ont pas manqué le rendez-vous de la semaine. Si bien qu’on se retrouve inondé sous les déclarations et prises de positions d’un côté comme de l’autre, mais toujours pour servir le même camp. Car cette abondance se fait au dépend de questions centrales pour la majorité des travailleurs et des classes populaires et, avec la complicité des mass médias dominants, finit par monopoliser le champ de l’information.

Cette homogénéisation de l’information ne se fait pas au profit des combats quotidiens de notre classe contre les attaques toujours plus agressives du patronat et du gouvernement, mais bien sur le terrain du « show médiatique », du « fait divers ». Ce déplacement du champ de l’information au profit du « fait people » a pour conséquence l’invisibilisation des sujets réellement préoccupants pour notre classe, et le maintien d’une superstructure médiatique toujours plus indépendante de ce qui fait sens pour la majorité de la société. En dernière instance, c’est bien les classes dominantes qui sont les grandes gagnantes de cet énième coup médiatique qui aura permis, plus ou moins efficacement, de détourner le regard des vrais problèmes de notre société à savoir les attaques toujours plus brutales du patronat et du gouvernement, contre les travailleurs et les classes populaires. Que l’on pense ainsi aux salariés d’Air France sur qui s’abat, en ce moment, la violence patronale et la répression judiciaire, sur fond de chantage à l’emploi.




Mots-clés

FN   /    Politique