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Grand Débat. Fuite des mesures de Macron : quelques concessions pour gagner l’opinion ?

Les mesures post-Grand Débat d'Emmanuel Macron ont été révélées dans la presse, sans que l’Élysée ne les confirme officiellement. Quelques concessions, partielles et insuffisantes certes, mais qui traduisent l'impasse dans laquelle se trouve le président « bulldozer » et sa volonté de clore au plus vite le chapitre Gilets Jaunes.

mardi 16 avril

C’est d’abord le site Lundi Matin qui a publié en exclusivité le discours « non prononcé » d’Emmanuel Macron, tout en précisant ne pas avoir « été en mesure de vérifier qu’il s’agisse ici d’un document parfaitement authentique, bien que confirmé par deux sources ». Reporté en raison de l’incendie de Notre-Dame-De Paris, que le président n’a pas hésité à instrumentaliser pour raffermir son image dans une « allocution express » ce 16 avril au soir, les mesures phares post-grand débat de Macron font en tout cas la une de la presse. Pour l’heure, l’Élysée n’a ni confirmé, ni infirmé ces informations, invoquant les flammes de Notre-Dame et arguant que l’heure n’était pas au débat politique.

S’il est possible qu’un certain nombre de mesures puissent être légèrement différentes de celles présentées dans la presse, il apparaît pour le moins plausible que ces informations soit globalement vraies.

Ainsi, nous retrouvons au niveau des mesures la pérennisation des primes de fin d’année, surnommé « primes Gilets Jaunes », la réindexation des retraites de moins de 2000 € sur l’inflation, une baisse des impôts pour les classes moyennes en supprimant des niches fiscales ou bien encore le gel des fermetures d’écoles et d’hôpitaux d’ici à la fin du quinquennat. D’autres mesures, plus surprenante, y figurent aussi. On retrouve ainsi une proposition d’instauration du RIC réservées aux sujets locaux, une « évaluation objective » de l’ISF d’ici à 2020, la mise en place d’une convention de 300 citoyens tirés au sort sur la question de la transition écologique et la suppression de l’ENA, symbole de l’élitisme dans la formation des politiques et des hauts fonctionnaire.

Si ces mesures semblent pour certaines relever de l’effet d’annonce et pourraient ne pas voir de concrétisation réelle (surtout concernant l’ISF), il ne s’agit pas moins de concessions, qui mettent un nouveau coup à l’image que Macron entendait donner de sa progression jupitérienne – une sorte de bulldozer qui ne recule jamais et impose ses réformes néo-libérales. Par ailleurs, l’aspect très partiel de ces mesures, couplé à une forme de flou laissant la porte ouverte à une remise en question ultérieure de leur application, semble bien maigre pour combler les attentes des Gilets Jaunes mobilisés depuis 5 mois. L’objectif visé semble donc bel et bien être de « gagner l’opinion publique », qui aujourd’hui encore soutien majoritairement la mobilisation, afin de clore le chapitre des Gilets Jaunes.

Dans un « en même temps » typiquement macronien, le président semble aussi vouloir préparer le terrain pour ses prochaines réformes. La question de la réforme constitutionnelle devrait aussi entrer dans les mesures annoncées, tandis que Macron entend demander des formes de « contreparties ». Ainsi, selon RTL, le président prévoit de demander aux « Français » de travailler davantage, ce qui pourrait se traduire par la suppression de jours fériés, une remise en cause de la durée de travail hebdomadaire ou bien encore en repoussant l’âge de départ à la retraite.

S’il faut, bien sur, attendre l’annonce officielle de Macron, ces éléments traduisent à la fois l’impasse de Macron pour sortir sans concessions du mouvement des Gilets Jaunes et sa volonté de relancer la machine à réforme pour la seconde partie de son quinquennat. Loin d’être une mince affaire donc, dans un combat où l’opinion publique joue un rôle central. Début de réponse dès samedi, pour l’acte 23 « ultimatum », ou il s’agira de manifester nombreuses et nombreux, après un acte 22 réussi bien que particulièrement réprimé.




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