^

Culture et Sport

Interview

Grève à Paris Musée : "Hidalgo veut faire des économies sur notre dos avec la réforme de la fonction publique"

Dans le cadre de la mobilisation actuelle qui fait rage contre la réforme de la fonction publique, nous nous sommes entretenus avec Pierre, représentant CGT de Paris-Musée, agent aux catacombes de Paris. Rendez-vous devant le musée Carnavalet le 13 juin à 9h30 pour le piquet des agents de Paris Musée en grève !

vendredi 11 juin

Crédits photo : BFM TV

Dans le cadre de la mobilisation actuelle qui fait rage contre la réforme de la fonction publique, nous nous sommes entretenus avec Pierre, représentant CGT de Paris-Musée, agent aux catacombes de Paris. Rendez-vous devant le musée Carnavalet le 13 juin à 9h30 pour le piquet des agents de Paris Musée en grève !

Révolution Permanente : Est ce que tu peux résumer en quelques phrases la mobilisation qu’il y a dans les musées municipaux aujourd’hui ?

Pierre : Nous luttons contre la loi de la transformation de la fonction publique qui s’applique en ce moment. Notamment en ce qui concerne les temps de travail, dans les collectivité territoriales et principalement à la ville de Paris, nous avions des aménagements et des organisations de travail nécessaires, des congés et pauses adaptées à nos conditions de travail parfois difficiles. Ces aménagements, ont été arrachés au travers de la lutte comme lors de la grève de trois semaines de 2001. Ce sont ces 8 jours de congés annuels supplémentaires qu’on veut nous enlever alors qu’on fait parfois 46h de travail par semaines ! Ça déjà en tant que tel, avec le chômage et la précarité grandissante dans la période, c’est à l’inverse de nos conviction de progrès social, à l’heure où on devrait parler d’embauches et de réduction de temps de travail.

Hidalgo n’en profite aussi pour pas seulement supprimer 8 de nos congés mais aussi supprimer tout un tas de temps annexes, nos temps de trajets pour aller manger par exemple, ce qui nous impose de travailler entre 30 et 45 min de travail de plus par jour. Ça leur sert à faire des économies de personnel : le personnel qui est présent travaille donc un peu plus par jour et plusieurs jours de plus dans l’année et ça leur permet d’éviter d’embaucher. C’est ça qui à conduit à ce que depuis février il y ait de nombreux jours de grève et de manifestation dont l’action spectaculaire des éboueurs à l’hôtel de ville mais qui s’inscrit dans une mobilisation globale des agents de la ville. Il y a par exemple une grève depuis le début de la semaine tous les midi dans une école, au centre d’action sociale, à la direction de la santé, à l’aide sociale à l’enfance, dans les parcs et jardins etc.

Plus particulièrement sur les musées, on a articulé cette lutte avec des revendications plus locales, les personnels des musées sont mobilisés sur les conditions de travail et particulièrement au musée Carnavalet. Ce musée vient de rouvrir avec 5 ans de travaux et durant ces 5 ans, les personnels ont souffert, dans les murs, au milieu du chantier, et au moment de rouvrir, ils s’aperçoivent que leurs effectifs ont été divisés par deux. Aujourd’hui on a un agent pour 10 ou 15 salles alors qu’avant on en avait un par salle. Ce sont ces deux éléments combinés qui ont donné cette combativité dans les musées et conduit à la journée très réussie du 29 mai avec des dizaines de grévistes qui ont pu faire en sorte que le musée n’ouvre pas dans ces conditions.

RP : Quel lien fait tu avec le monde de la culture, touché par la Covid, après les mouvement de droit de retrait dans les bibliothèques et les mouvements d’occupation de théâtre ?

P : Le 19 mai on a réussi aussi à fermer les catacombes et plusieurs autres structures culturelles comme Carnavalet. Au sujet de la Covid, sur les bibliothèques c’est différents puisqu’eux sont restés ouverts, y a eu tout un mouvement de droit de retrait car y avait aucune adaptation des mesures aux normes sanitaires, les gardiens de musée quant a eux étaient assez peu sur les sites ou alors pas sur le temps de travail normal, ce qui rendait difficile l’organisation et les discussions entre collègues même si clusters ont aussi été étouffés dans les musés. Il a fallu par exemple qu’on bagarre avec le CHSCT pour mettre en place des mesures sanitaires qui n’allait apparemment pas de soi pour les directions. Globalement, le fait que la plupart des collègues étant en autorisation d’absence avec la Covid, ça n’a pas tant pesé sur l’intensité de la grève à la réouverture.

Après sur la différence avec l’odéon qui faisait un mouvement pour la réouverture, et les bibliothécaires et nous qui étions plutôt contre le fait d’ouvrir dans n’importe quelle conditions, c’est beaucoup lié au statut, quand t’es précaire de la culture tu veux que ça rouvre, quand t’es titulaire de ton poste on est payé qu’on soit chez nous ou au travail. La direction du sites a d’ailleurs essayé de briser la grève à Carnavalet en utilisant des étudiants venus pour faire de la médiation pour pouvoir ouvrir le musée, en les utilisant pour les mettre dans les salles à la place des grévistes. Mais les 6 collègues qui avaient décidé de travailler, en voyant la direction appeler la police, ils n’ont pas voulu travailler dans ces conditions, par solidarité

RP : Est ce que tu peux nous dire du coup quelles sont les prochaines échéances pour soutenir votre grève ?

P : Ce Samedi 12 juin à 9h30, on tient un piquet de grève devant le musée Carnavalet avec un soutien large, on essaie de faire pression pour les revendications locales des musées et sur la ville. Mardi 15, il y a une mobilisation nationale des territoriaux, qui coïncide avec l’ouverture de l’exposition temporaire à Carnavalet : les collègues vont en profiter pour refaire une journée de grève. Samedi sur le piquet on aura une AG, et au niveau de la ville de Paris, il y a une manifestation appelée par l’intersyndicale vendredi 18.




Mots-clés

Musée du Louvre   /    Hidalgo   /    Anne Hidalgo   /    Paris   /    Culture et Sport   /    Notre classe