^

Politique

Grève dans les hôpitaux

Grève au CHU Pellegrin. Environ 500 personnes devant l’hôpital bordelais

Ce mardi, a eu lieu le premier rassemblement bordelais lancé par des hospitaliers en grève et rejoint par d’autres secteurs, environ 500 personnes devant l’hôpital Pellegrin, pour exiger un hôpital à la hauteur des besoins, contre la logique néolibérale criminelle du gouvernement.

mardi 26 mai

Deux semaines après le début du déconfinement, les hospitaliers bordelais ont donc participé à leur premier rassemblement, lancé par l’intersyndicale, c’est le premier d’une série, qui vient rejoindre la mobilisation nationale en cours.

Pour les hospitaliers ce n’est à la fois pas le moment de relâcher au niveau sanitaire mais encore moins au niveau politique. Car la catastrophe sanitaire à laquelle on a été exposé est bien une question politique, si l’effort des hospitaliers a permis d’épargner des millions de personnes, ce sont les politiques néolibérales de casse de l’hôpital public que poursuit le gouvernement Macron-Philippe qui sont responsables de milliers de morts dans cette crise.

Depuis le 22 mai, Sud santé appel donc à la grève et en cette journée de lutte intersyndicale la CGT et FO également appellent à la mobilisation. C’est une contestation latente qui a poussé les syndicats à débuter cette mobilisation,après une année de lutte pour les urgentistes et d’autres services, la crise sanitaire vient renforcer la nécessité de se battre pour un autre hôpital, l’heure n’est plus aux négociations ou aux primes. Ce sont donc des infirmières, des urgentistes, des brancardiers, mais aussi des travailleurs des services de neurologie, de réanimation, de psychiatrie, des laboratoires, … de tous les hôpitaux bordelais qui se sont réunis devant les tripodes (CHU Pellegrin).

Pour un technicien de laboratoire au CHU “les applaudissements ont plus énervé les hospitaliers” reprendre la rue devenait à nouveau une urgence. Il appel tous ceux qui applaudissaient à les rejoindre et poursuivre le combat avec eux.

Un appel auquel plusieurs organisations et secteurs ont répondu présent. Avec notamment un soutien important de la jeunesse, avec des militants du NPA Jeunes ou encore de l’association universitaire Onzième Thèse, qui se sont rendus sur place en invitant massivement par leurs propres organisations tout le monde à rejoindre les hospitaliers. Mais se sont également des Gilets Jaunes, des postiers, des énergéticiens ou encore des ouvriers de l’usine GFT Getrag qui sont venus soutenir les soignants dans leur grève pour amplifier le rapport de force contre ce gouvernement criminel. Quasiment 400 personnes, avec banderoles, pancartes et torches à la main tout en respectant les mesures avec ports du masque pour faire entendre la colère.

Les attaques sur l’hôpital continuent et s’amplifient, la colère aussi

Une grève donc qui fait suite aux annonces tant attendues du gouvernement concernant l’hôpital.Des annonces qui n’ont, sans surprise, pas satisfait les hospitaliers mais amplifié la colère devant leur manque de reconnaissance alors qu’ils étaient en première ligne face au COVID 19. Des héros, des médailles promises, ça ne passe pas pour les travailleurs au front et sous payés : “j’achète pas mes courses avec des médailles”. Le ségur de la santé rechigne sur les primes pourtant promises par le président. Alors que tout le monde hospitalier s’est mobilisé et réorganisé pour faire face à la crise sanitaire les primes ne seront pas pour tout le monde et pas à la même hauteur. Le gouvernement essaie encore de diviser l’hôpital et de faire des économies sur son dos en refusant de verser des primes à certains alors que comme nous confie une infirmière : “une grande solidarité s’est développée dans les services face au COVID et là encore dans la grève”.

Plus que jamais, le COVID l’a révélé, nous avons besoin de plus de personnels hospitaliers pour soutenir les forces vives à bout qui dépassent largement leur quota d’heures et sont épuisées. En ce sens il faut non seulement titulariser tous les précaires de l’hôpital, exiger la prime COVID pour toutes et tous, mais au delà, demander l’ouverture de postes, des politiques de formations massives et des augmentations de salaires. Un infirmier nous l’a exprimé clairement : “on attire pas des mouches avec du vinaigre”, ou encore un collègue réitère “La prime de 500 ou 1500 balles c’est un joli cadeaux mais c’est pas une solution pérenne, on veut des soignants et avec des salaires décents.

Un rassemblement devant le plus grand CHU de France pour exiger des moyens pour l’hôpital public. Des moyens matériels aussi, comme les masques dont la pénurie les a grandement mis en danger face au COVID ou encore des respirateurs, mais aussi des lits et tout autre chose nécessaire dans les services pour effectuer un service de santé qui répondent aux besoins de la population, et qui protègent les travailleurs de la santé sur le front. Des manques qui ont fait scandale mais qui en réalité sont des revendications criées par les soignants depuis des années dans la rue contre la casse de l’hôpital public. Sur le rassemblement un hospitalier nous le dit “l’histoire de lit qui manque n’est pas une histoire du COVID, mais il me semble qu’il y a une accélération sous Macron”.

Retrouvez le live de Révolution Permanente Bordeaux durant le rassemblement :

Rendez-vous jeudi prochain pour le prochain rassemblement ! Cette fois ci au rond point de l’hôpital Haut L’Évêque à Pessac, de 12h à 15h :




Mots-clés

CHU    /    rassemblement   /    Hôpitaux   /    Grève   /    Bordeaux   /    Politique