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Lutte de l'AP-HP

Hôpital Bretonneau : portrait d’une assemblée générale le lendemain du 18 juin

Timur Chevket Alors que la mobilisation contre le plan Hirsch entre dans un moment décisif suite au changement de tactique de la direction qui a donné lieu à certaines hésitations au sein de l’intersyndicale, se tenait ce vendredi 19 juin l'assemblée générale du personnel en grève de l'hôpital Bretonneau (18ème arrondissement de Paris). L’équipe de Révolution Permanente était sur place et a pu assister aux débats.

vendredi 19 juin 2015

Localement, le climat est à une certaine exaspération. Au-delà même des questions concernant la suite du mouvement, l’été s’annonce des plus pénibles pour les aides-soignantes. En effet, les départs en vacances des travailleuses s’occupant de la préparation des repas des patients ne seront pas remplacés. Pour celles qui sont déjà en sous-effectif, c’est une charge de travail supplémentaire à assurer. Car contrairement aux allégations de certains cadres qui dénoncent un soi-disant "boycott des patients", le personnel de l’établissement spécialisé dans la gériatrie ne lésine pas quand il s’agit de la qualité des soins.

Partage du temps de travail

« A l’hôpital il y a trop de travail, à l’extérieur il y a trop de chômeurs ». Ce slogan du mouvement du personnel hospitalier résume bien des choses. Les grévistes reprochent au gouvernement, en la personne de la ministre Marisol Touraine, de couper le financement de l’assistance publique là où il faudrait l’augmenter pour des embauches de personnel plus que nécessaires, et d’avoir envoyé le soldat Hirsch au front pour tenter de briser la résistance des hospitaliers. Même sans la réorganisation du travail proposée par le président de l’AP-HP il semble que ce soit déjà de plus en plus dur de programmer ses congés pour les salariés qui font tourner au jour le jour l’hôpital Bretonneau. Les cadres qui se permettent de critiquer le personnel des soignants échappent quant à eux pour la plupart à ces contraintes. Les grévistes réunis en AG envisagent d’exprimer dès lundi leurs doléances à ce sujet dans une lettre ouverte à la direction.

La lutte continue. Prochaine étape : le 25 juin

"Hier, ce n’était qu’un avant-goût" affirme une hospitalière présente à l’AG. La journée de mobilisation du jeudi 25 juin s’annonce nationale et interprofessionnel. C’est un espoir pour les grévistes, de mettre un nouveau coup dans le plan Hirsch. D’un côté il y a la conscience que la lutte de l’AP-HP, qui s’inscrit dans la durée avec détermination, prend l’importance d’un symbole. L’information selon laquelle les cheminots pourraient se mettre en grève eux-aussi dès jeudi est reçue comme une excellente nouvelle, permettant de renforcer la contestation sociale face au gouvernement.

Inquiétudes sur l’attitude de l’intersyndicale

Mais une ombre vient se glisser dans ce tableau. Une certaine inquiétude plane sur l’AG au sujet de l’attitude de l’intersyndicale face au virage tactique de Hirsch. Les déclarations faites sur un ton rassurant de certains représentants syndicaux à la sortie de la négociation avec la direction de l’AP-HP ont du mal à convaincre. On craint qu’une reprise de la méthode du dialogue social ne débouche sur une trahison. « La CGT ne signe rien, la CGT est pour le retrait total [du plan Hirsch] » affirme pourtant le délégué CGT de Bretonneau devant l’assemblée générale.

Il est clair que l’abandon de la revendication du retrait de tout plan de réorganisation du travail et une rupture de l’unité syndicale qui a régné jusque-là serait un coup dur porté à la mobilisation, au profit de Martin Hirsch et du gouvernement. Mais la pilule risquerait de ne pas passer si facilement auprès des salariés excédés de l’AP-HP. « Le premier syndicat qui cédera passera un sale quart d’heure » prévient une hospitalière gréviste.

19/06/2015



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