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Politique

Coup dur pour la Macronie

Hulot refuse de soutenir la liste Renaissance et tacle Macron

C'est un coup dur pour LREM dans la dernière ligne droite avant les élections européennes de ce dimanche. L'ancien ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a refusé ce vendredi d'appeler à voter pour le parti du gouvernement, évoquant même des « divergences » avec le programme économique proposé pour l'Europe par Emmanuel Macron et Nathalie Loiseau.

vendredi 24 mai

Crédits photo : REUTERS/Stephane Mahe/File Photo

« J’ai choisi mais je n’ai pas à me substituer à la conscience des gens. » Invité sur BFM TV et RMC ce vendredi matin, Nicolas Hulot n’a pas souhaité apporter son soutien à la liste de La République en Marche menée par Nathalie Loiseau. « A l’instant où je le dis, je divise et je réduis l’enjeu écologique à un enjeu partisan. Si demain on veut affronter le monde dans toutes ses difficultés, on le fera en rassemblant », a-t-il ajouté.

Un nouveau camouflet pour la Macronie à deux jours d’un scrutin décisif pour la suite du mandat présidentiel d’Emmanuel Macron. Embourbé dans la crise des Gilets Jaunes, le président espère en effet une victoire électorale face notamment au Rassemblement National pour remettre son quinquennat dans le bon sens. C’est la deuxième fois que Nicolas Hulot met le gouvernement dans l’embarras. En septembre dernier déjà, il avait claqué la porte du gouvernement après avoir occupé le poste de ministre de la Transition écologique depuis la formation du gouvernement. Un départ mouvementé, rapidement accompagné de Laura Flessel, avait déjà porté un coup à l’image de rouleau compresseur d’un gouvernement jupitérien. Dans la foulée de l’affaire Benalla sortie en plein été, ces démissions avaient marqué le début d’un automne difficile pour la majorité, qui verrait le déclenchement de la crise des Gilets Jaunes deux mois plus tard.

« La croissance est un médicament qui tue »

Sans se contenter de refuser d’annoncer ouvertement son vote pour LREM et d’appeler à le suivre, Nicolas Hulot laisse même entendre des désaccords importants avec le programme de la liste menée par Nathalie Loiseau. « L’écologie, ce n’est pas une variable d’ajustement. C’est un changement de matrice », a-t-il d’abord affirmé, avant de fustiger clairement la politique antisociale et anti-climatique du gouvernement, orientée uniquement vers une volonté de croissance économique à tout prix.

Emmanuel Macron « fait partie de ceux qui attendent qu’une croissance exponentielle reparte. La croissance est un médicament qui tue. Tout le monde n’a pas forcément – et c’est là peut-être qu’il peut y avoir une divergence – compris que le libéralisme est incompatible avec les enjeux écologiques », a-t-il lancé, affichant ouvertement de profonds désaccords avec le libéralisme décomplexé prôné par la Macronie. Avant d’enfoncer le clou : « Si on est vraiment en état d’urgence écologique, alors on s’affranchit de tous les dogmes et notamment des dogmes budgétaires. » Un appel à peine caché à abandonner la règle des 3% de déficit budgétaire imposée depuis le traité de Maastricht, qui contraint fortement les économies européennes. Il semble que la « caution verte » du gouvernement Macron se soit définitivement envolée.

Qu’on se le dise, Hulot est loin d’être anticapitaliste et remplit parfaitement son rôle de conseiller des puissants. Ses déclarations n’en constituent pas moins un nouveau camouflet pour Macron.




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