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Jeunesse

PRENDRE PARTI POUR LA RÉVOLUTION !

« Il nous faut un outil pour gagner les prochaines batailles ». Un meeting de jeunesse prometteur, à revoir en ligne

Alors que la lutte des classes s'aiguise à l'aune des crises sanitaire et économique, l'extrême-gauche semble en deçà des potentialités qui se dessinent dans la période. Ce dimanche, les militants du NPA-Révolution Permanente et du collectif étudiant Le Poing Levé dressaient dans leur meeting à l'adresse de la « génération sacrifiée » le projet de grand parti révolutionnaire des travailleurs qu'ils appellent à construire pour transformer les révoltes en révolution et les révolutions en victoire.

lundi 19 avril

Revoir le meeting ici.

« Il faut construire un parti révolutionnaire qui ait pour colonne vertébrale l’intervention dans la lutte des classes »

Le meeting, introduit par Léo Valadim, militant au NPA-Révolution Permanente et au Poing Levé Paris 8, a été ouvert par Anasse Kazib, militant du NPA-Révolution Permanente en région parisienne et cheminot. Figure de la grande lutte contre la réforme des retraites, il est par ailleurs pré-candidat au sein du NPA pour les élections présidentielles. Introduisant sur la situation politique, il est revenu sur le rôle qu’ont joué ceux qu’on a appelés les « travailleurs essentiels » ou aussi travailleurs de la première et de la deuxième ligne, c’est-à-dire la classe ouvrière, composée des soignants, des caissiers et caissières, des femmes de ménage, et bien d’autres encore : « Depuis le début de la crise sanitaire ce sont les précaires, les ouvriers qui ont été en première ligne, qui ont permis de faire tourner la société et ce pas seulement en France mais partout dans le monde. »

Pendant la crise, ce sont bien ces travailleurs essentiels qui ont continué à faire tourner la société quand, dans le même temps, l’économie était à l’arrêt et le gouvernement gérait la crise de manière totalement erratique : « La situation sanitaire est catastrophique, elle est la conséquence de la gestion des gouvernements capitalistes, de leurs mensonges, de la gestion pro-patronale du stop-and-go. Aujourd’hui la propagation du variant brésilien fait miroiter la possibilité d’un scénario catastrophe ». En effet, après les variants britanniques et sud-africain, le variant brésilien, mais aussi celui indien, viennent bouleverser une fois de plus la situation sanitaire, ce dernier étant non seulement plus contagieux mais également résistant aux vaccins.

Comme l’a rappelé Anasse, la crise sanitaire s’inscrit par ailleurs dans un contexte de retour de la lutte des classes à l’international : « Cette situation arrive dans une séquence de retour de la lutte des classes, de mobilisations explosives. En France, mais aussi en Algérie, à Hong Kong, au Chili, au Liban, aux Etats-Unis, en Équateur,… » En France particulièrement, nous avons assisté à cinq ans de lutte des classes intenses, de la Loi Travail au mouvement antiraciste autour du Comité Adama, en passant par la lutte contre Parcoursup, la bataille du rail, les Gilets jaunes, et l’historique grève contre la réforme des retraites.

Pourtant, rappelle Anasse, malgré la politisation et les luttes intenses de ces dernières années, aucun projet politique à même de défendre les intérêts des travailleurs avec une stratégie à la hauteur ne semble émerger. Comme nous l’écrivions dans un précédent article, la seule perspective qui semble offerte aujourd’hui est de changer les institutions de l’intérieur, à l’image du projet de la France Insoumise. Cette démarche ne peut qu’amener à s’adapter aux institutions et aux pressions des forces politiques dominantes, comme elle l’a déjà fait en votant par exemple une partie des articles de la Loi séparatisme. En réalité, la politisation et la radicalité qui existent dans la société ne peuvent s’incarner que dans un projet révolutionnaire qui assume la nécessité de mettre à bas le capitalisme et de construire un autre système. Face à cet impératif, un constat s’impose : difficulté de l’extrême-gauche à faire ses preuves dans les derniers épisodes de la lutte des classes. Anasse explique ainsi : « Malheureusement dans cette séquence l’extrême-gauche elle est restée sur le trottoir un tract à la main. Il y a un espace pour un parti révolutionnaire des travailleurs, qui puisse canaliser cette radicalité des gilets jaunes et capitaliser sur l’émergence de la nouvelle génération ouvrière ».

Pour Anasse et l’ensemble des militants du NPA-Révolution Permanente, la situation impose en effet la nécessité de construire une organisation pour incarner cette radicalité et cette politisation et porter une stratégie à la hauteur de la stratégie, une organisation qui se donne pour centre de gravité l’intervention dans la lutte des classes : « Il va nous falloir pour la prochaine séquence, non pas perdre nos forces dans la supercherie d’une union de la gauche, mais avoir comme colonne vertébrale l’intervention dans la lutte des classes. »

« Les femmes ont un grand rôle à jouer pour construire ce parti révolutionnaire des travailleurs »

L’intervention d’Anasse a été suivie par une intervention de Rozenn, militante au NPA-Révolution Permanente, au Poing Levé et à Du Pain et Des Roses et étudiante licenciée par Chronodrive pour avoir lutté contre le harcèlement sexuel. Avec ses collègues, ils et elles ont organisé la première grève de l’histoire de l’entreprise pour exiger sa réintégration. Rozenn est d’abord revenue sur la nécessité pour les femmes de s’organiser en toute indépendance de l’État et de ses institutions et des patrons qui organisent l’exploitation des femmes et les exploitent doublement parce qu’elles sont femmes : « Avec Du Pain et Des Roses, on lutte pour que les femmes s’organisent en indépendance de la direction en lien avec leurs collègues hommes parce que c’est le seul moyen d’obtenir un rapport de force qui va faire plier la direction ».

Par la suite, Rozenn est revenue sur la nécessité de combattre le corporatisme des directions syndicales qui refusent de prendre en charge les revendications féministes ainsi que sur la nécessaire alliance entre le mouvement ouvrier et le mouvement féministe pour combattre le patriarcat qui est intrinsèquement lié au capitalisme : « Cette lutte doit servir d’exemple contre toute forme de corporatisme. Je ne suis pas juste étudiante, pas juste travailleuse, pas juste femme, et je milite sur tous ces fronts. On lutte pour décloisonner les combats, on lutte pour le pain et les roses. »

Enfin, tout comme Anasse, la militante féministe est revenue sur la nécessite de construire un parti révolutionnaire dans lequel les femmes soient à l’avant-garde, dans la lignée des combats desquels les femmes ont été en première ligne : « Nous voulons un outil pour permettre à toutes celles et ceux qui relèvent la tête de gagner. Nous les femmes avons un grand rôle à jouer pour construire cette organisation-là, pour construire un grand parti révolutionnaire des travailleurs. »

« La classe ouvrière a les moyens de jouer un rôle central dans une perspective révolutionnaire »

Le meeting s’est poursuivi par une intervention d’Adrien Cornet, militant du NPA-Révolution Permanente, ouvrier à la raffinerie de Grandpuits, qui a mené une lutte historique contre les suppressions d’emplois mais aussi contre le greenwashing de Total, et pour que les travailleurs prennent en main la transition écologique. Le raffineur a d’abord parlé de l’alliance historique entre les raffineurs de Grandpuits et les organisations écologistes telles que Greenpeace, Les Amis de la Terre ou encore Youth for Climate, dans un front commun contre les suppressions d’emplois et le greenwashing de Total, qui a tenté de justifier la fermeture de Grandpuits par des arguments pseudo-écologiques : « Total ferme les raffineries parce que les normes sociales et environnementales sont trop coûteuses pour la multinationale. Dès septembre nous nous sommes tournés vers les organisations écolo parce qu’on savait qu’elles allaient être nos meilleurs alliés. »

En ce sens, Adrien est revenu sur le fait que la lutte des raffineurs de Grandpuits a montré que les travailleurs étaient les seuls à même de pouvoir organiser la transition écologique, étant ceux qui connaissent le mieux l’outil de production, et a également montré la nécessité d’une organisation qui puisse pousser ces mouvements le plus loin possible : « La transition écologique doit être pensée par les ouvriers. Il faut imposer le contrôle ouvrier contre les profits du patronat. En ce sens un parti révolutionnaire des travailleurs est nécessaire, pour penser l’hégémonie ouvrière, parce que nous avons un rôle stratégique. »

Une fois de plus, pour Adrien, cette lutte a en effet montré la nécessité d’une organisation qui ait pour colonne vertébrale la centralité de la classe ouvrière : « Poser la question de la centralité ouvrière c’est central, parce qu’elle a les moyens d’arracher les moyens de production. Elle a les moyens de jouer un rôle central dans une perspective révolutionnaire. »

« Nous devons porter la voix de cette jeunesse qui lutte »

Le meeting s’est clos par une intervention d’Alberta, militante au NPA-Révolution Permanente, au Poing Levé Mirail et étudiante à Toulouse, qui est revenue sur la situation de la jeunesse en temps de Covid-19 et sur le rôle qu’elle pourrait jouer dans un parti révolutionnaire des travailleurs. Comme elle l’a rappelé, la situation de la jeunesse est aujourd’hui dramatique : « Aujourd’hui tout le monde voit que la jeunesse va mal : pendant que la bourgeoisie se goinfre dans les restaurants clandestins, les étudiants meurent de faim, de misère et de détresse. »

Face à cette situation, et à l’avenir que le gouvernement et le patronat proposent à la jeunesse, Alberta rappelle que « ces dernières années la jeunesse s’est massivement mobilisée, contre la Loi Sécurité Globale, dans les mouvements anti-racistes, écolo et féministes. Au Poing Levé, nous sommes fiers de faire entendre dans nos universités, cette voix de cette jeunesse qui lutte », rappelant que les militants du Poing Levé, qui ont récemment remporté des victoires électorales dans toutes les universités où ils sont implantés, sont avant tout des militants qui portent la voix de la jeunesse en lutte.
Alberta rappelle par la suite le rôle que pourrait avoir la jeunesse dans un parti révolutionnaire des travailleurs : « Nous, la jeunesse, nous n’avons pas le poids des défaites, des directions syndicales. Construire le parti des travailleurs révolutionnaires, c’est faire entendre dans nos universités le marxisme révolutionnaire, c’est mettre nos universités au service de notre classe. » En ce sens, les militants du Poing Levé aspirent à construire une organisation anticapitaliste, féministe et anti-impérialiste à l’échelle nationale qui puisse intervenir dans les futures mobilisations étudiants et pousser à la convergence avec le mouvement ouvrier.

En définitive, toutes les interventions sont revenues sur la nécessité d’incarner toute la politisation et la radicalité de ces dernières années et mobilisation dans une grande organisation révolutionnaire des travailleurs, dans un contexte où l’extrême-gauche a jusqu’ici été en deçà des potentialités de la période. Alors que nous nous dirigeons vers davantage d’instabilités et de décadence du capitalisme avec la crise économique, la perspective révolutionnaire réside dans la capacité de la classe ouvrière de se doter d’une organisation de combat capable de mener à son terme les explosions sociales qui adviendront, et construire une société meilleure, libérée de toute oppression et de toute exploitation. Pour reprendre Léon Trotsky, cité par Adrien Cornet : « la vie est belle ; que les générations futures la nettoient de toute violence, de toute oppression et en jouissent pleinement. »




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