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Interviewé, le patron de la DGSI déclare que 2000 militants d’extrême-gauche sont fichés

Dans un entretien donné au Parisien, le nouveau patron des services de renseignements, Nicolas Lerner, a répondu à un certain nombre de questions concernant entre autres, le mouvement des Gilets Jaunes et les manifestants « radicaux » qui en font partie selon lui.

mardi 19 février

Il y a quatre mois, un nouveau patron a été nommé à la tête de la DGSI, Nicolas Lerner. La DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure), est le service de renseignement du ministère de l’Intérieur qui est chargé de rechercher des données et des renseignements concernant la « Sécurité nationale ». Si la DGSI s’occupe principalement du contre-espionnage, ses tâches sont loin d’être limitées à cela. L’une de ses « missions » est, comme le dit Lerner, de surveiller les « individus ou groupes radicaux ».

L’entretien accordé par Nicolas Lerner au Parisien avec les personnes qui prennent part aux manifestations de manière pacifiste », cet entretien vise surtout à légitimer la répression policière et judiciaire que subissent les gilets jaunes.

Lerner insiste par exemple sur le fait que « l’ultragauche » a radicalisé un nombre important de manifestants « normaux », et qu’à« à Toulouse, Bordeaux, Nantes ou Caen, ils ont généré une forme de violence totalement décomplexée et débridée chez des individus qui n’étaient connus ni pour leur appartenance à l’ultragauche, ni à l’ultradroite ». Parler de « violence décomplexée et débridée » de la part des manifestants est un comble quand on sait que c’est précisément dans les villes mentionnées que la répression a été parmi les plus violentes avec des dizaines de blessés et de mutilés chaque semaine. Il en rajoute même une couche pour légitimer les interpellations « préventives » et autres formes de répression judiciaire : « Ce sont ces groupes qui font l’objet d’un suivi avec pour seule finalité de prévenir les violences et d’en identifier leurs auteurs ». Un peu plus loin, il révèle même que plus de 2000 personnes « d’ultragauche » sont surveillées par la DGSI.

Depuis quelques semaines on assiste à une succession de mesures mises en place par la gouvernement qui limitent de plus en plus la liberté de manifester et qui criminalisent de plus en plus les manifestants, que ce soit la loi « anti-casseurs » qui a été adoptée récemment, ou encore le fait que Macron ressorte les Renseignements Généraux pour ficher les gilets jaunes.

Un discours qui vise à renvoyer dos à dos militants d’extrême-gauche et nervis d’extrême-droite, qui légitime la violence d’État face à laquelle sont confrontés les manifestants, et qui, en dernière instance, utilise comme à l’accoutumée un discours ultra-sécuritaire et l’arsenal « anti-terroriste », jouant sur la peur pour criminaliser la mobilisation des Gilets Jaunes.




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