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Monde

Renforcement des frontières de l'Europe forteresse

La Hongrie achève son mur anti migrants et ferme totalement ses frontières

Karel Venuvitch La Hongrie a achevé, ce lundi, la construction du mur séparant le pays de la Serbie. La dernière portion de la clôture anti-migrants hongroise, près de la ville de Röszke - qui abrite le plus grands camps de transit où les conditions d'accueil des migrants ont fait scandale la semaine passée - encore ouverte, est désormais totalement hermétique. Tandis que la réunion des ministres de l'Union Européenne n'a débouché sur aucun accord concernant l’accueil et la répartition « solidaire » de 120 000 réfugiés présents en Grèce, en Hongrie et en Italie, les portes de l'Europe forteresse se referment de nouveau.

mardi 15 septembre 2015

Fini, l’humanisme de façade !

Le tournant politique opportuniste des principaux pays impérialistes européens qui a suivi la publication de la photo du petit Aylan n’aura pas fait long feu. Alors que la police française brutalise et expulse les migrants, l’Allemagne a annoncé dimanche la réactivation des contrôles à la frontière Autrichienne. Berlin, qui attend entre 800 000 et un million de demandeurs d’asile en 2015, a déclaré avoir d’ors et déjà atteint les limites de ses possibilités. Étrangement, les chiffres coïncident avec le manque de main d’œuvre qui avait été annoncé par le patronat allemand... L’annonce a fait boule de neige. La République Tchèque s’est empressée de faire une annonce similaire dès dimanche soir. Lundi, l’Autriche et la Slovaquie ont annoncé la réintroduction des contrôles à leurs frontières respectives. Après les larmes de crocodiles, les politiques réactionnaires sur le vieux continent reviennent sur le devant de la scène. L’humanisme, de façade, n’aura pas mis longtemps pour se volatiliser.

Un mur pour bloquer les migrants ... et accentuer la traque sur le territoire

La fermeture totale de la frontière serbo-hongroise va de paire avec la dernière trouvaille du gouvernement Orban pour s’acharner contre les migrants. Dès ce lundi, quiconque endommage la clôture anti migrants, hongrois ou non, encourt trois ans d’emprisonnement ! Des les premières heures, des arrestations ont eu lieues. L’unique solution est de passer par les passages officiels, ou les migrants fuyant la guerre et la misère sont soit refoulés, soit conduit dans les camps, ou les conditions d’accueil sont inhumaines. La politique ouvertement xénophobe du gouvernement Orban, qui poursuit avec acharnement la traque aux migrants sur le territoire hongrois, continue. Et dans le contexte de montée générale de la xénophobie en Europe, elle pourrait bien faire des émules. La fermeture des frontières à échelle européenne, notamment dans les pays aux limites de l’espace Schengen tel que la Grèce ou l’Espagne, se généralise. La situation ne fait qu’empirer le sort des migrants, et comme conséquence, le regain des passages par la méditerranée, dans les conditions périlleuses que l’on connaît.

Les larmes de crocodiles ont déjà séché... Et déjà l’Union Européenne retrouve ses vieilles habitudes, a contre courant de la vague de solidarité des masses populaires qui a déferlé dans les grandes villes européenne le week end dernier. La politique xénophobe du gouvernement Orban, appuyée par les gouvernements impérialistes, symbolise ouvertement le chemin choisie par les instances continentales. En remettant sur le devant de la scène les discours abjects d’un engorgement et d’une situation ingérable, les grandes puissances européennes abondent dans le sens du populiste d’extrême-droite Viktor Orban, tout en évinçant leurs propres responsabilité dans la crise actuelle. Et ce ne sont pas les prochaines frappes de l’armée française en Syrie, annoncées hier à l’Assemblée Nationale, qui risquent d’inverser le cours des choses. Dans ce contexte, les mobilisations aux quatre coins du continent se doivent d’être massive pour faire face à l’immense machine réactionnaire de l’Europe forteresse.




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