^

Monde

L'épidémie s'étend

La fermeture des frontières, tout sauf une mesure efficace pour stopper le Coronavirus

La propagation du Coronavirus s'est accélérée ces derniers jours, poussant l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à évoquer une potentielle pandémie qui semble, à chaque heure, de plus en plus inéluctable.

mardi 25 février

Crédits photo : Miguel MEDINA / AFP

L’extension de l’épidémie de Coronavirus s’est accélérée ces derniers jours, et tout semble indiquer que cette tendance n’est, pour l’heure, pas prête de s’inverser. Désormais, plus d’une trentaine de pays sont touchés, avec l’émergence de deux foyers principaux hors d’Asie : l’Italie en Europe, où près de 283 cas et 7 morts ont été confirmés et l’Iran au Moyen-Orient, avec 97 cas, dont le vice-ministre de la Santé, et 16 morts ont été répertoriés.

Ce lundi, l’OMS a émis pour la première fois la possibilité d’une pandémie, c’est à dire une épidémie disposant de plusieurs foyers d’infections partout dans le Monde. En effet, hormis l’Asie, l’Europe et le Moyen-Orient, où des foyers sont d’ores et déjà identifié, des cas de Coronavirus ont été confirmés aux Etats-Unis (une cinquantaine) et au Canada (une trentaine) en Amérique du Nord ou bien encore une vingtaine en Australie. Au final, seule l’Afrique, avec un cas répertorié en Egypte et un autre en Algérie, et l’Amérique du Sud, où aucun cas n’a été identifié, semblent pour l’heure échapper à la propagation du Coronavirus. Toutefois, il s’agit de statistiques minimisées, puisque reprenant les cas avérés, et il est hautement probable que de nombreux cas n’est pas été identifiés, en particulier dans les pays les plus pauvres et où le système de santé est très peu développé.
 

La mise en quarantaine de villes et de régions entières, mesure qui semble peu efficace pour stopper la propagation du Coronavirus

 
Aujourd’hui, des éléments de panique dans les hautes sphères s’expriment face à une probable pandémie, comme en attestent par exemple les baisses sur les marchés financiers et les réactions épidermiques de contrôle et de fermeture des frontières, comme en Russie, ce qui n’a pas empêché l’émergence de deux cas de Coronavirus. Au vu de l’extension de l’épidémie, c’est avant tout la politique de la mise à l’isolement de villes, voire de régions entières, qui montre toute ses limites. Le gouvernement chinois lui-même a dû reconnaître des erreurs dans le traitement de cette crise sanitaire.
 
Pourtant, les positions se multiplient, un peu partout autour du globe, pour exiger l’amplification de ces politiques réactionnaires de fermeture des frontières. En France, c’est évidemment Marine Le Pen qui a sauté sur l’occasion, au micro de BFM-TV, pour exiger la mesure de « bon sens » consistant à renforcer les contrôles à la frontière italienne pour éviter que « l’épidémie ne se transforme en pandémie », s’appuyant sur le fait que partout ailleurs, cette méthode est utilisée et citant expressément le cas des Etats-Unis. Or, les statistiques montrent bien que cette politique a eu un impact limité outre-Atlantique, puisqu’une cinquantaine de cas sont d’ores et déjà confirmés.
 
L’exemple de la ville de Wuhan est le plus emblématique et montre bien l’ingérence de la crise lorsqu’elle n’a de réponse que le repli. De fait, malgré la fermeture de la ville, le bilan reste sombre alors que la ville est bloquée, sans ressources et sans programme de soin à la hauteur et que les habitants semblent presque laissés à l’abandon. Un père de 49 ans raconte : « la réalité est horrible (...) On reçoit des tas de tomates et d’oignons déjà pourris », alors qu’il en est réduit avec sa famille à faire sécher des épluchures de navets pour se nourrir. Une situation provoquée par le défaut de prise en charge de la crise qui a juste été confinée en dépit de la vie des habitants.
 
Autrement dit, l’extension mondiale du Coronavirus ne pourra être stoppée par la fermeture des frontières. Fidèle à ses vieilles recettes, la présidente du Rassemblement National cherche avant tout à capitaliser politiquement sur la situation, en remettant sur le devant de la scène l’une de ses lubies quasi-obsessionnelle.
 
Loin de ces solutions réactionnaires, l’urgence est avant tout au déblocage de budget et à l’embauche massive de personnel hospitalier pour lutter contre le Coronavirus, endigué sa progression et soigner les cas déjà existant. Au niveau mondial, le cas de la possible pandémie de Coronavirus met en lumière les dégâts causés par les politiques néo-libérales destructrice de service public de qualité, en particulier de la santé. C’est par l’annulation des dettes des pays semi-coloniaux et coloniaux et le déblocage de budgets pour la santé qu’il sera réellement possible de stopper la progression du Coronavirus, et non par la bunkérisation de populations entières, laissées à l’abandon dans les pires conditions sanitaires.




Mots-clés

Coronavirus   /    Santé   /    Union Europénne   /    Etats-Unis   /    Chine   /    Monde