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Manifs anti-passe vaccinale : la police gaze les cortèges et tire une lacrymo dans l’appartement d’une famille

Suite à l’adoption du projet de loi instaurant le pass vaccinal par l’Assemblée nationale, des manifestations ont rassemblé plus de 100 000 personnes dans toute la France. La réponse du gouvernement a été la répression : à Lyon, la police a tiré une grenade lacrymogène dans un appartement où vit une mère de famille seule avec ses trois enfants.

lundi 10 janvier

Crédits photo : AFP

Samedi 8 janvier, des manifestations contre l’instauration du pass vaccinal ont eu lieu dans toute la France. Une journée de mobilisation qui a connu un regain de participation par rapport aux dernières manifestations contre le pass sanitaire. Et pour cause, outre l’adoption en cours du texte, la semaine a été marquée par la sortie méprisante de Macron, déclarant qu’il souhaitait « emmerder les non vaccinés ». Une surenchère dans le cadre d’une stratégie qui vise à faire porter la responsabilité de la reprise épidémique sur les seuls non vaccinés, stratégie dont le passe vaccinal est la pierre angulaire.

Or, face à la contestation de cette politique, le gouvernement a usé, une fois de plus, de la répression. À Lyon, les policiers ont ainsi gazé massivement le cortège sur la Place des terreaux. Lors de cette offensive, une grenade lacrymogène a été tirée dans un appartement du troisième étage dans le 1er arrondissement, alors qu’une femme et ses trois enfants s’y trouvaient comme le rapporte Lyon Mag. Des vidéos prises par les passants montrent des salves de fumée sortir de l’appartement, puis les policiers se précipiter dans l’immeuble quelques minutes après l’incident.

Après être entrés dans l’immeuble, les policiers ont lancé des débris de grenade par la fenêtre depuis l’appartement, et sont ressortis. Une scène qui ressemble plus à une tentative de dissimulation de preuve qu’à un quelconque secours des occupants comme l’a souligné le vidéaste indépendant Adrien Arbl. La scène n’a d’ailleurs pas été sans évoquer à beaucoup la mort de Zineb Redouane à Marseille, octogénaire, décédée suite à un tir de grenade lacrymogène dans son appartement par des policiers lors d’une manifestation.

Dans le même temps, la police a gazé les cortèges de Montpellier et de Toulouse.

À Paris, la manifestation appelée par les collectifs de Gilets jaunes s’est tenue au milieu d’un dispositif policier dense et serré. Le cortège a subi une charge de la BRAV qui a cherché à matraquer et interpeller les manifestants. Au total, on dénombre 34 interpellations dans toute la France à la suite de ces mobilisations.

En définitive, la répression n’aura pas empêché plus de 100.000 personnes de manifester. Une mobilisation à la tête de laquelle l’extrême-droite a tenté de se placer, dans la continuité des mobilisations contre le pass sanitaire. A Paris, la manifestation appelée par Florian Philippot a ainsi réuni des milliers de personnes, parmi lesquelles des groupes d’extrême-droite violents comme Civitas ou « les Zouaves », récemment dissouts par le gouvernement.

Une tentative de récupération par l’extrême-droite, surfant sur la défiance envers le gouvernement et la vaccination, qui est alimentée par l’absence de réponse à l’autoritarisme sanitaire à la hauteur de la part du mouvement ouvrier. Face à l’extrême-droite il est pourtant urgent de proposer des perspectives qui dénoncent le passe vaccinale et les mesures visant à stigmatiser les non-vaccinés pour masquer la responsabilité du gouvernement, mais également de proposer une stratégie en positif entre les mains des soignants. Une stratégie qui refuse de sombrer dans le déni de la réalité de la pandémie et le rejet du vaccin que cherche à attiser l’extrême-droite.




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