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Notre classe

PLUS JAMAIS A GENOUX

Mantes la Jolie : des centaines de gilets de toutes les couleurs font halte devant le lycée Saint-Exupéry

Plus de 300 personnes, gilets jaunes de Normandie, mais aussi militants syndicaux, collectifs et associations du Mantois, ont défilé « tou(te)s ensemble » pour dire « Nous ne voulons plus être mis à genoux. »

samedi 15 juin

«  Même si Macron ne veut pas… On est là  !  »

Choix symbolique c’est Eric, gilet jaune et syndicaliste cheminot, qui a été désigné comme animateur de la marche. Eric, qui est menacé de licenciement par la direction de la SNCF pour s’être mis à genoux devant son encadrement, dénonçant ainsi la soumission que les managers, les patrons et les Macron veulent nous imposer. Une résonance profonde avec le souvenir des 151 lycéens maintenus à genoux, mains sur la tête pendant plusieurs heures par la police et interpellés alors qu’ils étaient simplement mobilisés pour défendre leur avenir.

Alors que les médias et le gouvernement tentent de faire disparaître complètement les gilets jaunes du paysage politique, ce rassemblement de Mantes-La-Jolie est l’une des démonstrations de l’incroyable résistance du mouvement, résistance qu’un responsable de solidaires 78 a d’ailleurs saluée comme «  un exemple à suivre  ». Mais elle est aussi la démonstration que, contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire, les gilets jaunes ne sont pas condamnés à l’isolement et au repli sur eux-mêmes. Nombreux sont ceux qui, aux côtés des gilets jaunes, ont répondu «  présent  »  : Solidaires, Sud Santé sociaux, Sud éducation, Sud Rail, F.O, FSU, CNT, ATTAC, organisation féministe du pain et des Roses… et surtout le collectif de défense des lycéens de Saint Exupéry. Ils se sont retrouvés à plus de 300 sur la dalle du Val fourré pour entamer la marche vers le lycée Saint Exupéry et le centre-ville.

Une convergence des luttes pour des intérêts communs

Car toutes et tous ont de bonnes raisons de vouloir continuer et continuer «  tous ensemble… Ouais  !  » Pour les Gilets jaunes, c’est clair, leurs revendications ne sont pas satisfaites… ils les ont répétées, et notamment ce qui concerne le pouvoir d’achat, les services publics, la justice fiscale et la lutte contre la fraude et l’évasion. En ce qui concerne les hôpitaux, la situation dans le Val de Seine est catastrophique. Le problème des urgences, bien entendu, mais aussi celui de la psychiatrie qui connaît une situation particulièrement critique dans le département. C’est aussi les grandes difficultés du secteur automobile, PSA ou Renault, mais aussi des secteurs dans les services comme Mac’Do ou Nature et découverte.

Quant à l’éducation, il a été rappelé par un responsable de la FSU que c’est parce qu’ils voulaient lutter contre la Loi Blanquer et la discrimination qu’elle renforce, notamment à l’égard des jeunes des quartiers populaires, que les 151 du lycée Saint Exupéry ont vécu la répression sauvage des policiers et se sont retrouvés sous le coup d’interpellations. Pour le collectif aussi la lutte n’est pas finie. Après 6 mois d’attente avant que l’enquête ne démarre, elle a été bâclée en 3 jours et a conclu qu’il n’y avait pas eu de faute des policiers.

Une stratégie pour l’avenir

A l’heure où des questions stratégiques se posent pour la poursuite du mouvement des Gilets Jaunes et la recherche d’un débouché victorieux à leur lutte opiniâtre, l’initiative qui s’est déroulée à Mantes-La –Jolie devrait être regardée par les militants avec espoir et par les Macron et autres Castaner avec sérieux. Très actifs tout au long du mouvement, placés sous les feux des médias lors des blocages du péage de Buchelay sur l’autoroute de Normandie, ils demeurent, comme tout le monde a pu le voir en cet acte 31, très «  résistants  ». Loin de baisser la garde, ils ont entrepris une démarche de convergence dont ils sont désormais conscients quelle est la seule voie pour gagner. Le contexte politique, marqué par le discours d’un Edouard Philippe qui a clairement montré le mépris dans lequel il tenait les gilets jaunes, dont il n’a même pas prononcé le nom - pas plus qu’il n’a évoqué le grève des urgentistes ou la mobilisation des enseignants- constitue une indication particulièrement forte pour œuvrer à la convergence et à la mobilisation de toutes les forces qui refusent de se mettre à genoux.




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