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Du Pain et des Roses

LGBT-phobie

Marine Le Pen soutient le projet de loi homophobe de Orban

Interrogée sur la loi interdisant la « promotion » de l’homosexualité et des « déviations de l’identité de genre » auprès des mineurs votée en Hongrie, Marine Le Pen a soutenu la politique LGBTphobe de Viktor Orbán, sous couvert de protection des enfants.

jeudi 24 juin

Crédit photo : CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

Le gouvernement de Viktor Orbán a voté, la semaine dernière, une loi interdisant l’accès à la pornographie aux moins de 18 ans, mais aussi et surtout l’accès aux « contenus qui représentent la sexualité ou promeuvent la déviation de l’identité de genre, le changement de sexe et l’homosexualité ». Après de nombreuses attaques contre les droits des personnes LGBTI+, cette nouvelle loi vient accentuer leur répression.

La Hongrie avait précédemment mis fin à la reconnaissance légale du changement de sexe à l’état civil, et donc des personnes trans, et inscrit l’interdiction de l’adoption pour les couples homoparentaux dans la Constitution. Parmi les contenus désormais interdits aux mineurs, on retrouve donc les œuvres de fictions, mais aussi les programmes éducatifs, les drapeaux arc-en-ciel dans l’espace public, etc.

Une loi résolument homophobe donc, qui force les personnes LGBTI+ à vivre cachées, qui associe pornographie et homosexualité ou transidentité, et qui laisse entendre que les identités LGBTI+ sont le fait d’une quelconque propagande qui corromprait les enfants.

L’argument de la protection des mineurs de l’influence néfaste des personnes LGBTI+ est un vieux poncif des réactionnaires, de Poutine à Orbán en passant par Thatcher et la Manif pour Tous, et est aujourd’hui repris par nulle autre que Marine Le Pen. En effet, interviewée sur France Inter mercredi, la présidente du RN a soutenu le président hongrois, déclarant qu’elle ne soutenait « la promotion d’aucune sexualité auprès des mineurs ». C’est ignorer volontairement ce qui se cache derrière cette loi réactionnaire : ce n’est pas la « sexualité » en général qui est visée, mais bien l’homosexualité. Ainsi, un film pour enfants où le prince et la princesse échangent un baiser ne craindra rien ; en revanche, une série pour ados dépeignant un couple lesbien sera elle censurée, voire interdite. De même, toute opération d’éducation sexuelle, ou même d’information sur les identités de genre par exemple pourrait tomber sous le coup de la loi.

Par extension, toute expression d’amour en public entre personnes de même sexe pourrait être condamnée. Marine Le Pen reprend donc à son compte ce projet ultra-réactionnaire en toute connaissance de cause. Pire, dans l’interview, elle détourne l’attention en expliquant que l’homophobie de Orbán n’est rien comparée à l’homophobie présente dans certaines « zones de non-droit » en France. « C’est bien d’aller regarder les voisins mais c’est bien aussi de se regarder soi-même », explique-t-elle. Comprenez : les LGBTphobies, ce n’est pas Orbán, qui veut protéger les enfants, mais c’est l’apanage des quartiers populaires peuplés par des immigrés en France, qui seraient naturellement homophobes.

Voilà qui résume bien la politique du RN dédiabolisé, selon Marine Le Pen : des idées toujours aussi réactionnaires et nauséabondes, un soutien aux régimes les plus homophobes d’Europe, mais une défense de façade des personnes LGBTI+ quand il s’agit d’instrumentaliser leur oppression à des fins racistes et islamophobes.




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