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Non à la sélection !

Menace de suppression des rattrapages à Sorbonne Université : retour sur un projet ultra-sélectif

Depuis un mois, des sondages transmis aux étudiants préfigurent le projet de la direction de l'université : supprimer les rattrapages pour mettre en place le « contrôle continu intégral ». Un projet qui va accroître la sélection sociale.

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Menace de suppression des rattrapages à Sorbonne Université : retour sur un projet ultra-sélectif

Crédit photo : Par Guilhem Vellut, wikimedia commons

Si la direction de l’université de Sorbonne Université n’a pas communiqué pour l’instant, les sondages qui circulent dans les UFR depuis plusieurs semaines présagent une réforme sur les conditions d’examens. Le sondage, qui interroge les étudiants sur le « contrôle continu intégral » annonce l’existence d’un projet avancé pour transformer les modalités d’évaluation.

Des attaques contres les étudiants les plus précaires

Suppression des rattrapages : un renforcement brutal de la sélection. Dans ce mail plusieurs propositions sont avancées en bloc : généralisation du contrôle continu, allongement du calendrier des cours justement dans l’optique de « diluer le contrôle continu », suppression des rattrapages.

Si la direction de l’université n’a pas officiellement communiqué, les arguments utilisés dans le sondage et les questions posées aux étudiants présagent d’une aggravation brutale de la sélection. La rhétorique de l’université cherche à faire passer la pilule en mettant en avant une amélioration du contrôle continu. Or, aucune évaluation de contrôle continu ne saurait remplacer un rattrapage, c’est-à -dire la possibilité pour chaque étudiant d’avoir une seconde chance.

Et cette seconde chance, elle est particulièrement précieuse pour les étudiants qui travaillent ou qui ont des problèmes de santé, dont beaucoup ne peuvent que réviser ponctuellement leurs UE et misent sur la deuxième session pour valider leur année. Selon des estimations menées par Le Poing Levé Paris 1 où un projet similaire est à l’étude, c’étaient 68% des étudiants qui avaient validé leur licence grâce aux rattrapages et à la compensation des notes, et qui seraient donc contraints de redoubler avec ce nouveau projet. 

De plus, aucune garantie sérieuse n’a été donnée quant à la possibilité d’un étudiant se voyant empêcher par son travail de composer un partiel d’obtenir un créneau de remplacement. Les rattrapages non justifiés seront possiblement rattrapables selon le bon vouloir de l’enseignant. Une situation qui va forcer au redoublement de nombreux étudiants travailleurs. 

Les arguments utilisés par la direction de l’université pour cette réforme ne manquent pas de culot. Celle-ci utilise des problèmes de locaux et la lourdeur de l’organisation de la seconde session de rattrapages pour justifier leur suppression. Pour la présidence, les rattrapages et le droit à la seconde chance n’est qu’une charge de travail à alléger. Une de plus, après la suppression l’année dernière de 25 postes de titulaires sur l’académie de Science. Pourtant quand il s’agit de trouver de l’argent pour des projets privés, l’entreprise répond présent et finance par exemple, pour plusieurs dizaines de millions d’euros, un incubateur à start-up dont la construction coûte 67 millions d’euros et le fonctionnement 3 millions par an ! Dans un contexte où le gouvernement applique des coupes budgétaires aux universités, les présidences se font le relais des politiques gouvernementales en faisant payer la facture aux étudiants ! 

Une réforme de la sélection à Sorbonne Université qui s’inscrit dans une offensive nationale

Ce projet à Sorbonne université s’inscrit dans une offensive nationale. Depuis la mise en place de la Loi ORE en 2018, qui a instauré Parcoursup et la suppression du cadrage national des licences, de nombreuses universités modifient les modalités d’examens. À Toulouse, les rattrapages n’existent plus à l’université Jean Jaurès/du Mirail, et à Paul Sabatier. Pour les étudiants de Paris 1, la présidence prévoit un projet encore plus offensif pour la rentrée 2025, mêlant suppression des rattrapages mais aussi des partiels ou de la compensation. Des réformes de la sélection ont également été menées à Strasbourg. 

Ces réformes sélectives dictés par le gouvernement et mise en place par les présidences d’université, visent à libéraliser davantage l’université. L’objectif : transformer certaines universités des établissements d’élite, débarrassées des étudiants précaires qui seront forcés de rejoindre des facs « poubelles » ou des formations professionnalisantes. 

Le cas de Sorbonne Université est particulièrement éloquent : l’université était citée comme « établissement pilote » pour le nouveau projet d’autonomie des établissements du supérieur, porté par Sylvie Retaillaud (Ministre de l’Enseignement du Supérieur et de la Recherche). Dans ce contexte et au regard de l’ensemble du plan de la présidence, les choses sont claires. L’objectif est une sélection toujours plus large et violente des bancs de l’université, pour dégager de la place aux étudiant-es des classes prépas ou des grandes écoles. Le tout sur le dos des plus précaires, des étudiants boursiers et des étudiants travailleurs.

Pour construire l’opposition à la suppression des rattrapages, et lutter contre ce projet de sélection à la Sorbonne Université signe la pétition


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