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Militer n’est pas un crime ! Relaxe pour Victor et Roga, réprimés pour s’être mobilisés contre la sélection

Les soutiens rassemblés devant la cour d’appel de Versailles, où devait se tenir le procès en appel de ces deux étudiants mobilisés, dénoncent la criminalisation du mouvement social. Le procès a été renvoyé, rendez-vous est donc pris pour le 13 octobre prochain : solidarité face à la répression !

jeudi 6 février

Alors qu’ils s’étaient mobilisés au printemps 2018 contre l’instauration de la sélection à l’université, Victor, Roga et l’ensemble des étudiants mobilisés ont dû faire face à une répression administrative et policière décomplexée. À Nanterre, le président Jean-François Ballaudé, après avoir fermé administrativement la fac, a fait entrer la police dans l’enceinte de l’université pour déloger brutalement les étudiants réunis en Assemblée générale. Interpellés à cette occasion, Roga et Victor ont été condamnés respectivement à 6 mois de prison fermes et à 4 mois de prison avec sursis. Ces condamnations scandaleuses témoignent de la volonté d’en faire des exemples afin d’intimider l’ensemble des personnes qui se mobilisent.

Ce procès politique est ainsi un autre élément parmi l’arsenal des politiques répressives. Il résonne tout particulièrement à l’heure où le mouvement social contre la réforme des retraites subit une vague de répression judiciaire et administrative, à coups de procédures disciplinaires notamment, et qu’une répression policière s’exerce sur les piquets de grève, sur les facs ou devant les lycées.

Les violences policières, Roga ne les connaît que trop bien : « Je vis dans les quartiers pop, j’ai déjà été, quand j’étais plus jeune, violenté. Maintenant, les méthodes policières ont changé : jusque là c’était le laboratoire des quartiers populaires qui était expérimenté et maintenant c’est dans les milieux militants, syndicaux, des Gilets Jaunes que la répression s’abat aussi », témoigne-t-il.

« Aujourd’hui ils veulent criminaliser clairement le mouvement social. Il y a la possibilité d’infliger une défaite historique au gouvernement de Macron, non seulement avec sa réforme des retraites mais sur toute sa ligne puisqu’on a des salariés de plein de professions différentes et la jeunesse qui est mobilisée ou qui commence à se mettre en mouvement. Si tout cela coagule on peut vraiment mettre un coup d’arrêt à Macron et sa clique. Et s’ils sortent l’arme des tribunaux et de la police c’est bien évidemment pour tenter de freiner tout ça », précise Victor.

« On considère évidemment que c’est un procès politique, abonde Dimitri Monforte, son avocat. On a des jeunes qui se sont réunis dans leur université en assemblée générale et qui se sont fait interpellés par la police alors qu’ils n’avaient rien fait. Ils étaient dans leur université, ils avaient bien plus leur place à l’endroit où ils ont été interpellés que les forces de police qui les ont interpellés. De ce point de vue là il est évident que c’est politique, que ça visait à mater la mobilisation par la répression ».

Selon lui, le renvoi du procès témoigne de l’importance que la cour d’appel elle-même accorde à cette affaire : « la cour d’appel elle-même avait le souhait que cette affaire, compte tenu de son importance soit jugée non pas par un magistrat unique mais par trois magistrats, ce qu’on appelle la collégialité ».

Face à la répression, la solidarité des travailleurs et des étudiants est fondamentale. Pour Victor et Roga à qui nous témoignons tout notre au soutien, mais aussi vis-à-vis de l’ensemble de la classe ouvrière et des étudiants. Se mobiliser aujourd’hui en soutien à tous les réprimés c’est refuser de laisser la criminalisation du mouvement social se banaliser, et c’est affirmer notre droit à nous battre pour de meilleures conditions de vie.

Rendez-vous le 13 octobre prochain, devant la cour d’appel de Versailles pour le procès en appel de Victor et Roga !




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