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Politique

Mort pour avoir téléphoné au volant

Mort de Cédric Chouviat : Mediapart révèle des vidéos qui témoignent des violences policières lors de l’interpellation

Médipart révèle des images qui démentent la première version des forces de l’ordre, qui omet la violence de l’interpellation. Ce vendredi 3 janvier, Cédric, 42 ans, est décédé suite à son interpellation. Il a été interpellé alors qu’il conduisait son scooter.

mardi 7 janvier

Vendredi 3 janvier, dans la matinée, Cédric, un livreur de 42 ans, est interpellé par la police sur le quai Branly alors qu’il téléphonait en conduisant son scooter. Quelques instants plus tard, il est conduit en urgence à l’hôpital et il décèdera dans la nuit de samedi à dimanche.

Selon son avocat, Maître Arié Alimi : « Il est probable que le cerveau de Cédric n’ait pas été suffisamment oxygéné pendant quelques minutes, ce qui ouvre plusieurs hypothèses, comme un plaquage ventral, ou une clé d’étranglement. Nous avons toutes les raisons de croire, en tout cas, qu’il ne s’agit pas d’un arrêt cardiaque spontané, mais provoqué. »

Selon Médiapart, "la version policière, citée par Le Parisien et LCI, aux alentours de 10 heures, contrôlé sur son scooter « en train de téléphoner », Cédric aurait été « irrespectueux et agressif ». Les policiers décident alors de l’interpeller pour outrage. Il aurait résisté, et une fois menotté, aurait fait un « malaise cardiaque »".

Avant de continuer, "les vidéos que Mediapart a pu se procurer ne corroborent pas cette version des faits. C’est en effet une tout autre réalité que divulguent les images. Lors du contrôle — et avant d’être mis au sol —, Cédric n’agresse pas les agents mais les filme. Encore casqué, il est plaqué au sol sur le ventre par trois policiers qui persistent à se maintenir sur lui alors qu’il montre des signes d’épuisement."

Anaïs, la femme de Cédric et mère de leur cinq enfants réclame la vérité sur la mort de son mari : « J’aimerais répondre à mes enfants et leur donner une explication. Je voudrais pouvoir leur expliquer pourquoi, comment mon mari, alors qu’il était tout bêtement en train de travailler, pourquoi aujourd’hui il n’est plus avec nous alors que l’on a besoin de lui et qu’on était heureux. »

L’IGPN a été saisie vendredi pour enquêter sur la responsabilité des policiers, cependant cette institution en ayant blanchi les tueurs de Steve, Adama, et de Zineb Redouane, ne peut être vue comme une réponse adaptée à l’énième mort entre les mains de la police. Une mort qui laisse derrière elle non seulement une famille meurtrie mais aussi la douleur de l’injustice et de l’impunité, que vivent la majorité de la population.




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