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Mozambique : La France en première ligne de l’exploitation de gaz et du désastre écologique

Au Mozambique, les ressources de gaz à exploiter aiguisent les appétits. La France est en première ligne, au mépris de toutes considérations écologiques, par le biais des banques et de la Caisse des Dépôts, pour exploiter le filon.

mercredi 2 décembre 2020

Ce Mardi 1e décembre, le journal Les Echos révèle la participation financière active de la Caisse des Dépôts dans un projet d’extraction de gaz, baptisé "Coral South" et situé sur le continent Africain, dans les eaux du Mozambique.

Un rapport datant du 15 Juin 2020 signé "Les Amis de La Terre" fait observer qu’entre 2005 et 2013 un volume de 5000 milliard de m3 de gaz a été découvert au large du Mozambique. De quoi attiser l’appétit des grandes puissances impérialistes, et en premier lieu de la France. Trois projet de développement d’infrastructures sont alors en cours : Mozambique LNG, Rovuma LNG et Coral South FLNG. L’investissement total prévu s’élève à 50 milliards de dollars. L’Etat français, fortement impliqué dans certains de ces projets, fait fi des impacts écologiques liés à l’industrie des énergies fossiles ainsi qu’à l’impact social induit par le déplacement des populations que provoquera l’installation de ces infrastructures.

Pour preuve, la Caisse des Dépôts et Consignation (CDC) qui est une institution financière française publique, dont la SFIL - banque publique de développement Française et filiale de la CDC – participe sous forme de refinancement à hauteur de 148 millions d’euros au projet "Coral South". A ses côtés Bpifrance, un autre organisme de financement public français présidé par la Caisse des dépôts, finance le projet à hauteur de 450 millions d’euros. L’Etat français participe alors à ce projet controversé en donnant 598 millions d’euros sur les 7,4 milliards investis : soit 10% du projet.

Greenwashing et politique écocide

Il semble que cette implication de l’état dans le financement d’énergie fossile soit monnaie courante : la député écologiste Delphine Batho explique que sans le soutien de l’Etat, nombre de projets décriés écologiquement ne pourrait voir le jour. En effet, les banques privées se montrant réticentes faces aux facteurs de risques de ses projets préfèrent parfois rester en retrait, nécessitant ainsi un financement public.

Au regard des nombreuses déclarations du gouvernement en faveur d’une prise de conscience écologique, l’exemple concret de cette exploitation écocide au Mozambique - au même titre que les tergiversations autour du glisophate ou bien encore la ré-autorisation du néonicotinoïdes, cet insecticide tueur d’abeille en août dernier - démontre que les discours écologistes du gouvernement ne sont que des postures de façades. Et ceci à tel point que l’Etat en vient à se contredire légalement, sacrifiant ses propres règles sur l’autel des profits : la CDC rend des comptes directs à une commission gérée par le Parlement et est régie par l’article L.518-2 du "Code monétaire et financier", qui stipule qu’elle est censée agir sur le développement économique local et national notamment dans le domaine du développement durable.

La crise écologique est désormais un sujet phare au sein du vaste espace politique. Les diverses prises de parole d’Emmanuel Macron prennent parti en faveur d’une responsabilisation des Etats et des banques concernant les financement qu’elles effectuent. Plus d’énergie renouvelable, moins de projets polluants. Pour autant, l’Etat français se retrouve à financer des projets lourds en conséquences écologiques et humaines. Que dire de cette contradiction ? Les grandes entreprises et les dirigeants politiques qui les défendent, dont l’inexorable objectif est d’accumuler du profit, nous prouvent une nouvelle fois que ce n’est pas de leur fait qu’adviendra une solution pour sortir de la catastrophe écologique. Tout au contraire, l’urgence écologique actuelle démontre que le capitalisme vert ne peut mener que droit dans le mur. Pour ouvrir à une alternative, à la fois réaliste et à la hauteur des enjeux, il s’agit de rompre avec le modèle de production capitaliste, pour une société qui base son modèle productif sur les besoins et non plus sur les profits. En d’autre terme, il s’agit de porter haut et fort une écologie anticapitaliste et révolutionnaire !




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