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Politique

"Rien n'a changé, sauf le prix du mètre carré."

Noailles : marche de colère un an après les effondrements

Le 5 novembre 2018, trois immeubles municipaux s'effondraient dans le quartier de Noailles, l'un des plus pauvres du centre de Marseille, causant la mort de huit personnes. Un an après, les différents collectifs formés à la suite du drame décident d'organiser une marche de la colère, exigeant justice et vérité.

lundi 4 novembre

Crédit photo : LOÏC AEDO/ BPM / AFP

Source : https://www.facebook.com/events/2101426353485049/

Marche 1 an après les effondrements, commémorer ? Non, le 5 novembre 2018 n’est malheureusement pas fini...

Samedi 9 novembre, à 15h au Métro Notre Dame du Mont / Cours Julien aura lieu le départ de la grande marche “1 an après les effondrements”. Cela aurait pu être une marche blanche, comme exactement il y a un an déjà, mais ce sera une marche de la colère. De toutes les colères urbaines. Parce que la destruction du “Marseille populaire” n’a pas commencé le 5 novembre à Noailles. Depuis bien longtemps les autorités locales mènent une guerre sans relâche contre les populations précarisées du centre-ville et des quartiers : Euromed 1 (Rue de la république, la Joliette vidée et rasée), Euromed 2 (casse du marché aux puces, remplacement des populations et des activités aux Crottes ou à Bougainville), les plans de requalification de la SOLEAM (La Plaine notamment), les vagues de délogement couplées à une spéculation immobilière sans scrupule et sans borne, l’abandon des cités avec dernièrement le cas de la Maison Blanche incendiée, le circuit infernal pour les sans-papiers ou les plus pauvres entre campement-expulsion-squat-expulsion-marchand de sommeil...

Oui, nous honorerons les martyrs de la rue d’Aubagne. Tué.es à cause de la chute d’un immeuble MU-NI-CI-PAL (propriété de Marseille Habitat), signalé par des tas d’expert comme “en situation d’effondrement imminent” depuis plus de 5 ans. Tué.es parce que leurs proprios (des élus rappelons-le, dont Xavier Cachard, l’avocat de Renaud Muselier, des syndics foireux, certainement liés à des sociétés immobilières, que l’on retrouve dans de très nombreux cas d’expulsion-délogement comme Porte d’Aix) ont laissé pourrir les habitations, pour se goinfrer encore plus de pognon. Les 8 de la rue d’Aubagne ont été purement et simplement assassiné.es. La guerre aux pauvres dans la ville de Marseille est sanglante.

Et, comme à l’accoutumée dans ce genre de situation, pour maintenir leurs privilèges et se protéger, les responsables du massacre se planquent derrière des armées de flics. Qui n’ont eu de cesse de tabasser, ratonner. Et de tuer encore. Zineb Redouane, habitant.e de Noailles. La brutalité policière débridée a également contribué à exacerber les violences sexistes des milices privées qui défendent les chantiers et les lieux de pouvoir. Un an de répression tous azimut, banalisée et élargie à l’ensemble de la société révoltée, avec comme seule réponse des coups, des arrestations, des condamnations, des emprisonnements, chaque week-end de protestation. Quand certains collectifs militants et des délogé.es ont patiemment joué le jeu de la cogestion avec les autorités métropolitaines et étatiques (Fructus, Ruas, Préfet, ministre du logement...), ces derniers se sont bien marrés de tant de gentillesse... puis se sont littéralement torchés avec la prétendue “Charte du relogement” à la première occasion ! Pas un seul n’a démissionné !
Depuis le 5 novembre : 4000 délogé.es, 359 immeubles expulsés dans des tas de quartiers. Rien n’a changé, sauf le prix du mètre carré.

Avouez qu’il y a de quoi être en colère, non ? Le mot est faible...
Alors depuis un an, on s’est serrés les coudes : assemblées de quartier, collectifs d’habitant.es, squatteurs, gilets jaunes, syndicalistes, exilé.es en révolte ici pour leurs frères et soeurs qui se battent au pays. Toi et moi. On a tenté de sortir la tête du nuage de lacrymo. On a lancé l’occupation de dizaines de logements vides, des petits et des très grands comme St Just, on a réoccupé nos places publiques éventrées par les chantiers du nettoyage social, on s’est rencontré entre quartiers, on a ouvert une Maison du peuple et d’autres espaces occupés et autogérés, on a continué l’accueil des exilé.es tant bien que mal, on a manifesté, beaucoup, discuté beaucoup aussi. On a fait la fête aussi, dansé. On s’est donné la force.

ON SERA A NOUVEAU PRESENT.ES ENSEMBLE SAMEDI 9 NOVEMBRE DANS LA RUE.

CAR S’IL EST UN MOMENT HISTORIQUE QUI A ETE RATE C’EST BIEN CELUI DU RENVERSEMENT DES RESPONSABLES DU MASSACRE.
GAUDIN, VASSAL, FRUCTUS, RUAS, CHENOZ, NUNEZ, CASTANER... : DU SANG SUR VOS MAINS, DANS VOS BOUCHES DES CADAVRES.
VOUS VOULEZ NOUS CHASSER ? NOUS VOUS CHASSERONS.


UN AN APRÈS

Grande marche en soutien à toutes les victimes, pour un logement digne, pour toutes et tous

Nous approchons d’une date historique, celle des effondrements de la rue d’Aubagne le 5 novembre dernier, qui ont fait 9 victimes. Fabien, Simona, Marie-Emmanuelle, Cherif, Niasse, Ouloume, Taher, Julien et Zineb, décédée suite à la répression policière. Près de 4000 personnes ont été délogées depuis, s’ajoutant à toutes les autres victimes du mal logement.

Les habitant.es, collectifs et associations n’ont depuis cessé, tous les jours, d’appeler et d’agir pour que le droit à la ville pour toutes et tous soit enfin respecté et que le mal logement et l’hébergement inconditionnel soient enfin considérés par les pouvoirs publics. Malgré l’urgence, aucune réponse à la hauteur des enjeux, mais une violence institutionnelle, un mépris de classe et une ville vendue depuis trop longtemps aux promoteurs immobiliers. Les habitant-es en sont les victimes, contraints de dormir dans des logements indignes propriétés de marchands de sommeil.

Retrouvons-nous par solidarité aux familles et leurs proches, dire d’une seule voix le refus de ce mépris et de cette violence institutionnelle et sociale et réaffirmer notre volonté d’une Marseille, vivante, populaire, accueillante !

Nous, citoyen.nes de toutes nationalités, collectifs, associations, syndicats, quelque soit nos luttes et par delà nos différences, appelons à s’unir pour une justice sociale et écologiste, pour la vérité, la justice et la dignité de toutes et tous. A nous de décider si ce moment doit entrer dans l’histoire de notre ville.
Répondons présent.es, aux côtés des proches des victimes
Rendez-vous samedi 9 novembre à 15h au cours julien, devant le métro Notre Dame du Mont

NI OUBLI, NI PARDON,PLUS JAMAIS ÇA, AGISSONS !


Premiers signataires

Alternatiba Marseille, AMPIL, ANC, Assemblée de la Plaine, Association Accueil de Jour Marseille, Association des usagers des bibliothèques de Marseille, BDS France – Marseille, CGT Educ action 13, CNT-SO, Collectif d’Air-Bel "il fait bon vivre dans ma cité" , Collectif de la Cabucelle, Collectif des écoles du 3ème arrondissement, Collectif des écoles de Marseille, Collectif des États généraux de la Culture, Collectif des habitants organisés du 3ème, Collectif du 5 novembre - Noailles en colère, Collectif habitants de Maison Blanche, Collectif Mémoires en Marche, Conseil citoyen du 1/6, DAL Marseille, des militants d’extinction rébellion, Didac’ Ressources, Emmaüs, Etats généraux des migrations, FSU13, FUIQP Sud, Gilets Jaunes du Toursky, Groupe de Veille Busserine, L’art de vivre, La marche mondiale des femmes 13 PACA, Les amoureux des bans publics, Les Co-citoyens, Ligue des Droits de l’Homme Marseille, Marseille féministe, MRAP 13, Osez le Féminisme ! 13, Quartiers Nord/Quartiers Forts, RESF 13, Salariés du McDo St Barthélémy, Santé sans frontière – MadOhane, Solidaires 13, Sud éducation 13, Syndicat des Quartiers Populaires de Marseille, UD CGT 13, UL CGT Centre-Ville, Un Centre-Ville pour Tous…




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