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Offensive anti-sociale. Le gouvernement se prépare à imposer la réforme de l’assurance-chômage avant le 1er octobre

La réforme de l’assurance chômage devrait prendre effet ce 1er octobre. Selon Médiapart le gouvernement préparerait un nouveau décret pour accélérer la mise en application de la réforme. Face à cette offensive anti-sociale d’ampleur, la question d’un plan de bataille à lui opposer exige des réponses urgentes.

mercredi 15 septembre

Le gouvernement veut passer en force pour la réforme de l’assurance chômage

Le 12 juillet dernier, Emmanuel Macron annonçait à l’occasion de son allocution présidentielle sa volonté de mettre en place rapidement la réforme de l’assurance chômage. Une annonce qui tend à se confirmer ces jours-ci, puisque le 8 septembre dernier Jean Castex en faisait un objectif “absolument indispensable”.

Plusieurs fois reportée cette année, et retoquée par deux fois par le Conseil d’Etat, cette fois le gouvernement semble être décidé à mettre en vigueur sa réforme jusqu’au bout. Comme l’explique Mediapart dans son émission À l’Air Libre, à la suite du recalage du nouveau mode de calcul des allocations chômage par le Conseil d’État le 22 juin dernier, le gouvernement avait très rapidement prévu un nouveau calendrier pour publier un nouveau décret en laissant le moins de marge de manœuvre possible aux syndicats.

Un nouveau décret serait donc à l’ordre du jour et il semblerait que le gouvernement joue habilement sa partition. Ainsi comme le note Médiapart : « Le nouveau décret sera certes présenté en amont à la section sociale du Conseil d’État, mais l’avis de l’institution sera uniquement consultatif. La juridiction administrative ne pourra se prononcer sur une nouvelle suspension que si elle est saisie en urgence par les syndicats. Mais encore faudrait-il qu’ils aient le texte en main, afin de préparer leur recours… ». Un scénario que la macronie ferait tout pour éviter en ne présentant pour l’instant aucune mouture calendaire pour éviter de dévoiler son jeu trop vite.

Ainsi si le texte devrait rester sur le fond identique, l’enjeu est bien de couper l’herbe sous le pieds des syndicats. Rappelons que si le Conseil d’Etat avait suspendu le texte en juin dernier, la justification reposait alors sur « les incertitudes sur la situation économique », alors que les nouvelles règles de calcul « pénaliseront de manière significative les salariés » en contrats courts, mais le fond du texte n’était lui pas amendé. Or comme le note Elisabeth Borne le contexte économique a changé et la présentation du texte sera d’ailleurs précédée selon Médiapart d’une « ’une note de conjoncture qui démontre et argumente, sur la base des études statistiques et économiques dont nous disposons, que la situation économique et celle du marché de l’emploi [sont] plutôt favorable[s] à l’entrée en vigueur de ce SJR ».

Chasse aux chômeurs et précarisation des pauvres pour “inciter à trouver un emploi”

Le gouvernement compterait donc enjamber la décision du Conseil d’Etat, en publiant un nouveau décret pour une application dès le 1er octobre. C’est que pour Macron à quelques mois de la fin de son quinquennat il s’agit de reprendre le train des réformes et par là même de donner des gages à la bourgeoisie et à la droite sur sa capacité à réformer. Si le Conseil d’État doit encore valider le fond du texte cet automne, l’exécutif a accéléré les hostilités envers les bénéficiaires de ces allocations, et notamment en direction des plus précaires. Pour rappel selon l’Unédic, 37% des futurs chômeurs sont concernés par la réforme et par la perte en moyenne 24% de leurs allocations, et près de 400 000 bénéficiaires perdraient jusqu’à 40% de ce qu’ils touchaient.

D’autant plus qu’à cela vont s’accompagner d’autres mauvaises nouvelles pour les chômeurs. Selon Mediapart, en mars dernier, le gouvernement avait conditionné à la reprise économique la mise en application d’autres mesures de durcissement des règles de l’assurance-chômage, notamment le recul de quatre à six mois de la durée de travail nécessaire pour pouvoir commencer à toucher une indemnité.

Pour justifier la remise à l’ordre du jour de la réforme de l’assurance chômage, Jean Castex rejoue la traditionnelle partition patronale et s’inscrit à plein temps, dans le discours de la droite sur les “dérives de l’assistanat” comme “cancer de la société française” et frein à la recherche d’un emploi. Un discours nauséabond qui met la responsabilité sur les chômeurs de leur non-recrutement et fait peser sur les secteurs populaires le poids de la reprise économique. Promise au MEDEF par Bruno Lemaire, cette réforme arrive en pleine crise économique pour forcer la reprise et sortir du « quoi qu’il ’en coûte ».

Face à cette offensive : préparer la riposte

Face à cette nouvelle attaque d’ampleur contre les plus précaires et l’ensemble des travailleurs, il est plus urgent que jamais de préparer une riposte à la hauteur. Mais pour l’instant, les centrales syndicales se cantonnent à mener la bataille sur le terrain juridique. Si les déclarations d’intention se succèdent « Nous allons attaquer, c’est évident », affirment de concert la CGT et FO. « J’ai prévenu la ministre. Je lui ai dit “On ne vous lâchera pas !” », lance Michel Beaugas, de FO » la dynamique n’est pas à la construction d’un rapport de force dans la rue et ce dans la continuité des pratiques syndicales depuis la parution du premier texte de la réforme. Ainsi au lendemain de la décision du Conseil d’Etat de suspendre la réforme, le secrétaire général de la CFDT s’était félicité d’une « démonstration d’un syndicalisme utile » à l’opposé de toute action sur le terrain des luttes auxquelles la centrale syndicale s’est jusqu’ici refusé à participer pour faire face à cette attaque.

Du côté de la CGT, tout en prenant part aux mouvements d’occupation des théâtres au printemps dernier contre l’assurance-chômage, la confédération a continué à participer à toutes les concertations organisées par l’exécutif sur le sujet. Elle lui a ainsi servi de caution dans les négociations plutôt que de chercher à construire un plan de bataille qui mobilise l’ensemble de notre camp social, tout en suspendant toute perspective de lutte au résultat du recours mené devant le Conseil d’État.

Pourtant, pour en finir véritablement avec cette contre-réforme nous ne pourrons faire l’économie de la construction d’un rapport de force. Le seul horizon de lutte donné aux travailleurs et aux chômeurs par les directions syndicales a pour l’instant été la saisine du conseil d’État, donnant la perspective d’un combat qui se mène par le haut et par les institutions. Pourtant c’est bien le fait de construire un tous ensemble dans la rue et sur nos lieux de travail qui permettra de faire reculer le gouvernement et renvoyer sa réforme anti-sociale aux oubliette.




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