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Xénophobie d'Etat

Offensive raciste : Attal veut conditionner l’accès aux allocations à 9 mois de résidence en France

Mercredi, le ministre délégué aux comptes publics Gabriel Attal a déclaré vouloir durcir les conditions d’accès aux allocations sociales notamment en augmentant la durée de présence sur le territoire français pour y avoir accès. Avec cette proposition, le gouvernement continue sa chasse aux pauvres et aux immigrés.

Maëva Amir


et Léo Stella

10 mars 2023

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Mercredi dernier, le ministre délégué aux comptes publics Gabriel Attal, a déclaré vouloir s’attaquer aux minimas sociaux et aux allocations sociales. Il souhaite durcir les conditions d’attribution de ces aides en imposant un critère de résidence d’au moins 9 mois dans l’année sur le sol français. Derrière le prétexte d’une « harmonisation » des critères en vigueur, ce n’est en réalité qu’une attaque de plus contre les plus précaires et en particulier contre les immigrés.

En effet, dans le système actuel, il faut déjà 6 mois de résidence minimum pour toucher les allocations familiales, 8 mois de résidence pour les APL et 9 mois de résidence pour le RSA. Des critères qui précarisent déjà en premier lieu les personnes immigrées qui viennent d’arriver en France ou celles qui veulent s’absenter quelques mois dans leurs pays d’origine, par exemple à la retraite, et que Attal se propose de durcir encore. De plus, sur proposition du sénateur les Républicains Bruno Retailleau, ce durcissement pourrait s’étendre également au minimum vieillesse dans le cadre du projet de réforme des retraites. C’est une attaque à peine voilée contre les immigrés résidant en France, susceptibles de retourner dans leur pays d’origine une partie de l’année.

Pour concrétiser ce durcissement, Gabriel Attal veut intensifier la chasse aux précaires en proposant d’ouvrir l’accès aux fichiers des passagers des compagnies aériennes (PRN) afin de traquer la présence sur le sol français des bénéficiaires d’allocations et de minimas sociaux. Toutes ces propositions font parties du « plan de lutte contre les fraudes », qui devrait être présenté dans les prochaines semaines. Dans ce cadre, l’interdiction du versement des allocations sur des comptes bancaires non-européens avait par exemple était annoncée par Gabriel Attal en octobre dernier, une mesure qui vise explicitement les immigrés extra-européens.

Toute cette offensive s’inscrit la droite lignée de cette chasse à ladite « fraude sociale », sur fond de rhétorique anti-immigrés et marque une nouvelle main tendue vers la droite et l’extrême droite de la part d’un gouvernement qui fait la guerre aux précaires et aux immigrés. Un argumentaire profondément réactionnaire qui vise à toujours plus isoler, précariser et réprimer ces derniers en les présentant comme responsables de l’austérité orchestrée par le gouvernement, alors que le patronat annonce des profits records sur fond d’inflation.

Par ailleurs, du fait de leur surexposition à la pauvreté et au chômage due aux discriminations raciales structurelles, une part importante des immigrés doivent se contenter des minimas sociaux pour survivre. Dans un contexte d’inflation ces nouvelles propositions sont criminelles. Elles s’articulent avec la rhétorique raciste du Rassemblement National qui présente les immigrés comme prétendument responsable d’une dite « fraude sociale ». Cette rhétorique permet ensuite de justifier le durcissement de l’accès aux minimas sociaux, y compris pour les nationaux.

Cette énième attaque du gouvernement s’inscrit dans un contexte d’offensive anti-sociale avec une composante raciste particulièrement abjecte : réforme du chômage, réforme des retraites mais aussi loi immigration. Autant d’attaques qui toucheront les plus précaires et particulièrement les immigrés.

Alors que le mouvement contre la réforme des retraites bat des records dans la rue, le gouvernement poursuit ses offensives. Pour le contrer, il faut unifier notre camp social et répondre aux problèmes immédiats de notre classe en mettant sur la table un programme offensif, qui s’oppose de manière claire aux attaques racistes et anti-sociales du gouvernement. Il faut exiger par une grève politique contre Macron et son monde : la retraite à 60 ans et à 55 ans dans les métiers pénibles sans condition d’annuité, le retrait de la loi immigration et la régularisation des sans-papiers mais aussi l’augmentation immédiate et l’indexation des salaires et des minimas sociaux à l’inflation.


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