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Politique

Gestion autoritaire de la crise

Pass sanitaire dans les trains : la SNCF veut que les cheminots fliquent les voyageurs

Suite aux annonces de Macron concernant la mise en place d’un pass sanitaire, applicable aux trajets longues distances, la SNCF décide de s’aligner. Des contrôles aléatoires et massifs sont prévus lors de l’embarquement à bord des trains, afin d’accompagner la mesure autoritaire du gouvernement.

vendredi 23 juillet

Le 12 juillet, Macron annonçait la mise en place du pass sanitaire, franchissant un nouveau cap dans la gestion autoritaire de la crise sanitaire. Le pass sanitaire sera donc également appliqué aux transports longues distances, c’est-à-dire les TGV, Intercités et trains de nuits. À compter de début août, les usagers devront se munir obligatoirement de leur pass sanitaire pour voyager.

Dans le cadre de cette annonce, la direction de la SNCF accompagne de bon cœur le gouvernement. En effet, l’entreprise ferroviaire a annoncé dans un communiqué qu’elle prévoit de mettre en place des « contrôles aléatoires et massifs », dans les trains pour concrétiser l’obligation du pass sanitaire. La notion de « contrôle aléatoire » laisse une brèche à des contrôles au faciès et à l’arbitraire policier, comme le dénonce sur Twitter la militante anti-raciste Sihame Assbague. Le PDG de la SNCF Voyageurs Christophe Fanichet a précisé sur RTL que les contrôles se feraient « à quai avant l’embarquement, à bord et même au débarquement du train, un peu comme pour les billets de train. »

Dans son communiqué, la direction de la SNCF précise que ces contrôles seront effectués « par des agents SNCF de différents métiers et pourront bénéficier de l’appui des forces de l’ordre, en particulier lors des périodes de pointe ». Alors que les cheminots concernés ont appris la nouvelle par voix de presse, il s’agit donc d’une nouvelle charge de travail qui vient s’ajouter pour les agents à quai et à bord, à mille lieues de ce qui constitue le cœur de leur métier. Une décision de la SNCF qui s’aligne sur la politique répressive et autoritaire du gouvernement, et qui exige de cheminots dont le rôle premier devrait être le service aux voyageurs de jouer les flics en gare et dans les trains.

Une mesure qui s’inscrit dans la continuité de la privatisation de la SNCF, ayant entraîné la suppression de nombreux postes et l’exigence d’une polyvalence toujours plus grande de la part des agents restant. Alors que les contrôleurs dénoncent déjà contre les nouveaux dispositifs d’embarquement à bord des TGV qui accroît leur charge de travail, il y a fort à parier qu’il refuseront de jouer les flics au service de Macron en prime. Il est inacceptable que ces agents du service public jouent le rôle de flic aux côtés de la SUGE et autres forces de répression.

Comme dans de nombreux autres secteurs qui trouvent en première ligne depuis le début de la pandémie – et en particulier le personnel soignant – les agents d’escale et les contrôleurs sont sous le coup de l’obligation du pass sanitaire pour les salariés en contact avec le public, applicable dès fin août. En effet, les cheminots s’exposeront à des sanctions s’ils ne peuvent ou ne veulent pas se munir du pass sanitaire : c’est une atteinte sans pareil au droit du travail.

La stratégie du gouvernement est encore une fois de faire le choix de l’autorité avec cette obligation vaccinale qui n’en dit pas le nom. Si le but de cette mesure est d’éviter les contaminations inter-régionales, ce n’est pas ces contrôles qui referont redescendre la courbe des contaminations. En effet, le risque de transmission dans les transports publics réside plutôt dans les trajets courts et quotidiens (TER et RER), là où les trains sont les plus bondés par les personnes se rendant au travail ou sur leur lieu d’études. Pourtant à ce niveau-là, aucun moyen n’est pris depuis le début de la crise par le gouvernement et les directions syndicales se font particulièrement discrètes. Plutôt que des mesures autoritaires inefficaces sur le long terme, les services publics comme le secteur du transport ont besoin de plus de moyens, pour embaucher massivement, multiplier les rames de trains aux heures de pointe, et permettre ainsi une meilleure gestion de la crise sanitaire.




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