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Société

Chasse anti Gilets Jaunes

Police anti-Gilets jaunes. A Paris trois personnes verbalisées, dont une pour port de masque jaune

Samedi dernier, trois personnes ont été verbalisées par la police pour avoir porté une écharpe, un masque, et un gilet jaune. La police a invoqué un arrêté interdisant toute manifestation se revendiquant du mouvement des Gilets jaune.

mercredi 31 mars

Décidément, les Gilets Jaunes hanteront pour toujours les classes dominantes et leur police, en particulier la préfecture de police de Paris. Samedi 27 mars, trois personnes qui marchaient sur les Champs-Élysées ont été verbalisées par la police pour avoir porté des vêtements aux couleurs du fameux gilet jaune... Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux par la page syndicats jaunes, on peut voir trois personnes entourées de plusieurs policiers annonçant des verbalisations selon un arrêté en date du 23 mars 2021 interdisant tout rassemblement « se revendiquant du mouvement des « gilets jaunes » ». Pour la préfecture de police « ces trois personnes ont été verbalisées parce qu’elles portaient des signes distinctifs de sympathisants "gilets jaunes" », selon des propos recueillis par 20 minutes.

Un arrêté qui constitue une attaque profondément liberticide qui vise directement le mouvement des gilets jaunes et le droit de manifester et qui s’étend même au-delà. En effet dans la vidéo on peut entendre une femme déclarer être venue avec ses amis observer l’exposition « chat de Geluck » après avoir participé à la manifestation déclarée en préfecture ce jour-là entre Bercy et Mirabeau. Les personnes ont donc été verbalisées au motif de porter respectivement un gilet jaune, un masque jaune et une écharpe jaune…

Lors du contrôle alors qu’une des personnes tente de filmer pour dénoncer cette répression, uns des policiers enclenchent une musique non libre de droits afin que la vidéo soit bloquée par la suite sur les réseaux sociaux. Une tentative très claire d’entraver la liberté d’informer et de dénoncer la répression et les verbalisations de ce type.

Contactée par le CheckNews de Libération, Stéphanie P confirme avoir été interpellée samedi avec deux autres personnes vers 17h30 : « C’était sur les Champs-Elysées, une heure après la manifestation autorisée, de Bercy au pont Mirabeau, dont on était codéclarants. Une personne portait un masque en tissu jaune. Un autre avait un drapeau jaune en écharpe. Et moi je portais un gilet jaune, avec l’autocollant de mon syndicat. Les policiers ont pris notre identité, et on attend de recevoir l’amende. »

Une fois de plus, ceci constitue un acte répressif en adéquation totale avec le reste de la politique menée par le gouvernement contre le mouvement des gilets jaunes, au cours duquel des milliers de gilets jaunes ont été verbalisés, mais également matraqués et mutilés à coup de flashball. Une répression qui aura fait 2448 blessés (dont des dizaines de mutilés), 440 incarcérés, 11.000 garde à vues. Ces verbalisations participent donc de cette volonté de réprimer les gilets jaunes, dans la continuité du procès de « l’arc de triomphe » avec lequel le gouvernement a tenté de clôturer un mouvement social et populaire qui n’avait pas autant fait trembler la bourgeoisie française depuis mai 68.




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