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Procédure d’impeachement : la pression augmente sur Trump

Nouveau rebondissement dans l'affaire de l'appel téléphonique entre Donald Trump et le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Soupçonné d'avoir demandé à son homologue ukrainien d'intervenir pour écarter Joe Biden son futur adversaire aux élections présidentielles de 2020, la Maison Blanche aurait tenté d'intervenir pour dissimuler cet appel. Ce nouveau document pourrait accroître la pression sur le président américain.

samedi 28 septembre

Crédit Photo : REUTERS/Jonathan Ernst

C’est un nouvel élément qui pourrait être déterminant dans la crise politique que traversent actuellement les États-Unis. En effet, ce mardi les Démocrates ont lancé une procédure d’impeachment à l’encontre de Donald Trump, soupçonné d’avoir sollicité une intervention ukrainienne pour favoriser sa réelection en 2020. Dans ce document, rendu public ce jeudi, le lanceur d’alerte qui accuse le leader républicain affirme que ce dernier a sollicité l’« ingérence » de l’Ukraine.

Pour rappel, Trump est accusé d’avoir demandé à Volodymyr Zelensky, son homologue ukrainien, d’enquêter sur le fils de Joe Biden, le favori de la primaire démocrate et qui a donc toutes les chances d’être son futur adversaire dans la course à la Maison Blanche dans à peine plus d’un an. Hunter Biden a en effet travaillé chez Burisma, une entreprise ukrainienne du secteur de l’énergie aujourd’hui sous le coup d’une enquête pour corruption.

Le président « a utilisé les capacités de sa fonction pour solliciter l’ingérence d’un pays étranger dans l’élection de 2020 aux Etats-Unis », dénonçait le 12 août dernier un lanceur d’alerte issu des services secrets américains, à propos de cet appel téléphonique. Il affirme qu’ensuite les avocats de la Maison Blanche « sont intervenus pour ’verrouiller’ toutes les archives liées à l’appel téléphonique ». Ils auraient pour cela eu recours à un « système électronique distinct », preuve selon lui que l’administration Trump « comprenait la gravité de ce qui s’était passé ».

La pression pourrait s’accroître pour Donald Trump

La Maison Blanche a tout de suite tenté de minimiser l’affaire par le biais d’un communiqué. « Rien n’a changé avec la publication de ce signalement », peut-on lire car il ne s’agirait que d’une « compilation de récits de troisième main et d’articles de presse, qui ne montrent rien d’inapproprié ». Le président a pour sa part utilisé son mode de communication préféré, Twitter, pour fustiger le camp adverse. « Les Démocrates essaient de détruire le Parti Républicain et tout ce qu’il défend. Serrons-nous les coudes et battons-nous durement les Républicains. L’avenir du pays est en jeu ! », s’est-il exclamé, en capitale dans le texte.

De leur côté, les Démocrates se sont empressés de dénoncer une tentative « d’étouffer » l’affaire, à l’image de Nancy Pelosi. Il faut dire qu’ils tiennent là une opportunité d’accroître la pression sur le président, quelques jours seulement après le déclenchement d’une procédure d’impeachment dont on ne sait pas trop qui pourra profiter à la fin.

À un an des élections présidentielles, Trump a toutefois peu de chances d’être destitué. La Chambre, à majorité Démocrate, pourrait voter l’impeachment dans les mois qui viennent, une fois l’enquête menée à bien. Mais si procès il y a, c’est devant le Sénat qu’il se tiendra. Or la chambre haute, qui décidera en dernier recours, est composée pour sa majorité d’élus Républicains, ce qui réduit les chances d’une telle procédure d’aboutir. Pour autant, la procédure en elle-même – qui n’a abouti qu’à deux reprises dans l’histoire politique américaine, dont la dernière lors de la présidence de Bill Clinton – pourrait tout de même peser dans la campagne présidentielle qui s’annonce.

En effet, si jusqu’à présent Donald Trump a joué la carte du martyr pour mobiliser son électorat derrière lui, la tactique semble à bout de souffle. Les récents sondages montrent en effet qu’un part grandissante de la population américaine serait favorable à cet impeachment. Selon un sondage réalisé ces derniers jours pour NPR, 49% des citoyens y seraient désormais favorables contre 46% opposés. Égalité parfaite à 43% dans une autre étude réalisée pour le site d’analyse politique Politico. C’est respectivement 17% de plus qu’en avril dernier lorsque la question d’un impeachment s’était déjà posée, et 13% de plus que la semaine dernière.




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