^

Monde

International

Que se cache-t-il derrière l’assassinat du principal expert nucléaire iranien ?

Vendredi, les médias iraniens ont rapporté que le scientifique iranien Mohsen Fakhrizadeh avait été assassiné. Bien que les détails autour de l'assassinat ne sont toujours pas connus, cette nouvelle attaque impérialiste contre l'Iran polarise la situation au Moyen-Orient et complique la tâche pour l'administration Biden à venir, qui cherche à restaurer l'accord sur le nucléaire iranien.

mercredi 2 décembre 2020

L’article original de Sam Carliner et Maryam Alain est à retrouver sur Left Voice. Traduit de l’anglais par Ju Angio.

Le 27 novembre, le média d’État iranien annonçait que Mohsen Fakhrizadeh, considéré par beaucoup comme étant la force agissante derrière le programme nucléaire iranien, avait été tué par balle.

Actuellement, on ne sait toujours pas qui est derrière cette attaque contre Fakhrizadeh. Ayant déjà fait assassiner des scientifiques iraniens par le passé et Fakhrizadeh ayant été directement mentionné par le Premier Ministre israélien, Benjamin Netanyahu, durant une conférence de presse en mai 2018 concernant le programme nucléaire Iranien, Israël semble être le principal suspect. Il apparaît aussi que l’attaque avait été soutenue par les États-Unis. Le président Trump a déjà retweeté plusieurs rapports sur l’assassinat.

Israël, avec le soutien des États-Unis, semble tenter de rendre plus difficile un retour au style Obama, celui d’un impérialisme « soft » pour l’administration Biden. Ce dernier a montré son intérêt pour faire revivre l’accord sur le nucléaire iranien comme un moyen d’avancer vers une désescalade dans la région, et peut-être réorienter les ressources qui y sont dédiées vers les autres adversaires des États-Unis comme la Chine. Israël, d’un autre côté, craint la levée de certaines sanctions et le retour à l’accord nucléaire, qui pourraient rendre plus difficile la contention de l’influence iranienne au Moyen-Orient. Malgré l’alliance israélienne avec les faucons du parti Républicain pour poursuivre une politique plus dure envers l’Iran, il apparaît que l’alliance stratégique entre les États-Unis et Israël pourrait être mise de côté, ou tout du moins relativisée, sous l’administration Biden. Une administration qui ne sera, sans aucun doute, pas moins impérialiste que celle de Trump, bien que Biden va maintenant faire face à de sérieux défis avec la nouvelle de l’assassinat de Fakhrizadeh.

Pour l’Iran, l’assassinat a exposé les limites du régime théocratique et répressif iranien avec des chefs militaire iraniens comme Qassem Soleimani. Mahammad Bagheri voit l’assassinat comme un « énorme coup dans l’establishment Défensif de l’Iran ». En Iran, l’assassinat a été perçu comme toute aussi important que l’assassinat par les États-Unis de leur principal général militaire, Qasem Soleimani, plus tôt dans l’année – mais celui de Fakhrizadeh parut plus poignant encore du fait qu’il fut assassiné à l’intérieur du pays. Ces deux assassinats constituent les derniers éléments dans la tactique de « pression maximum » employée par l’administration Trump. Plus notable encore est l’imposition de sanctions États-uniennes dures qui ont étranglé l’économie iranienne. Ces sanctions ont été mortelles pour la partie la plus précaire de la population iranienne. Le leader irannien Ayatollah Seyyed Ali Khamenei a déjà promis des représailles envers « ceux responsables » de l’attaque.

Pas plus tard qu’en septembre, les responsables iraniens avaient indiqué qu’il y aurait des représailles suite à la mort de Soleimani mais la crise intérieure de l’Iran, aggravée par la très forte propagation du COVID au Moyen-Orient, a affaibli l’ensemble du pays.

Parmi les escalades de tensions entre l’Iran et ses adversaires, le pays a d’autres raisons de s’inquiéter. L’administration Trump est en train de jouer le médiateur pour la normalisation des relations entre Israël et les États arabes Sunnites de la région, qui partagent une hostilité commune envers l’Iran.

Israël et l’administration Trump tentent d’affaiblir les chances de dénouements diplomatiques par leur polarisation contre l’Iran, ils continuent d’effectuer des attaques impérialistes en toute impunité. L’impérialisme États-unien, qui va continuer de porter ses intérêts qui que soit le président, doit être dénoncé par ceux qui se réclament du socialisme. Une responsabilité particulière incombe à ceux qui vivent dans les pays impérialistes, qui doivent se ranger en Iran du côté des opprimés et des exploités qui souffrent puissamment des sanctions internationales et de l’approfondissement de la pandémie.




Mots-clés

Soleimani    /    Iran   /    Israël   /    Donald Trump   /    Etats-Unis   /    Monde