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Politique

La police tue

Quinze ans après la mort de Zyed et Bouna : on n’oublie pas, on pardonne pas !

Il y a 15 ans, Zyed et Bouna sont morts électrocutés en fuyant la police. Aujourd'hui "on n'oublie pas, on pardonne pas" et on ne commémore pas non plus simplement un triste anniversaire. On rend hommage à ces deux jeunes et on continue le combat contre cet État, cette police et cette justice racistes. On se bat aux côtés de celles et ceux qui ne veulent plus qu'on ajoute des noms après ceux de Zyed et Bouna. On se bat pour une autre société libérée de toute oppression.

mercredi 28 octobre

Il y a 15 ans, Zyed Benna et Bouna Traoré, deux jeunes âgés de 17 et 15 ans et originaires de Clichy-sous-bois, trouvaient la mort électrocutés, alors qu’ils s’étaient introduits dans les locaux d’un transformateur électrique pour échapper à la police. Ces derniers fuyaient les agents de la Brigade Anti Criminalité. Ils avaient préféré fuir plutôt que de subir un énième contrôle policier et les potentielles violences ou humiliations qui auraient pu suivre, fréquentes contre les jeunes des quartiers populaires.

Vers 17 heures, les deux jeunes accompagnés de leurs amis, rentrent à la suite d’un partie de football. Pour cela, ils traversent un chantier. Un voisin les soupçonnant de ne pas être là par hasard informe la police. La bande de jeunes déguerpit, notamment parce que personne n’a ses papiers. Trois d’entre eux dont Zyed et Bouna s’introduisent dans la centrale EDF, une voiture de police à leurs trousses. Les bandes radios de la police montrent que les policiers n’ont rien fait pour porter secours ou éviter le pire pour ces jeunes, un déclare même : «  En même temps, s’ils rentrent sur le site, je ne donne pas cher de leur peau.  ». Dix minutes plus tard, ils cessent alors leur poursuite sans même penser à leur porter secours, alors qu’ils avaient constaté que les jeunes s’étaient introduits sur le site EDF. Une décharge de 20 000 volt va foudroyer Zyed et Bouna, tandis que Muhittin s’en sortira avec des brulures.

Ces jeunes n’avaient rien fait. Leur seul tort est d’avoir voulu fuir la police, par peur, par habitude de ses sévices aussi. Suite à leur mort, la colère éclate dans les quartiers contre un système policier raciste qui harcèle les jeunes des quartiers populaires. Des émeutes voient le jour dans les banlieues françaises. La seule réponse sera celle de la répression. L’état d’urgence est déclaré le 8 novembre et 6000 personnes seront interpellées. Pour délégitimer le mouvement et dépolitiser les actes des émeutiers, ces derniers seront qualifiés par le ministère de l’intérieur de « délinquants connus », alors que les magistrats du tribunal de Bobigny démentent.

10 ans plus tard, l’ensemble des policiers sont toujours en fonction et le tribunal correctionnel de Rennes relaxe les deux agents qui avaient poursuivi les jeunes garçons, déclarant qu’ils n’avaient jamais eu conscience « de l’existence d’un péril grave et imminent » . A l’époque, l’avocat des deux jeunes hommes avaient déploré l’impunité policière totale.

Aujourd’hui, force est de constater que rien n’a changé. L’impunité fait loi pour une police qui voit chaque jour ses pouvoirs se renforcer sous prétexte de contrôle de la pandémie. Aujourd’hui, alors qu’une partie de la population, dont beaucoup est issue des quartiers populaires, est traquées parce qu’assimilée à des terroristes, nous continuerons de le combat contre cet Etat raciste et contre sa police et sa justice. « On oublie pas et on ne pardonne pas ».




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