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Politique

Tradition coloniale de la police

Racisme. Une affiche Banania placardée chez un policier apparaît pendant une interview

Le porte-parole du syndicat Unité SGP Police s’est affiché sur Cnews avec en arrière-plan un tableau Banania, symbole de l’impérialisme français. Pendant ce temps, le gouvernement s’épuise à défendre son institution de toute accusation de racisme.

mercredi 2 décembre 2020

Dimanche soir, sur Cnews, passait le porte-parole du Syndicat Unité SGP Police Rocco Contento. Derrière lui un tableau de Banania. Rappelons d’abord l’histoire de cette marque, symbole de l’impérialisme français. Son tirailleur noir tenant une cuillère, et son slogan « y’a bon banania » ont fait couler beaucoup d’encre. Senghor, dont on retiendra plus l’œuvre littéraire que politique, écrivait d’ailleurs : « Je déchirerai les rires Banania sur tous les murs de France » dans son recueil Hosties noires.

Que ce genre de choses passe sur une telle chaîne, sans que cela ne gêne, montre bien le racisme endémique hérité du colonialisme enraciné dans la police et relayé dans les médias bourgeois. Suite au tabassage raciste subi par Michel Zecler, on a ainsi pu voir se multiplier les discours visant à individualiser la question du racisme entretenu par l’institution policière, cherchant à poser le problème sous l’angle de la dualité « bon flic » / « mauvais flic ». Darmanin use d’ailleurs allègrement de la rhétorique de la « brebis galeuse » sur les plateaux télé et réaffirmant son « soutien inconditionnel aux forces de l’ordre ».

Or les mobilisations massives contre les violences policières et le racisme d’État de cet été avaient mis à nu le caractère fondamentalement raciste et réactionnaire de l’institution policière. En effet, il ne s’agit pas d’un problème de quelques flics racistes, mais bien du rôle essentiel de l’institution policière dans le maintien d’un ordre social fondamentalement inégalitaire et raciste.

Ce policier et sa décoration d’intérieur incarne ainsi parfaitement la tradition raciste intrinsèquement liée au rôle de la police. Dans le sillage des mobilisations antiracistes de cet été, et dans la période actuellement ouverte par l’opposition massive à la loi de Sécurité globale, il convient de continuer à dénoncer les violences policières et leur dimension structurelle et raciste.




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