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Culture et Sport

RÉPRESSION

Rassemblement interdit à l’Odéon : le gouvernement fait la guerre à la culture

Depuis le 4 Mars, le théâtre de l’Odéon est occupé et des assemblées générales ont lieu tous les jours réunissant occupants et sympathisants. Celle du samedi 3 avril a été interdite par la préfecture de Paris sous prétexte sanitaire et de lutte antiterroriste. Une preuve de plus du mépris du gouvernement pour le secteur de la culture, de nouveau mis à l’arrêt depuis 5 mois. Mais également un coup de pression devant un mouvement d’occupation de lieux culturels qui prend de l’ampleur.

lundi 5 avril

Depuis le jeudi 4 mars 2021, des manifestants, travailleurs de la culture, de l’évènementiel et du tourisme et militants CGT spectacle occupent le théâtre de l’Odéon à Paris. Ils dénoncent la gestion criminelle de la crise par le gouvernement mais également leurs conditions de travail précaires, avec des contrats courts, et une protection sociale inexistante ou très faible. C’est à ce titre qu’ils revendiquent dans leurs communiqués aussi bien l’extension et la généralisation de l’année blanche que le retrait de la réforme de l’assurance chômage.

Alors que le mouvement organise chaque jour à 14h un rassemblement sur la place de l’odéon, celui du samedi 3 avril a été interdit la veille au soir par le préfet Lallemand. L’annonce tardive de l’interdiction empêchant tout recours.
Ce rassemblement devait faire se rencontrer les occupants du théâtre, la manifestation des gilets jaunes et des artistes caribéens dans une protestation commune contre la réforme de l’assurance chômage.
Dans la continuité de la gestion autoritaire et répressive de la crise et avec sa brutalité habituelle, le préfet Lallement a ainsi déployé un impressionnant dispositif policier autour du théâtre, empêchant toute personne (sauf détenteurs de carte de presse ou élu) d’accéder au lieu du rassemblement.

Samedi 27 mars, Didier Lallement avait déjà envoyé les CRS sur le parvis de l’Odéon afin d’empêcher la tenue d’un concert comme le rapporte un article du Canard Enchaîné consigné par le site de l’occupation du théâtre. Les pressions se multiplient ainsi contre le mouvement d’occupation des lieux culturels, qui fleurit depuis un mois et compte actuellement 100 lieux occupés.
Les contraintes sanitaires ainsi que la menace terroriste se retrouvent une fois de plus instrumentalisées et servent de prétextes à la préfecture pour justifier ces interdictions. L’argument de la santé et de l’intégrité physique des personnes montre toute l’hypocrisie du préfet, alors qu’il orchestre une répression toujours plus violente des manifestants. Cette réaction et l’envoi massif de policiers montre le mépris de ce gouvernement pour le secteur de la culture, dont l’activité est à nouveau interdite depuis 5 mois. Elle montre aussi sa crainte d’un mouvement qui pourrait mobiliser plus largement que le seul secteur de la culture en séparant gilets jaunes et occupants du théâtre. Une alliance du mouvement des occupations de théâtres avec les travailleurs de la première ligne de la crise économique et la jeunesse est en effet la première condition afin d’empêcher le gouvernement de faire payer la crise aux chômeurs et aux précaires.

L’interdiction du rassemblement et les pressions n’ont pas empêché la manifestation des gilets jaunes de réunir plusieurs centaines de personnes et les occupants du théâtre de reprendre leurs rassemblements journaliers dès le lendemain.




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