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Politique

Mort de Rémi Fraisse

Rémi Fraisse, cinq ans après

Cinq après la mort de Rémi Fraisse, militant écologiste tué sous les grenades de la police le 26 octobre 2014, familles et militants restent mobilisés. Un hommage lui sera rendu à Sivens et à Gaillard en sa mémoire mais aussi pour “dire non au Sivens 2”. "La répression des mouvements sociaux et des classes populaires" sera au coeur de cette journée, organisée par plusieurs collectifs de militants écologistes et les gilets jaunes du Tarn.

vendredi 25 octobre

Ce samedi 26 octobre marquera les cinq ans de la mort de Rémi Fraisse. Militant écologiste et botaniste de 21 ans, celui-ci participait à un festival organisé en soutien à la lutte contre la construction du barrage de Sivens, dans le Tarn. À 1h40 du matin, il se trouvait à une quinzaine de mètres des gendarmes, quand plusieurs explosions ont retenti et qu’il a reçu une grenade OF F1 “offensive” dans le dos, lui sectionnant le haut de la colonne vertébrale et le tuant sur le coup. Dix minutes avant, le manifestant s’était approché des forces de l’ordre, visiblement révolté par leur violence, en leur criant “Arrêtez ! Arrêtez !” ((https://desarmons.net/index.php/2018/01/09/retour-sur-la-mort-de-remi-fraisse-le-26-octobre-2014/ pour le déroulement précis des évènements).

"Cinq ans plus tard, le souvenir est d’autant plus vif qu’un prétendu projet de territoire entaché de dysfonctionnements remet le barrage de Sivens sous les projecteurs", a affirmé à l’AFP Camille -prénom générique des militants souhaitant garder leur anonymat- du collectif de zadistes "Tant qu’il y aura des Bouilles" (zones humides) (https://www.lepoint.fr/societe/mort-de-remi-fraisse-cinq-ans-apres-famille-et-militants-restent-mobilises-25-10-2019-2343498_23.php). En 2012, c’était contre la construction d’un barrage hydraulique que s’étaient mobilisés les militants écologistes de la région du Tarn, dont faisait partie Rémi Fraisse, dénonçant la destruction de la biodiversité que ce projet aurait engendrée. Cinq ans après, un nouveau projet d’irrigation dans la vallée du Tarn est remis d’actualité, constituant “un affront fait à la mémoire de Rémi Fraisse” selon Camille.

Un affront d’autant plus fort que les juges d’instruction avaient rendu en janvier 2018 un non-lieu en faveur du gendarme qui avait lancé la grenade meurtrière, après un combat juridique de deux ans. Le 7 mai 2018, la Cour de Cassation avait confirmé la décision du parquet de Toulouse, tentant de mettre un point final à cette affaire. Mais l’avocat général a demandé le 10 octobre 2019 une confirmation de ce non-lieu et la décision définitive sera rendue le 9 janvier 2020. “Je n’ai pas de doute que ce sera une confirmation de l’ordonnance de non-lieu", a indiqué à la presse l’avocat du gendarme, Jean Tamalet. Cette décision de la part du parquet ne serait en effet pas surprenante, dans la mesure où les forces de l’ordre responsables de violences policières restent impunies pour la plupart. La police avait déjà tenté d’étouffer l’affaire, prétextant que Rémi Fraisse était mort d’une overdose, avant d’avouer la responsabilité de la répression. Le militant était alors devenu un symbole de la lutte contre la répression.

L’affaire Rémi Fraisse démontre une fois de plus le caractère à deux vitesses de la justice, qui laisse au policier coupable de sa mort l’impunité la plus totale mais condamne des centaines de Gilets jaunes à de lourdes sanctions pour s’être soulevés contre la précarité. De plus, dans un contexte où la répression continue de s’abattre sur les Gilets jaunes et le mouvement écologiste, mais aussi sur les jeunesses chilienne, libanaise, équatorienne ou encore catalane, la mort de Rémi Fraisse résonne plus que jamais.

Une journée d’hommage sera rendue ce samedi 26 octobre à Sivens et à Gaillac. Pour plus d’infos : https://www.letarnlibre.com/2019/10/25/8722-hommage-remi-fraisse-samedi-octobre-sivens-gaillac.html.

Crédits photo : REMY GABALDA/AFP




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Rémi Fraisse   /    Hommage   /    Répression   /    Politique