Dom Thomas

Une unité syndicale à renforcer pour des revendications tant locales que nationales

Salariés de l’hôpital public, du privé ou du médico-social, étudiants du secteur santé, soutiens de Nuit Debout et du NPA ont assuré le succès du rassemblement convoqué à 12h30 devant le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) à l’appel de la CGT et de Sud, auxquels se sont joints la Coordination Nationale des Infirmiers et différents syndicats professionnels des infirmiers anesthésistes et de bloc opératoire. FO n’a cependant pas souhaité participer à cette intersyndicale, tandis que la CFDT, prétextant un mélange entre des revendications locales et nationales, avait joué la carte de la division des forces en appelant à une grève d’une heure la veille, très peu suivie.

La journée s’inscrivait dans le cadre des revendications nationales, qui ne manquent pas après les multiples attaques que les hospitaliers et les patients ont subi ces dernières années, avec la suppression de 22000 postes en trois ans.
Mais c’était aussi l’occasion pour les travailleurs du CHU de rappeler les reculs qu’ils ont enregistrés localement, mis en place par leur direction. Leur directeur, bon élève, a en effet déjà décrété le gel de 400 postes ; par ailleurs, il a « optimisé » la gestion des heures supplémentaires en annonçant, il y a un an, le paiement des heures supplémentaires... à un taux inférieur au salaire horaire habituel ! Aujourd’hui, histoire de résoudre le « problème » à la source, c’est directement à la comptabilisation des heures supplémentaires que la direction s’attaque : les 15 premières minutes ne seront plus comptées, et la pointeuse, seule garantie pour les salariés de faire reconnaître les heures supplémentaires effectuées minute après minute au quotidien, sera supprimée.

Vers 14h30, après avoir sifflé copieusement le directeur général délégué qui rentrait dans le bâtiment administratif, les participants ont mis le cap sur l’Agence Régionale de Santé (ARS), au son d’une marche funèbre accordée au cercueil représentant la mise à mort de l’hôpital public. De nombreuses personnes venues de toute la région ont rejoint le cortège devant la clinique du Millénaire. Le cortège interprofessionnel est arrivé à l’ARS dans le silence avec pour seule musique la saisissante marche funèbre, avant d’observer une minute de silence. Puis, pendant que les organisations syndicales étaient reçues à l’ARS, les personnels ont mis le feu au cercueil et à des blouses en signe de contestation.