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Allemagne

Solidarité avec la grève des conducteurs de train allemands contre l’austérité et pour l’environnement !

La semaine dernière, le syndicat des conducteurs de train allemand (GDL), a débuté une grève pour l’augmentation des salaires et une prime coronavirus, largement majoritaire avec 95 % de participation de ses membres. Les conducteurs de train de marchandises se sont également mis en branle mardi 10 au soir, paralysant également le fret. Après ce premier round réussi, les travailleurs prévoient de continuer le mouvement.

lundi 16 août

En Allemagne, les conventions collectives sont négociés entre la direction des entreprises et les directions syndicales à intervalle régulier, ces négociations ne débouchent que rarement sur des manifestations de lutte des classes comme la grève. En effet, le droit de grève est très réglementé outre-Rhin, les directions syndicales ne permettent l’organisation d’une grève qu’à travers un processus lent et complexe. Le poids de la bureaucratie syndicale atténue la combativité de la base, divise les travailleurs et calme leur velléité à se confronter au patronat. 

Cependant, le syndicat GDL est un syndicat combatif qui déroge à la règle : il dispose de sa propre caisse de grève (ce n’est pas la norme en Allemagne) et a mené par le passé des grèves combatives, en 2014 par exemple. Dans l’exemple de cette année, le syndicat GDL s’est octroyé la possibilité d’organiser une grève sans l’aval de la puissante fédération ferroviaire (EVG : fédération syndicale regroupant tous le corps de cheminots).

Il s’agit donc d’une grève dite minoritaire, puisqu’elle ne touche que les conducteurs. Cependant, le caractère minoritaire de la grève offre une marge de manœuvre plus grande au syndicat et à ses membres : s’il ne sont pas satisfaits des négociations concernant les conventions collectives.Dans le cas présent, il ont pu provoquer un bras de fer avec la direction sans l’aval des différentes composantes et échelons de direction de la fédération ferroviaire.

 

Briser les codes de la grève pour imposer un rapport de force favorable aux travailleurs

 En imposant un rapport de force par la grève, le syndicat GDL joue le rôle de mauvais élève du dialogue social et empêche la cooptation du mouvement par les directions syndicales ou le patronat. Cette mobilisation radicale pourrait forcer, si elle s’amplifie le gouvernement à céder. En ne respectant pas les règles du dialogue social, le syndicat pourrait bien réveiller une combativité déjà présente à la base de la classe ouvrière allemande et soulever la chape de plomb qui pèse sur la grève politique et auto-organisée. Les revendications du syndicat concernent les salaires, il demandent simplement que l’augmentation des salaires suive la courbe de l’inflation.

Alors que la direction cherche à baisser les salaires, cette revendication revêt un caractère hautement politique. Les conducteurs de train se battent en réalité contre les politiques d’austérité du gouvernement et du patronat qui ont pour but de faire payer la crise aux salariés. En organisant la grève de manière autonome, le syndicat remet également en question lecode de la grève datant de 2015. Ce code, préconisé par les directions syndicales, a été adopté en grande pompe par la dernière grande coalition gouvernementale (chrétien démocrate, CDU et sociaux démocrate, SPD).

Il règle le droit de grève allemand, et ne permet pas, par exemple, à un syndicat minoritaire de déclencher une grève sans l’autorisation de la fédération. Cette lutte se pose donc également contre la répression du droit de grève, et montre la force que possèdent les travailleurs lorsqu’ils arrêtent de produire. Ces conducteurs de train font démonstration que la grève appartient aux grévistes. Un exemple précieux pour les travailleurs allemands, qui sont restreints dans leurs mobilisations et le plus souvent découragés par la bureaucratie syndicale de mener des actions collectives pour faire valoir leur intérêts. 

La grève du GDL, une mobilisation contre la casse des services publics

 Les grands médias allemands avec la presse Springer en tête (Bild Zeitung, un tabloïde clairement marqué à droite) ne s’y trompent pas et reconnaissent chez le syndicat GDL un ennemi à abattre. Depuis le début, ils incitent les usagers à s’opposer à la grève et ont dévoilé leur mépris des travailleurs. Leur travail de sape n’est pas étonnant et cherche à décrédibiliser une lutte exemplaire contre la casse du service public et pour des transports de qualité. 

 En Allemagne, le secteur de la santé a déjà subi le même sort, avec des baisses de salaire importante qui ont affaibli l’attractivité de ce secteur et participé à la dégradation des services publics. En France, nous sommes témoins de cette même casse des services publics, dont l’ensemble de la population souffre, surtout les plus précaires. Par ailleurs, dans une situation de catastrophe climatique il est crucial de privilégier les transports en commun publics pour réduire la pollution, et le dernier rapport duGIEC est formel, si nous ne réduisons pas drastiquement notre empreinte écologique, nous ne pourrons éviter les conséquences les plus dramatiques du changement climatique.

 

Soyons solidaires de cette grève utile pour notre classe !

 

ll est essentiel d’organiser la solidarité pour soutenir la grève de ces conducteurs de train et leur donner confiance.Leur mobilisation pour défendre leur conditions de travail et ainsi se battre pour des services publics de qualité et accessible à tous est exemplaire.

 Nos camarades de Klasse gegen Klasse, journal en ligne de l’organisation sœur de Révolution permanente : RIO, travaille depuis une semaine à organiser la solidarité en rendant possible des rencontres sur les piquets de grève entre des conducteurs de train et des travailleurs de la santé ainsi que des grévistes de la société de livraison de repasGorillas en grève contre le licencient abusif d’un de leur collègue et de meilleurs conditions de travail.Des manifestations de solidarité importantes, qui nous inspirent à l’heure où nous affrontons aussi les attaques du patronat et le programme de casse sociale du gouvernement Macron. 




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