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Politique

Pompiers en lutte

Solidarité de Paris à Mayotte : des pompiers mahorais refusent de protéger Macron !

Le déplacement de Macron dans les colonies ne se passent pas comme prévu. En solidarité de leurs collègues réprimés le 15 octobre, des pompiers mahorais ont refusés de protéger le président à sa sortie de l'avion !

mardi 22 octobre

Crédits photo : La 1ère

Macron a débuté sa tournée régalienne. En métropole, sa faiblesse se fait de plus en plus nette. La grève sans précédents de la RATP en septembre, le droit de retrait massif des travailleurs de la SNCF en ce moment, le 5 décembre qui devient de plus en plus enthousiasmant pour tous les travailleurs en colère contre une réforme de retraites qui va à l’encontre de tout droit social acquis, un nombre de féminicides qui ne cesse croître avec un gouvernement indifférent, décrivent une situation nationale qui est, à chaque jour, plus explosive. En ajoutant la polémique islamophobe qui créé des divisions au sein même de son parti.

Ce 22 octobre, Macron n’a même pas eu le temps d’atterrir pour remarquer qu’un voyage en avion n’éloigne pas des problèmes. Il y a précisément une semaine, le 15 octobre, les pompiers, urgentistes et personnels hospitaliers sortaient par milliers dans les rues de la capitale face à l’indifférence méprisante du gouvernement qui ne semble pas entendre leurs revendications, en ce qui concerne l’embauche nécessaire ou, concernant les pompiers, la reconnaissance de métier à risque. Orn ces milliers de manifestants, travailleurs du bien-être et de la santé de la population au quotidien, ont été réprimés par les forces de l’ordre. Effectivement, les canons à eau et les gaz lacrymogènes n’ont pas manqué dans un événement répressif qui s’est attaqué à ces manifestants, dont les pompiers étaient en masse, avec un décompte qui va de 7 000 jusqu’à 10 000.

Cette attitude malheureusement habituelle du gouvernement a mis en colère plus d’un, et a éveillé la solidarité outre-mer. La preuve, le communiqué de SNSPP-PATS (Syndicat National des Sapeurs-Pompiers Professionnels et des PATS des SDIS de France) où il est annoncé que la sécurité incendie de l’avion du Président ne sera pas assurée, par solidarité envers « nos collègues Sapeurs-pompiers [qui] ont été victimes de jets de bombes lacrymogènes et balles venant des lanceurs de balles de défense ». Dans ce communiqué, le Syndicat rappelle que « l’ensemble de la population […], les forces de l’ordre […], Monsieur le Préfet […] et même Monsieur le Président de la République a besoin d’un sapeur-pompier pour le secourir », et suggère « que les forces de l’ordre peuvent aussi bien faire le travail du PPA, en lançant les capsules de lacrymogène sur les oiseaux (espèces protégées) afin qu’ils s’éloignent de la piste ».

Ce ton ironique se moque d’un gouvernement qui, dans sa stratégie répressive, devient absurde. L’État s’attaque à ceux qui travaillent pour aider la population, et comme l’indiquait le pompier Sébastien à Brut, « quand un gouvernement s’attaque à un service de secours, on se dit que ça va très mal ». Cette action de solidarité dépasse les frontières et répand le soutien entre ceux qui souffrent des réformes austéritaires du gouvernement. Par ce message, les pompiers et plus généralement les travailleurs font savoir à Macron qu’il est inutile de tenter d’échapper à la colère des travailleurs : qui sème la misère récolte la colère, et ton cauchemar est loin d’être fini.




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