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Politique

« Le Capitole emmerde le Capital »

Toulouse. Interdiction de manifester au Capitole, Moudenc aux anges

Après les annonces du premier ministre confirmant la volonté de réprimer dans le sang les Gilets jaunes, Castaner, en visite à Toulouse a pu discuté de vive voix avec le maire des nouveaux dispositifs répressifs. Que de réjouissance pour les bourgeois.

mercredi 20 mars

Crédit photo : Radio France - Théo Caubel

Lundi les annonces d’Edouard Phillipe retentissaient comme un nouveau pas franchi dans la volonté du gouvernement d’utiliser tout leur arsenal répressif pour faire taire la colère sociale. Face à leur impuissance à canaliser les raz-de-marées jaunes, avec une nouvelle démonstration lors de l’acte 18, l’exécutif n’y est pas allé de main morte en termes de nouvelles dispositions liberticides et répressives.

En plus des encouragements à multiplier les utilisations de LBD, c’est aussi une plus grande « autonomie aux forces sur le terrain » ou encore la création « d’unités anticasseurs » qui sont promises, tandis que le nombre de mutilations et de blessures ne fait qu’augmenter. Cela se décline aussi par des interdicitons de manifestation sur les emplacements habituels des Gilets Jaunes et hautement symboliques de la mobilisation : « aux Champs-Élysées à Paris, à la place Pey-Berland à Bordeaux, à la place du Capitole à Toulouse ».

Plus le droit de siège au Capitole ?

Dans la foulée des annonces, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, a eu le privilège de discuter avec Castaner en prime time. « L’interdiction de manifester concernera un plus large périmètre. Il devra être adapté à la réalité du problème et sera déterminé par le préfet. En ma qualité de maire, je pourrai donner mon avis avant la prise de l’arrêté préfectoral. » a déclaré Moudenc par la suite.

Regrettant aussi que ce soit le préfet de Marseille qui ait les pouvoirs dans la région pour obtenir un renforcement des effectifs répressifs, Moudenc a déclaré« milite[r] pour que l’Occitanie dispose de sa propre zone de défense avec Toulouse pour siège ».

Le maire croise ainsi les doigts pour que ces mesures hautement liberticides forcent les Gilets jaunes à déposer les parcours de manifestation en préfecture. L’explosivité du mouvemenet, et le souvenir des scènes semi-insurectionnelles en décembre font frémir le gouvernement et ses relais. Cette tentative de l’instituionnaliser par la voie des parcours déposés n’est pas nouvelle, et si dans quelques villes des Gilets jaunes avaient déposés les manifestations, ils avaient été très vite débordés.

La question des parcours déposés revêt l’enjeu central d’essayer de diviser le mouvement entre « Gilets responsables » et « Gilets casseurs », pour légitimer en dernière instance la répression féroce qui s’abbattrait sur ceux qui oseraient déroger à la règle.

Une rhétorique habituelle que Moudenc nous a encore servi sur un plateau : « Il faudrait que les gilets jaunes les plus raisonnables prennent le dessus sur les plus radicalisés et respectent le droit pour les gens de se balader tranquillement en ville, un droit piétiné depuis 18 semaines. »

Malgré ces nouvelles menaces, l’acte 19 dans la ville rose promet d’être une nouvelle démonstration de forces des Gilets jaunes, pour faire respecter leur droits à vivre dignement, et à manifester là où bon leur semble face à la misère sociale et la violence étatique, en dépit du « droit à la promenade ».




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