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Politique

Surenchère répressive

Gilets Jaunes : l’exécutif promet des interdictions de manifestations et encourage les tirs de LBD

Après la militarisation des manifestations, l’exécutif passe désormais à l’étape supérieure.

lundi 18 mars

Après la militarisation des manifestations, l’exécutif passe désormais à l’étape supérieure : il promet, suivant différents critères, des interdictions de manifestations « aux Champs-Élysées à Paris, à la place Pey-Berland à Bordeaux, à la place du Capitole à Toulouse ». Du point de vue de la répression, le Premier ministre a regretté la réduction de l’usage du LBD. Le message est on ne peut plus clair : les forces de police sont donc encouragées à faire feu de tout bois, avec les mutilations qui vont avec.

Après avoir été reçu dans la matinée par Emmanuel Macron, Edouard Philippe, entouré de Nicole Belloubet, ministre de la Justice et Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, déclarait cette après-midi à la presse une série d’annonces et mesures en réponse à l’acte XVIII des gilets jaunes, marqué du sceau de la radicalité.

Si le recours à l’interdiction de manifester si elle s’est exprimée dans les faits au travers la militarisation des Champs-Elysées notamment, elle est aujourd’hui sur point d’être entérinée. « Nous interdirons les manifestations se revendiquant des ’Gilets jaunes’ dans les quartiers qui ont été les plus touchés dès lors que nous aurons connaissance de la présence d’éléments ’ultras’ et de leur volonté de casser. Je pense bien évidemment aux Champs-Élysées à Paris, à la place Pey-Berland à Bordeaux, à la place du Capitole à Toulouse », où « nous procéderons à la dispersion immédiate de tous les attroupements » prévient le Premier ministre.

Il rajoute « dès lors que nous aurons connaissance de la présence d’éléments ultras qui ont la volonté de casser ». Signe que l’exécutif lance une offensive claire visant non seulement les « casseurs » comme il en a l’habitude mais plus encore à leur faire porter le chapeau des interdictions de manifester. L’objectif : diviser les Gilets jaunes entre les bons et les mauvais manifestants. Pour couronner le tout, en regrettant que « la polémique sur l’usage des lanceurs de balles de défense (LBD) ait conduit à ce que des consignes inappropriées soient passées pour en réduire l’usage » ce samedi, le Premier ministre exprime donc une position et par la voie du chef du gouvernement lui-même : il s’agit d’encourager les forces de police à tirer au LBD, sous-entendant que son usage a été diminué. Sa volonté est claire : celle d’intimider les manifestants qui oseraient manifester avec un chantage : celle des mutilations !

Aussi, après avoir observé un certain nombre de « dysfonctionnements » internes, Matignon limoge le préfet de police de Paris Michel Delpuech, en poste depuis avril 2017. Est désigné pour le remplacer Didier Lallemand, autrefois directeur du cabinet de Michèle Alliot-Marie sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Concernant la réorganisation du maintien de l’ordre, Philippe annonce “une plus grande autonomie aux forces sur le terrain”, “des unités anticasseurs pouvant disperser et interpeller dès les premiers troubles”, des “recours à des drones, produits marquants, moyens vidéo” et “plus d’officiers de police judiciaire au plus près des unités de terrain.”

Alors même que le mouvement des Gilets jaunes aura visibilisé à grande échelle les pratiques répressives des différentes unités de forces de police à l’image de la BAC, le Premier ministre “attend que le pays tout entier se regroupe derrière eux”. Si l’Elysée pousse à "plus de rentre-dedans" de la part des « forces de l’ordre » comme le révèle Le Point, d’autres demeurent hantés par la mort de Malik Oussékine en 1986. Néanmoins depuis le 8 décembre, nombre d’unités "saute-dessus" refont surface, rappelant de vieux démons. Face à la poursuite du mouvement Gilet Jaune, et après la fin du « Grand Blabla », la réponse du gouvernement reste la répression !




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