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Notre classe

Des centaines de réactions à l’article « ‘’Petites misères’’ de la vie d’une caissière »

Comité de rédaction Hier Révolution Permanente a publié dans la section « Notre Classe » le témoignage poignant d’une caissière sur les conditions de travail dans les supermarchés. Cet article a suscité un véritable buzz, ayant été consulté plus de 2000 fois et reçu des centaines de réactions sur les réseaux sociaux. Cela nous conforte totalement dans l’idée que le projet du site Révolution Permanente en tant qu’outil d’expression de celles et ceux dont la voix ne filtre jamais dans les médias traditionnels est plus que pertinent. Un site d’information qui parle non seulement des luttes, mais aussi du quotidien gris, des souffrances, de l’exploitation de ceux qui tous les jours font tourner, souvent en silence, cette société. Nous avons été particulièrement touchés, ainsi que l’auteure de l’article, par une série de commentaires où d’autres travailleurs et travailleuses se solidarisent de l’auteure de l’article, racontent leurs propres expériences dans ce métier, ou dans d’autres tout aussi pénibles, dans une sorte de dialogue virtuel, d’échange où une parole pendant beaucoup trop longtemps évincée trouve enfin à se libérer. Voilà en grande partie l’objectif de ce site, qui, nous tenons à le rappeler, est ouvert à tous ceux et toutes celles qui voudraient nous apporter des témoignages du même type. Nous nous permettons de publier ci-dessous quelques-uns des commentaires qui nous sont parvenus.

lundi 15 juin 2015

« Vous ne regretterez pas de l’avoir lu, cet article, et vous ne serez plus un client comme les autres »

« Eh oui, c’est ça le travail de caissière, qui osera encore les traiter de "pauvre filles" !!! Tout cela je l’ai subi pendant plusieurs années, certains clients qui arrivent à notre caisse, le téléphone collé à l’oreille, pas un regard, pas un bonjour et encore moins un merci et au-revoir ! Combien de fois j’ai eu envie de leur compter des produits 2 fois au lieu d’une, mais trop honnête.... Et pendant ce temps la caissière, ou plutôt, l’hôtesse de caisse, est surveillée par ces caméras installés pour la soi-disant surveillance des clients malhonnêtes… »

« Les choses ont bien changées, enfin plus les mentalités… J’ai travaillé dans un service caisse dans les années 80. Nous étions des collègues, mais aussi une bande de copines. Nous nous entraidions, nous faisions des sorties ensemble hors heures de boulot. Nous partagions nos bonheurs et nos malheurs, nous avons connue de grandes peines lors de disparitions tragiques de collègues ou de membres de leurs familles. Nous buvions des pots pour les mariages, les naissances et même pour les divorces. Bien sûr que nous nous disputions de temps en temps, on connait les frictions quand on regroupe une bande de femme, bien sûr que la rivalité et la jalousie étaient de mise .La vie nous a éparpillé dans d’autres horizons, quelques-unes y sont encore, et d’autres ont pris leur retraite. C’était un boulot, pas toujours des plus marrants, mais je suis sûre qu’au fond de nos cœurs nous regrettons toutes, ou, presque toutes cette période. La preuve si cela en ai une, j’ai quitté l’entreprise pour suivre mon mari dans une autre vie professionnelle et j’ai encore des relations virtuelles avec beaucoup d’entre elles.....Dommage que les relations humaines ont disparues dans la majorité des entreprises, mais malheureusement c’est le contexte actuel qui a durci le cœur des personnes. Les filles si vous me lisez je vous fais de gros bisous… et aux autres aussi .Et bon courage aux hôtesses de caisse d’aujourd’hui ..............!!!!!!! »

« Tellement de jobs sont malheureusement comme ça ! Telles les maisons de retraites avec des horaires coupés, obligeant à rester sur place le temps des 13h d’amplitude horaire mais payé 10. Les pauses impossibles à prendre car toujours un pensionnaire pour vous solliciter alors que vous essayez de prendre une de vos pauses dans un petit coin ou dans votre voiture sur le parking (même en plein cagnard avec plus de 40 degrés dans le véhicule) car pas de salle de pause... et j’en passe mais je l’ai vécu ! Rien de plus déprimant et surtout dans nos professions, difficile d’avoir une vie de famille ou tout simplement une vie sociale (pas de fériés, de dimanches, de ponts...) d’où une majorité de célibataires ou de couples recomposés à l’infini. Bref difficile d’avoir une vie, tout court ! »

« 2500 € en un claquement de doigts pour rembourser une virée... et ces vies-là, de femmes exploitées, aliénées... qui mettront 3 mois pour en gagner l’équivalent, vous en dites quoi ? »

« Putain que c’est réaliste j’ai fait ce métier très longtemps et j’en ai encore de temps à autre des souffrances physiques. Et encore la personne qui a écrit cette article est gentille sur les horaires car je me rappelle que les jours de fête comme Noël et jour de l’an je finissais à minuit. »

« Le management du chaos et de la tension sur le personnel est devenu un classique de tous les "jobs de merde" aujourd’hui ! En voici un exemple tout à fait éclairant ! Pendant mon essai de 15 jours dans une entreprise de grossistes en alimentation, c’est la même chose, bien sûr sans le contact client, mais identique ! »




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