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Politique

Le LBD mis en cause

Une majorité de la population contre l’utilisation du flashball

Le LBD (lanceur de balle de défense) ou flashball, est sûrement l'une des armes les plus dangereuses utilisée par la police française. Durant ces derniers mois, son utilisation massive contre les gilets jaunes alimente sa remise en question. En témoigne un sondage : la majorité de la population (54 %) se prononce contre son utilisation.

vendredi 25 janvier

Des policiers équipés de LBD à Nîmes, le 12 janvier. Crédit photo : AFP

D’après ce sondage publié vendredi (Ifop-Fiducial pour Sud Radio), 54% des Français sont contre l’utilisation de flashball. Seulement 37 % y sont favorables en tant que « moyen de défense dans le cadre de manifestations violentes ». Ces résultats confirment un rejet majoritaire de la répression policière et de ses méthodes qui actuellement font des ravages au sein des gilets jaunes. Un rejet qui que l’on retrouve bien au-delà des manifestants.

L’emploi récent et intensif du flashball a mis en lumière son caractère destructeur. Bien obligé, les médias dominants, plutôt habitué à couvrir les « violences » de certains manifestants, commence à parler des violences policières. Le flashball ressort comme le point noir du dispositif répressif.

Mais la critique de cette arme est loin d’être une nouveauté. Déjà en 2010, la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) avait été saisie à la suite de heurts ou un manifestant avait fini éborgné. La commission avait déjà recommandé « de ne pas utiliser cette arme lors de manifestations sur la voie publique ».

Il y a tout de même un changement à noter : Dans les médias de masse, on ne parle plus de « gardien de la paix » mais de « forces de l’ordre ». Le vocabulaire est important. A ce même titre, le LBD, appelé gentiment « lanceur de balle de défense » n’as rien de défensif. Bien au contraire, chargé de balles en caoutchouc dur de 40 mm, il peut s’avérer destructeur et potentiellement mortel.

Malgré l’interdiction « formelle » de viser la tête, beaucoup de gilets jaunes ont perdu un œil. On comptait 17 éborgnés suite à des tirs de flashball au 17 janvier. Pour les gilets jaunes qui ont eu la « chance » de ne pas perdre un œil, nombreux ont été victimes de fractures ouvertes, souvent au crane comme pour ces deux jeunes pendant l’acte 10 à Montpellier.

Mais les victimes de la répression ne sont pas le souci de Macron. Aucune remise en cause du LBD, le discours est clair. Pour le noël dernier, il avait même offert à sa police 450 « super flash-ball » et 1280 LBD 40. Ces nouveaux « super flashball » peuvent tirer 6 cartouches en quelques secondes. Le calibre du barillet permet de tirer des balles en caoutchouc comme des « grenades lacrymogènes ou explosives ». Ce cadeau illustre la volonté de Macron d’utiliser encore plus le LBD malgré les éborgnés et les centaines de blessés. Revenir sur l’autorisation du flashball, serait aussi gâcher son dernier « investissement ». Dans tous les cas, ce n’est pas l’interdiction du flashball qui permettrait de résoudre les violences policières. Castaner menaçait déjà que si on retirait cette arme aux policiers, il y aurait « encore plus de blessés ».




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