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Politique

Violences policières

Vidéo. Coups de pied et écrasement de tête, la police interpelle un homme pour non-port du masque

Interpellé en gare de Fleury-Les Aubrais à Orléans, un homme a été plaqué au sol par deux policiers, un des agents lui assénant des coups de pied à la tête et maintenant son crâne au sol à l'aide de son pied pendant de longues minutes. Un nouveau cas de violence policière post-confinement.

vendredi 18 septembre

Crédits photo : Cerveaux non disponibles

Mercredi dernier, des passagers de l’intercité Paris-Toulouse ont été témoins d’une interpellation d’une violence inouïe. En gare des de Fleury-les-Aubrais à Orléans, un passager britannique ne portant pas de masque a été violemment débarqué par deux agents de police suite un appel des contrôleurs. Alors que l’homme était immobilisé au sol, un des policiers lui a ensuite asséné plusieurs coups de pied au crâne, écrasant sa tête contre le sol, tandis que son collègue lui passait les menottes. Des techniques policières violentes qui évoquent la mort de George Floyd ou d’Adama Traore.

Face aux accusations, l’institution policière tente de justifier l’horreur sous prétexte que l’individu aurait été menaçant et portait un couteau. Mais de nombreux témoins de la scène à bord du train contredisent cette version. Plusieurs personnes ont précisé via Twitter que l’homme ne s’est pas directement montré menaçant envers les policiers, comme a confirmé le CheckNews de Libération, qui a rapporté le témoignage suivant d’un passager :

« Il ne portait pas de masque et dormait seul : il n’y avait personne sur le siège à côté. Au moment du contrôle, les agents lui ont demandé de mettre un masque, mais il a refusé. Il a expliqué en anglais qu’il ne pouvait pas respirer avec. Il n’avait pas non plus de titre de transport. En gare des Aubrais, les policiers sont arrivés. Le plus jeune des deux était nerveux, il a tutoyé le passager et lui a crié : "Je suis pas assistante sociale, tes problèmes j’en ai rien à foutre !" Quand ils ont voulu le sortir du wagon, l’homme s’est accroché au siège, ils lui ont fait une clef d’étranglement pour le sortir. Sur le quai, j’ai vu les policiers s’écarter. Le passager tenait un couteau – genre couteau suisse – dans sa main, la pointe vers le bas. Il avait une plaie au bras. Le jeune policier l’a mis en joue. Là, le mec a lâché son couteau, puis a fini par se mettre au sol. »

La vidéo montre l’effroi causé par l’agissement des deux agents de police dans le wagon. Un des passagers s’exclame « ils sont en train de faire comme aux États-Unis ! ». Alors même que plusieurs personnes sont témoins de la scène et qu’une vidéo accablante, repartagée des milliers de fois, démontre la brutalité de cette interpellation, le directeur départemental de la sécurité publique du Loiret parle simplement d’une imperfection technique (sic) : « L’interpellation n’était pas parfaite en termes techniques. Ce geste n’est clairement pas une technique reconnue. Il aurait dû mettre son genou et son coude sur le dos de l’individu » a-t-il répondu aux journalistes de CheckNews. Par ailleurs si l’officier de police recommande donc à ses agents de ne pas mettre de coups de pied à la tête de leurs victimes, il leur conseille plutôt de poser leurs genoux sur les organes respiratoires, technique mise en cause par les familles de victimes dans la mort de Cédric Chouviat ou Adama Traoré.

L’officier poursuit ensuite : « Mais c’est un jeune adjoint qui venait de manquer de se prendre un coup de couteau. C’est un très bon élément par ailleurs. » Un policier qui réalise un écrasement de tête à coup de botte est donc considéré comme un « bon élément » pour le directeur départemental de la sécurité publique du Loiret...

Cette énième image de violence policière s’inscrit dans une série d’interpellations brutales, qui sont devenues de plus en plus banales depuis la crise sanitaire et la réponse essentiellement répressive que lui a apporté le gouvernement. Dans le cadre de l’Etat d’urgence sanitaire, le gouvernement a généralise les contrôles policiers, s’en prenant au plus précaires sous prétextes de non-respect du port du masque dans la rue et dans les transports en commun.




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