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Délire autoritaire

Ville fantôme : pour sa venue, Macron fait interdire une commune à ses propres habitants

Ce vendredi, les habitants du centre-ville de Semur-en-Auxois, en Côte d'Or, sont interdits de circulation dans leur propre commune. En cause : la visite d'Emmanuel et Brigitte Macron pour promouvoir la politique du gouvernement. Une nouvelle illustration sécuritaire d’une crise politique qui se maintient.

Gabriella Manouchki

15 septembre

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 Ville fantôme : pour sa venue, Macron fait interdire une commune à ses propres habitants

Ce vendredi depuis huit heures, les habitants de la commune de Semur-en-Auxois, en Côte d’Or sont interdits de circulation dans le centre-ville par un arrêté municipal. Pour cause de « réception du Président de la République », peut-on lire sur le site de la mairie : « la circulation piétonne sera strictement interdite le vendredi 15 septembre 2023 de 08h00 à 17h00 dans le centre-ville de Semur-en-Auxois. Durant cette période, la circulation piétonne des riverains sera limitée aux déplacements essentiels, accompagnés des forces de l’ordre ». Le stationnement est également interdit depuis la veille.

Un dispositif répressif inédit, déployé dans cette commune de moins de 10 000 habitants que le président a choisi pour promouvoir la politique du gouvernement à la veille des Journées européennes du patrimoine. « Tout est en place pour la venue du président de la République. Un gros dispositif de sécurité a été mis en place, le centre-ville est bouclé pour les voitures et les piétons. Il y aura quand même une zone libre pour voir Emmanuel Macron », précise le direct de France 3.

Pour Macron, c’est l’occasion de mettre en scène un « bain de foule » - une « trentaine de personnes » d’après France 3 se sont rassemblées derrière les barrières. « Je vous soutiens depuis six ans. », « merci d’être venu à Semur-en-Auxois, c’est fantastique d’être là ! », retiendront certains journalistes. Un récit qui masque mal l’impopularité d’un président qui ne peut se déplacer sans craindre la contestation sociale, dans la continuité des interdictions à répétition face aux casserolades avant l’été. Malgré le dispositf polcier, quelques dizaines de manifestants sont venus disposer des pancartes « Peuple en colère », « pas bienvenue Manu et ses corrompus » à l’entrée de la ville.

L’objet de cette visite ? La promotion de la politique du gouvernement sur l’entretien du patrimoine dans les communes de moins de 10 000 habitants, à la veille des Journées européennes du patrimoine. Plus précisément, c’est autour du patrimoine religieux que le gouvernement entend communiquer : « Nous avons 50 000 édifices religieux où le culte se pratique. Nous en protégeons 10 500. Tout ce patrimoine religieux dans des petites communes n’est pas protégé. Ce sont des travaux complexes, coûteux, impossibles pour une commune. 2 500 à 3 000 bâtiments sont particulièrement menacés », explique- le président, avant d’annoncer le lancement d’une nouvelle "collecte".

Une mise en scène lourde de sens à l’heure où le gouvernement est en train de mener une offensive islamophobe au nom de la "laïcité", basée sur le principe de séparation de l’Église et de l’État. Le message est clair, c’est bien une laïcité à géométrie variable que défend le gouvernement : celle qui veut faire fermer des mosquées, mais finance la restauration des églises au nom d’une vision restrictive de ce que serait le « patrimoine culturel » de la France.

Alors que Macron s’efforce de donner des gages à la droite dont il a besoin pour gouverner, cette nouvelle interdiction de circuler par arrêté municipal vient surtout révéler toute sa fébrilité face au risque d’explosion de colère, alors que la crise ne fait que s’approfondir et que le gouvernement affirme chaque jour un peu plus sa volonté de la faire payer aux plus précaires


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