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Wael, RATP : « Chers collègues, il ne reste plus que quelques heures pour vous déclarer gréviste »

Chers camarades, chers collègues, il ne reste plus que quelques heures pour vous déclarer gréviste. La lutte commence en effet le 5 décembre pour faire plier le gouvernement.

dimanche 1er décembre

Retenez bien chers camarades que travailler le 5 décembre, c’est accepter une retraite par points qui nous fera travailler plus longtemps pour des pensions de retraite encore plus faibles. Nous avons un contrat social avec la nation et il est hors de question que l’État n’honore plus les engagements qu’il a pris vis-à-vis de nous. Le calcul sur les 6 derniers mois de nos futures pensions, nous y tenons et nous ne laisserons donc pas passer une loi qui raye d’un trait de plume un acquis aussi précieux. D’ailleurs, cette bataille qui s’annonce doit être l’occasion de revendiquer les mêmes droits pour ceux sans statut car à travail égal, retraite égale !

Mais pour le garder, il faut se battre et montrer à ce gouvernement que nous ne lâcherons rien. Nous avons trop longtemps baissé la tête et la peur doit maintenant changer de camp. La colère gronde chez les agents et il est temps que la révolte s’exprime. La cessation du travail, ce n’est rien d’autre que mettre à genou le capitalisme et les intérêts financiers qui se nourrissent de notre labeur.

Nous perdrons de l’argent, c’est vrai, mais ce n’est rien comparé à ce que nous pouvons perdre en laissant le gouvernement libre de mener sa politique comptable sans un brin d’humanisme. 1500 euros de perte de salaire rapporté à 1500 euros de retraite par mois sur au moins 5 ans, c’est le l’effort de cotisations supplémentaire que nous demande le gouvernement, ce n’est pas moins de 90000 euros de gains. Alors au lieu de penser à ce que vous perdrez en salaire à la fin de ce mois, pensez plutôt à ce que vous gagnerez si nous remportons la victoire. Une victoire à portée de mains si nous marchons tous unis pour défendre notre droit de partir dignement car en définitive, chacun sait qu’aucun machiniste ne pourra conduire un bus, un métro ou un RER jusqu’à 65 ans sauf à accepter l’idée de prendre des risques démesurés pour nous-mêmes et pour les voyageurs.

Cette grève est un investissement pour l’avenir des classes laborieuses et nous vivrons dans les prochains jours, c’est certain, un moment clé de l’histoire des luttes sociales. L’histoire n’est pas écrite contrairement aux déclarations fatalistes de certains, c’est à nous de l’écrire tous ensemble et ça commence le 5 !

Fraternellement !

Wael Mjerissi


Nous joignons à cet appel celui d’Adel, conducteur de RER, s’adressant aux cadres que la RATP souhaite envoyer remplacer les grévistes :




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