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Monde

Après le 18 décembre

Argentine. Attentat contre l’avocat des manifestants du 18 décembre

La répression s’est abattue sur Martín Alderete, membre de la Coordination anti-répression pour les droits du peuple (Cadep), pour avoir été l’ avocat de l’ouvrier et militant d’extrême gauche Sebastián Romero, poursuivi depuis la manifestation du 18 décembre.

Le 14 et 18 décembre avait lieu en Argentine une mobilisation massive de travailleurs, jeunes et retraités contre la réforme des retraites du gouvernement Macri. Une grogne sociale qui ne fait qu’augmenter face aux attaques grandissantes de la bourgeoisie sur les classes populaires. Si les manifestations étaient d’ampleur, la répression qui s’en est suivie l’a été tout autant.

Mais la répression ne s’est pas arrêtée aux journées de manifestation. Des dizaines de manifestants ont été arrêtés. Et ce lundi 15 janvier au matin, c’est la voiture de l’avocat Martín Alderete qui a été partiellement incendiée. Une bombe a été introduite par la fenêtre du véhicule, pendant que celui-ci se trouvait garé dans le parking de la résidence de son propriétaire. Maître Alderete défend la cause de Sebastián Romero, ouvrier dans l’automobile et militant du PSTU [1], poursuivi en justice pour sa participation à la manifestation du 18 décembre.

En plus de la répression physique, la classe ouvrière argentine subit un matraquage médiatique visant à criminaliser les manifestants et la résistance qui se met en place. À tel point que diverses organisations défendant les droits de l’homme ont dénoncé cette nouvelle tentative d’intimidation contre le mouvement social. Elles ont demandé que lumière soit faite sur cet attentat, en même temps que d’exiger la libération de toutes les personnes arrêtées pour avoir manifesté.

Cet attentat a eu lieu le même jour que le refus par la Cour d’appel de rendre sa liberté à César Arakaki, militant du PO [2], ainsi qu’à Dimas Ponce, lui aussi en prison depuis le 28 décembre pour avoir participé à la manifestation fortement réprimée du 18 décembre.

Cette sévérité de la justice argentine envers celles et ceux qui luttent contraste avec la souplesse de la simple assignation à résidence dont bénéficient les 549 militaires génocidaires, pourtant condamnés pour des crimes contre l’humanité. De même, seulement un policier parmi les dizaines d’impliqués dans la brutale répression de manifestations du 14 et 18 décembre dernier a été arrêté. Ce qui montre une fois de plus le caractère de classe de la justice argentine.




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