Société

Les parents de Tarek Belkacem ont déclaré que leur fils n’avait aucun lien avec les jihadistes

« Attentat » de la Goutte-d’Or. Pour toutes les exactions de la police, nous voulons toute la vérité

Publié le 12 janvier 2016

Après tout le bruit que les médias dominants ont pu faire sur l’« attentat » de la Goutte-d’Or le jour même, plus un ne parle désormais de cette affaire. Nous avions publié le lendemain un compte rendu de cet emballement médiatique autour de ce qui apparaît être non seulement l’œuvre d’un déséquilibré, mais aussi un exemple de la folie sécuritaire de la police sous l’état d’urgence. Le lendemain, certaines sources gouvernementales parlaient de la mise en place d’une enquête administrative pour faire le clair sur ce qui s’était passé. Mais depuis, l’affaire semble avoir été enterrée, tout autant que celles de Cergy, de Pantin ou encore de Rennes. Lorsqu’il s’agit de crimes policiers, c’est l’impunité qui règne, tandis que les travailleurs qui se battent pour préserver leur emploi sont réveillés chez eux le lendemain même à 6h du matin comme cela a été le cas pour les travailleurs d’Air France il y a quelques mois, ou sont condamnés à de la prison ferme comme c’est le cas pour les ex-salariés de Goodyear aujourd’hui. Cette impunité témoigne de ce que ces « forces de l’ordre » protègent réellement : les intérêts d’une classe dominante qui peut tout se permettre, y compris d’agir au-dessus des lois qu’elle écrit et qu’elle prétend défendre.

Pour tous les cas de violences policières, nous exigeons que la vérité soit faite, et que les policiers soient responsables de leur crime, qu’il s’agisse d’un déséquilibré à la Goutte-d’Or, ou bien d’Amine Bentoussi assassiné par la police en avril 2012. Ce sont le mouvement ouvrier et le mouvement social qui doivent être à la tête de cette bataille pour la vérité, car nous ne faisons aucune confiance au gouvernement français. Il défend un État qui cache ses crimes depuis bien trop longtemps.

Nous reproduisons ci-dessous le communiqué de la Fédération Tunisienne pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR).

COMMUNIQUÉ

LA FTCR DEMANDE QUE TOUTE LA VÉRITÉ SOIT FAITE SUR LES CIRCONSTANCES DE LA MORT DU JEUNE TUNISIEN TAREK BELKACEM TUÉ PAR LES POLICIERS DEVANT LE COMMISSARIAT DE LA GOUTTE D’OR

Suite à la mort de Tarek Belkacem, abattu par les policiers devant le commissariat de la « Goutte-d’Or » dans le 18ème arrondissement de Paris ; la FTCR demande que toute la lumière soit faite sur les véritables circonstances de la mort du jeune Tunisien.

Contrairement à certaines informations colportées par des médias à la recherche du sensationnel même au prix de jeter l’huile sur le feu et de propager le terrible amalgame faisant des immigrés des gens dangereux, les parents de Tarek Belkacem ont déclaré que leur fils n’avait aucun lien avec les jihadistes fascistes et qu’il était en instance d’accomplir des démarches de régularisation. La police elle-même a reconnu qu’il n’avait pas de ceinture d’explosifs.
La FTCR demande à Monsieur le Ministre de l’Intérieur ainsi qu’à Madame la Garde des Sceaux d’ouvrir une enquête impartiale sur les circonstances de la mort de ce jeune homme.

Paris le 11 janvier 2016