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Politique

Mépris de classe

"Crasseux, mal rasé, mal élevé" : Avec Marion Maréchal, le FN continue de cracher sur Poutou

Le FN n’a vraiment pas digéré la « punchline » sur l’immunité ouvrière, désormais célèbre, de Philippe Poutou lors du Grand débat avec les onze candidats à la présidentielle. Et pour cracher sur le candidat ouvrier, c'est Marion Maréchal Le Pen qui se charge, cette fois-ci, de la sale besogne.

Comme un goût de rancœur dans la bouche de Marion Maréchal Le Pen qui attaque gratuitement Philippe Poutou, le qualifiant de « crasseux, mal rasé, mal élevé ». Dix jours après que ce dernier ait remis à sa place l’héritière de Saint Cloud en une petite phrase, le FN ne digère toujours pas qu’enfin quelqu’un le démasque sur la place publique, qui plus est quand ce quelqu’un fait partie de la classe qu’il drague. Et ce n’est pas la première fois que le FN attaque gratuitement le candidat du NPA :

- la nièce de Marine Le Pen s’était tout d’abord moquée en disant qu’il était venu « en pyjama ».

- David Rachline, le directeur de campagne de Marine Le Pen (qui, au passage, est le genre de personne à être toute fière d’être dans « la voiture du führer ») et soupçonné d’emploi fictif, se permet d’attaquer en disant que « ça fait bien longtemps que [Monsieur Poutou] n’a[vait] pas vu un ouvrier » car « il va sans doute dans sa permanence syndicale mais […] très peu au boulot » Une affirmation immédiatement rendu caduque par la publication du planning de travail du candidat ouvrier, et qui en dit long sur la vision que les pontes du FN se font du monde du travail...

Voila donc que le FN, par le biais de Marion Maréchal Le Pen, en remet une couche. Et le point commun de ces trois attaques des représentants du parti d’extrême droite c’est qu’ils n’attaquent pas directement le programme du NPA, qui défend ouvertement les intérêts des travailleurs – avec notamment les propositions d’interdiction des licenciements et de répartition et de baisse du temps de travail pour lutter contre la précarité et le chômage – . Le « missile » qu’a envoyé Poutou lors du grand débat, a fait éclater le vernis ouvrier qui cache les positions xénophobes/pro-capitalistes du programme du Front National. Car en réalité, c’est bel et bien sur les politiques anti-ouvrières de la gauche de gouvernement que le FN a capitalisé dans le monde du travail, notamment en mettant en exergue ses convictions les plus xénophobes. Et lorsque le parti frontiste se retrouve acculé et discrédité comme lors de ce dit débat, il en revient à ses fondamentaux les plus réactionnaires, comme en atteste la polémique récente sur les propos de Marine Le Pen sur la raffle du Vel d’Hiv.

Poutou, arme de destruction massive anti-FN

Et même, comme le dit un papier de Challenges, qu’on n’aurait étrangement pas vu sur ce terrain, Poutou, et par extension le NPA, est « peut-être l’arme de destruction massive » du FN « recherchée depuis tant d’années ». C’est en appuyant là où ça fait mal – ce qu’aucun autre politique n’a réussi à faire auparavant – que Poutou a su se démarquer : en insistant sur le caractère complètement intégré au système du parti de Marine Le Pen. En une phrase, l’ouvrier de Ford a démontré que le FN n’est pas un parti antisystème mais qu’en plus c’est un parti de privilégié. Loin de l’image populaire que veut montrer le FN. Et ce n’est pas un hasard si c’est un candidat réellement anticapitaliste qui a balancé ce dossier sur la table, tout comme la candidate de LO, Nathalie Arthaud, aurait pu aussi bien le faire. C’est parce que le NPA, ainsi que LO, possède une analyse de classes de la société, qui distingue clairement le clan bourgeois auquel appartiennent les Le Pen et le clan des travailleurs dont font partie les deux candidats trotskistes. Alors que de l’autre côté, pour des candidats comme Fillon ou Macron, un FN fort permet de maintenir la pression à la sauce "vote utile".

Et pour l’heure, nous ne pouvons que conseiller à Marion Maréchal Le Pen, qui n’a que sa haine de classe pour défendre sa tante lorsque des ouvriers remettent le FN à sa place, de ne plus se poser la question d’arrêter la politique ou pas et de franchir le pas.




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