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Notre classe

Pendant qu’Edouard Philippe reçoit les syndicats…

A 300 devant Matignon, les cheminots parlent d’une seule voix : « retrait ! »

« Ils sont déterminés, nous aussi », confirmaient les services du Premier ministre, ce matin, avant de recevoir, l’une après l’autre, les organisations syndicales de la SNCF, alors que la huitième séquence de grève commence. Pour rappeler à tout le monde les exigences des grévistes, les cheminots en lutte, rassemblés depuis 10h30 devant Matignon, parlent, eux, d’une seule voix et exigent le retrait du Pacte ferroviaire et la fin de la casse du rail.

Le rassemblement était appelé en milieu de matinée, Place Vauban, non loin de l’Hôtel de Matignon, à l’occasion des « discussions » bilatérales entre Edouard Philippe et les organisations syndicales cheminotes, reçues jusqu’en fin de journée. L’objectif du Premier ministre, et derrière lui, l’Elysée est assez clair : ne rien lâcher, si ce n’est que quelques miettes, pour effriter le front de l’Intersyndicale qui reste jusqu’à aujourd’hui uni et poursuit avec les grèves perlées programmées, deux jours sur cinq.

La com’ est grosse comme la corde avec laquelle l’exécutif veut pendre les cheminots. « Je me réjouis qu’ils se réjouissent », a affirmé Philippe à propose des directions syndicales qui saluaient cette « reprise du dialogue ». Mais si le gouvernement se dit « ouvert », c’est avant tout pour rappeler sa « fermeté » : à savoir, ne rien lâcher sur les principales questions qui fâchent de la réforme ferroviaire, en l’occurrence la fin de l’embauche au statut pour les cheminots, l’ouverture à la concurrence ou sur la réorganisation de l’entreprise. La réforme, votée au Parlement, le gouvernement veut la maintenir, en l’état, coûte que coûte.

C’est bien pour cela que les cheminots en grève se sont rassemblés, en début de matinée, non loin de l’Hôtel Matignon. Parmi les 300 cheminotes et cheminots présents, dans un concert de pétards et de sirènes, beaucoup de chasubles SudRail et Force Ouvrière. La CGT a fait une apparition, avant de se retirer. Parmi les gares représentées, l’ensemble des établissements parisiens les plus mobilisés, avec Gare du Nord, Gare de l’Est, Saint-Lazare, Austerlitz, Chatillon, mais également des cheminots venus de région, des Alpes, de l’Est ou du Sud, avec, notamment, des délégations de Chambéry, Strasbourg ou Miramas, qui ont fait le déplacement, mais aussi des étudiants en soutien, actuellement en lutte contre la politique de sélection du gouvernement à l’université.

« Ni amendable, ni négociable, retrait ! », c’est le slogan qui est scandé, depuis ce matin, sous un beau soleil de Mai, et ce qui ressort de toutes les conversations engagées entre les différentes délégations de grévistes. Les cheminots ont prévu, pour le début d’après-midi, une action coup de poing sur une gare parisienne, pour montrer leur détermination.

L’UNSA, qui est sortie la première, a réitéré, pour l’heure, sa volonté de ne rien céder. La délégation a évoqué des « avancées », mais pas de « promesses » (qui, de toutes façons, n’engagent que ceux qui y croient…). Elle s’est dit « déterminée » à poursuivre. Philippe, lui, continue à vouloir jouer la montre et faire lanterner tout le monde, en évoquant de nouvelles discussions... au mois de Mai, lorsque le Sénat se saisira du texte.

Place Vauban, ce n’est ni des « promesses », ni une « reprise partielle de la dette par l’Etat », que l’on veut, mais le retrait pur et simple du « Pacte » ferroviaire, et les cheminots en lutte sont bien résolus à y parvenir en radicalisant leurs actions et leur combat dans les prochains jours.




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