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Monde

Un monde de guerre

G20. Hambourg en état de siège

A Hambourg cette semaine, la rencontre internationale est lourde de nombreux enjeux géopolitiques autour de plusieurs « dossiers chauds » du moment (environnement, politique économique, conflits militaires...). Pour permettre aux grands chefs d’État de s'accorder entre eux, la ville hanséatique a prévu un arsenal militaire sans précédent.

Un G20 sous tension

Depuis l’élection de Trump, c’est sans doute deux sujets centraux qui agitent les discussions entre les États les plus puissants, réunis cette semaine au G20. En premier lieu, le positionnement protectionniste de Trump suscite de nombreuses tensions, notamment vis à vis de la Chine et de l’Allemagne, qui en subiraient directement les conséquences dans certains secteurs clés de leur économie, comme l’automobile ou l’acier. A la précédente réunion du G20 en mars dernier déjà, la position de la nouvelle administration américaine avait conduit à la rédaction d’une déclaration finale ne faisant pas mention de la lutte contre le protectionnisme, élément qui faisait accord entre les gouvernements du G20 depuis 2005.

Deuxième désaccord central : la question du climat, désaccord qui s’est aiguisé depuis la décision de Trump de sortir les États-Unis de l’accord de Paris. Un choix que la Turquie et l’Arabie Saoudite (qui ne sont pas membres du G20) pourraient rallier : une fois les Etats Unis sortis, le jeu de domino pourrait donc bien commencer. Sur ce sujet, le président Macron et la chancelière Merkel cherchent à se présenter comme les meilleurs défenseurs de l’environnement, alors que leurs multinationales polluent à outrance en Europe et ailleurs en toute impunité.

Sur le terrain plus directement géopolitique, les yeux sont là aussi tournés vers les Etats-Unis, et la reconfiguration possible des alliances au niveau international. La guerre en Syrie, la situation en Ukraine, mais aussi les récents échanges militaires entre la Corée du Nord d’un côté et la Corée du Sud et les États-Unis de l’autre seront les invités de cette rencontre internationale marquée par les tensions entre les grandes puissances. Des tensions qui, si elles sont bien souvent présentées dans la presse de manière à laisser penser qu’il s’agirait presque de rivalités interpersonnelles ou de conflits moraux, prennent notamment leur origine dans les difficultés qu’ont eu les classes dominantes des pays centraux du capitalisme à faire face à la crise économique de 2007-2008.

Mais malgré ces difficultés et ces tensions, un élément néanmoins a toujours fait accord, et se démontre une nouvelle fois dans les rues de Hambourg cette semaine : quelques soient les chefs d’État, ils sont bien d’accord pour faire taire les manifestations ou toute voix discordantes par l’emploi de la répression la plus militaire.

Une ville en état de siège

D’après la presse, la ville de Hambourg aurait été choisie pour le symbole d’une ville ouverte sur le monde. Depuis plusieurs semaines néanmoins, c’est aux forces de police et aux méthodes militaires du maintien de l’ordre qu’elle s’est ouverte. 20 000 policiers sont en effet venus de toute l’Allemagne et d’Autriche, accompagnés de 28 hélicoptères, 185 chiens et 3000 véhicules. Comme l’ont noté tous les observateurs, c’est un état de siège qui a été installé dans toute la ville, bloquant de nombreuses rues. On a vu d’ailleurs la manière dont l’État français lui aussi a participé à cette organisation du maintien de l’ordre, en cherchant à s’appuyer sur les travailleurs et travailleuses de la SNCF. Et si la menace terroriste est parfois évoquée par les forces de police, c’est avant tout et surtout contre les manifestants et manifestantes, et y compris ceux et celles qui souhaitent se rassembler pacifiquement, que cet état de siège est mis en place.

Le choix de la ville de Hambourg a d’ailleurs été pris comme une provocation par les militants d’Allemagne, car la ville possède une longue histoire de lutte et de résistances. Une contribution parue sur Paris Lutte Info rappelait avec raison que les grandes villes portuaires comme Hambourg ont été traversé par une forte histoire syndicale combative. Ainsi, si les grands de ce monde, et en premier lieu l’Allemagne, ont décidé de se réunir à Hambourg, et de réunir un tel bataillon de force de l’ordre, c’est peut-être aussi pour démontrer qu’ils étaient capable de maintenir leur ordre face aux remises en cause qui se font entendre et n’ont été qu’aggravé depuis que les conséquences de la crise économique mondiale ont touchés les travailleurs et la jeunesse.

Crédit photo : Klasse gegen Klasse




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